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Actualités - Opinion

Ce 20 juillet 1960 …

Qui se souvient encore du 20 juillet 1960 ? Il y a de cela 45 ans, Fouad Chehab, élu deux ans auparavant président de la République, décidait de démissionner, jugeant accomplie la mission dont il avait été chargé : celle de restaurer l’autorité de l’État et d’en remettre en marche les divers rouages, grippés par les événements qui s’étaient déroulés entre mai et août 1958. Rappelons quelques événements précurseurs de cette date : - Septembre 1952 : Le président Béchara el-Khoury, réélu en 1949, accepte de renoncer à achever son second mandat et démissionne. Il fait appel au général Fouad Chehab, alors commandant en chef de l’armée. Les leaders du pays, chrétiens et musulmans, s’entendent pour lui proposer la Première magistrature de l’État, une proposition qu’il rejette, déclarant : « Je suis là pour assurer l’élection d’un nouveau chef de l’État. Ma mission accomplie, je réintégrerai l’armée. » C’était clair. - Mai-septembre 1958 : Une nouvelle fois, le général Chehab est appelé à prendre la tête de l’État. Cette fois, il accepte mais, dit-il, provisoirement. Et il explique au chef du gouvernement, Rachid Karamé, que « ce ne sera pas long », et qu’une fois les institutions remises sur rails, il ferait valoir ses droits à la retraite Et on en vient à cette journée historique du 20 juillet 1960, quand le général-président adresse sa démission à Sabri Hamadé, président de l’Assemblée nationale, qui la refuse et rameute toute la République afin qu’elle se rende à Sarba, où se trouvait alors le palais présidentiel. La nouvelle de la démission fait l’effet d’une bombe dans les milieux industriels et dans le monde des affaires. À la Bourse, les cours chutent, certains dans une proportion de 60 %. Les banques préfèrent fermer leurs guichets pour éviter le rush des déposants venus retirer leurs avoirs. Toute la journée durant, on tenta de convaincre Fouad Chehab de revenir sur sa décision. En vain. Le patriarche maronite, Mgr Méouchy, ajouta sa voix à celle des leaders politiques sans parvenir à le faire fléchir. La classe politique n’abandonna pas la partie pour autant. Ce soir-là, ils étaient des dizaines à camper au palais de Sarba, jurant qu’ils ne quitteraient pas les lieux avant d’en avoir convaincu le locataire. En désespoir de cause, on s’adressa à Mme Rosette Chehab, qui se décida à intervenir, elle qui aurait tant voulu qu’il s’en tienne à son choix. « Fouad, dit-elle à son époux, nous n’avons pas le choix. Face à cette offensive parlementaire, nous avons perdu la partie, mais c’est le Liban qui gagnera. » Le simple aide de camp du général que j’étais n’avait pas son mot à dire dans tout cela. Je ne lui en glissais pas moins : « Mon général, vous êtes acculé à accepter ; vous ne pouvez plus faire autrement. » Mme Chehab vola à mon secours. Lui me répondit calmement, sans animosité aucune : « Ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regarde pas. » Fouad Chehab finit par céder devant l’insistance de tout ce monde. Mais le pays avait senti souffler comme un vent de crise. Brigadier François GENADRY Ancien ministre, ancien commandant de l’École militaire
Qui se souvient encore du 20 juillet 1960 ? Il y a de cela 45 ans, Fouad Chehab, élu deux ans auparavant président de la République, décidait de démissionner, jugeant accomplie la mission dont il avait été chargé : celle de restaurer l’autorité de l’État et d’en remettre en marche les divers rouages, grippés par les événements qui s’étaient déroulés entre mai et août 1958.
Rappelons quelques événements précurseurs de cette date :
- Septembre 1952 : Le président Béchara el-Khoury, réélu en 1949, accepte de renoncer à achever son second mandat et démissionne. Il fait appel au général Fouad Chehab, alors commandant en chef de l’armée. Les leaders du pays, chrétiens et musulmans, s’entendent pour lui proposer la Première magistrature de l’État, une proposition qu’il rejette, déclarant : «...