Rechercher
Rechercher

Actualités

Citoyen Grognon Pétaradantes liesses

Toutes les occasions sont bonnes pour tirer des feux d’artifice : victoire électorale, vote d’une loi d’amnistie, libération de prisonniers, fête patronale ou de village, mariage, bien évidemment. Il suffit parfois d’un rien, d’un anniversaire d’enfant, un prétexte, tout simplement, pour lancer des pétards en veux-tu en voilà. En ville ou en montagne, dans les quartiers résidentiels, dans d’étroites ruelles bordées d’immeubles ou sur les places des villages, à proximité d’une station d’essence ou d’un bois de pins, c’est en groupes que les habitants organisent ces soirées festives et pétaradantes. Histoire d’exprimer leur joie et de la faire partager, sans retenue. L’atmosphère est à la liesse. L’essentiel n’est-il pas d’illuminer le ciel de mille feux ? De dire tout haut son bonheur ? D’aller chaque fois plus loin ? De tonner chaque fois plus fort ? Et tant pis pour les enfants sages que l’on prive de sommeil. Tant pis pour les tout-petits qui hurlent leur âme, effrayés par le vacarme en série. Tant pis aussi pour ceux qui se remémorent les pires moments de la guerre. Tant pis surtout pour les simples habitants qui cherchent à se reposer, exténués par une journée de dur labeur. L’on se soucie si peu des autres. L’on fait fi des conséquences, des dangers, des risques d’incendie, des brûlures dues à une mauvaise manipulation, des tympans crevés, des risques pour les automobilistes prisonniers de cette folie populaire. L’on est pris par la fièvre, celle de pétarader, encore et encore, dès le crépuscule. Enfants en premières lignes et jusqu’à une heure avancée de la nuit. Dans le mépris des règles les plus élémentaires de sécurité. Minuit sonnant, les tirs redoublent. Le clou de la soirée est encore à venir. L’on prépare les gros pétards. Ceux qui font le plus de bruit. L’on met aussi en place les plus gros feux. Ceux qui dessinent de si belles rosaces multicolores dans le ciel. Faut bien terminer la fête en beauté. Après tout, l’appui des municipalités, pas trop regardantes sur les horaires, est assuré. Indifférentes aux dangers de cette mode qui n’en finit pas de sévir. Inconscientes de leur rôle dans la protection des citoyens excédés. Commencer par le commencement. Interdire cette coutume barbare ou au moins lui imposer de strictes règles. Voilà un bon début qui ferait plaisir à bon nombre de citoyens. Et tant pis, cette fois, pour les amateurs de pétarades nocturnes. Anne-Marie EL-HAGE
Toutes les occasions sont bonnes pour tirer des feux d’artifice : victoire électorale, vote d’une loi d’amnistie, libération de prisonniers, fête patronale ou de village, mariage, bien évidemment.
Il suffit parfois d’un rien, d’un anniversaire d’enfant, un prétexte, tout simplement, pour lancer des pétards en veux-tu en voilà.
En ville ou en montagne, dans les quartiers résidentiels, dans d’étroites ruelles bordées d’immeubles ou sur les places des villages, à proximité d’une station d’essence ou d’un bois de pins, c’est en groupes que les habitants organisent ces soirées festives et pétaradantes.
Histoire d’exprimer leur joie et de la faire partager, sans retenue.
L’atmosphère est à la liesse. L’essentiel n’est-il pas d’illuminer le ciel de mille feux ? De dire tout haut son...