La grande dame de la danse expressionniste allemande, Pina Bausch, qui fête son 65e anniversaire demain mercredi 27 juillet, continue de marquer la danse contemporaine occidentale grâce à un style unique, controversé à ses débuts avant d’être mondialement reconnu.
Depuis ses premières créations à la fin des années 1960, celle qui disait « ce qui m’intéresse, ce n’est pas la façon de bouger des gens mais ce qu’ils font bouger » a bel et bien réussi à faire bouger le monde de la danse.
Pina Bausch divise peut-être encore, mais moins qu’à ses débuts, et ses chorégraphies qualifiées souvent de « révolutionnaires » suscitent inévitablement l’étonnement du public, qu’il soit par la suite comblé ou sceptique.
Preuve de l’intérêt qu’elle suscite, une quarantaine de monographies lui sont consacrées et une cinquantaine d’articles sont recensés sur le site Internet de la compagnie-ballet Tanztheater Wuppertal, au cœur du Bassin industriel de la Ruhr, qu’elle dirige depuis 1973. Signe d’un talent indéniable : 32 prix et distinctions lui ont été décernés depuis sa première chorégraphie intitulée Fragment en 1968.
Pina Bausch a développé son propre langage du corps, un nouveau style issu d’un mélange des genres qu’elle a découvert au cours de sa formation entre 1955 et 1958 à l’école de Folkwang de Essen (ouest) où toutes les disciplines artistiques étaient représentées.
Son professeur de l’époque, le chorégraphe Kurt Jooss, est l’un des pères fondateurs de la Ausdruckstanz, qui combine le mouvement, la musique et des éléments d’art dramatique.
Diplômée en 1958 de la Folkwang, elle obtient une bourse d’échange pour poursuivre sa formation, « sans parler un mot d’anglais », à la Juillard School of Music de New York, auprès de professeurs prestigieux tels que Anthony Tudor, Jose Limon ou Mary Hinkson.
Renommée pour ses chorégraphies oniriques souvent insaisissables mais chargées d’émotions, Pina Bausch travaille sur des thèmes de prédilection que sont notamment l’amour et la mort, les rapports hommes-femmes et les rapports entre l’individu et le groupe.
Depuis 1989, Pina Bausch puise aussi son inspiration dans les voyages qu’elle entreprend avec ses danseurs à l’étranger et fait de ses ballets des « cartographies imaginaires d’un paysage ».
Il y eut dernièrement Nefès, rapporté de Turquie en 2003, et, à la suite d’une étape à Tokyo en 2004, Ten Chi (Ciel et terre), présenté en mai dernier à guichets fermés au Théâtre de la ville à Paris où le Tanztheater Wuppertal est invité chaque saison depuis 1978-79.
La compagnie de renommée internationale est régulièrement invitée à se produire à l’étranger. Le Ballet de l’Opéra Garnier n’est pas en reste : en chorégraphe invitée, Pina Bausch a fait entrer au répertoire-maison sa chorégraphie d’Orphée et Eurydice d’après la tragédie de Christoph Willibald von Gluck du 30 mai au 19 juin dernier.
Pina Bausch est née à Solingen, en Rhénanie du nord-Westphalie (ouest), le 27 juillet 1940 et a grandi dans l’univers du petit hôtel-restaurant que tenaient ses parents.
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