Des cérémonies de passation des pouvoirs ont eu lieu hier aux sièges des ministères des Finances, de l’Économie et de l’Industrie entre les ministres sortants et les nouveaux ministres titulaires.
Le ministre sortant des Finances, Damien Khattar, a saisi l’occasion pour dresser un bilan de son mandat de 90 jours. Quant au nouveau titulaire du portefeuille des Finances, Jihad Azaour, il a annoncé devant la presse un véritable plan de travail, détaillant les différents axes de son action future. Ce dernier, qui a accompagné deux anciens grands argentiers, Georges Corm et Fouad Siniora, au titre de directeur du programme du PNUD et de la Banque mondiale au sein du ministère des Finances, a insisté sur « la continuité, un élément crucial dans ce département ».
Usant de métaphores, Damien Khattar a estimé que « le gouvernement de Nagib Mikati a réussi en trois mois à percer une autoroute, mais n’a pas eu suffisamment de temps pour l’habiliter, l’asphalter et l’éclairer afin que les citoyens puissent l’emprunter en toute tranquillité ».
Il a souhaité que le gouvernement de Fouad Siniora puisse mettre en œuvre les mesures qui s’imposent dans ce cadre. Le ministre sortant n’a pas voulu citer les initiatives qu’il a lancées pendant son mandat, affirmant que toutes ces mesures figurent désormais sur le site Web du ministère des Finances.
Prenant à son tour la parole, Jihad Azaour a évoqué une nouvelle étape dans l’histoire du Liban marquée par de nouveaux défis, mais également des horizons nouveaux.
Il a insisté sur « le rôle principal du ministère des Finances dans la gestion de la politique économique du pays », affirmant sa volonté « de relancer un chantier de réformes à travers un programme économique global ne portant pas seulement sur les finances publiques mais englobant d’autres volets ayant un lien avec les finances de l’État ». À cet égard, il a souligné l’importance de lier certains aspects économiques à d’autres à caractère social.
Jihad Azaour a par ailleurs abordé l’axe de l’amélioration de la relation entre le contribuable et le Trésor. « Une amélioration qui devrait se faire par une communication davantage transparente du Trésor et un développement de ses prestations », a-t-il dit.
Selon le nouveau ministre, plusieurs projets de modernisation des techniques adoptées par le ministère des Finances devraient incessamment être lancés.
En réponse à une question, Jihad Azaour s’est contenté de dire que le mouvement des investissements est tributaire de la conjoncture dans le pays et de la confiance qui y règne. Tout en reconnaissant l’impact négatif sur les placements de la situation qui a prévalu dernièrement au Liban, il a préféré s’en remettre à la déclaration ministérielle en cours de préparation pour parler des démarches à entreprendre à l’avenir.
Quant à une éventuelle assistance extérieure, Jihad Azaour a estimé que le Liban devrait compter d’abord sur lui-même pour redynamiser son économie. « C’est seulement lorsque l’État aura un projet sérieux de réforme qu’il pourra compter tant sur l’appui de la communauté locale qu’internationale », a-t-il dit.
Gestion des ressources
des pays
Au ministère de l’Économie, la passation des pouvoirs s’est faite entre le ministre sortant Damien Khattar et le nouveau ministre Sami Haddad.
Damien Khattar s’est félicité des qualités du nouveau ministre, « expert dans la gestion des ressources des pays et fin connaisseur des problèmes de développement dans la région du Proche-Orient ».
De son côté, Sami Haddad s’est dit optimiste quant à l’avenir du Liban, appelant à un renforcement de la coopération entre les secteurs privé et public sur le triple plan local, régional et international.
Il a révélé qu’une réunion de travail avait eu lieu mercredi entre les deux hommes. Une réunion au cours de laquelle Damien Khattar a remis à son interlocuteur un document relatant toutes les réalisations accomplies en trois mois au ministère de l’Économie.
De même au ministère de l’Industrie, une cérémonie de passation des pouvoirs a eu lieu entre le ministre sortant, Bassam Yammine, et le nouveau ministre, Pierre Gemayel. Cette cérémonie a été précédée par une rencontre de travail en tête à tête entre les deux responsables. Devant la presse, Bassam Yammine a soulevé les pressions auxquelles les industriels sont soumis en ce moment.
Il a ainsi évoqué la crise frontalière entre le Liban et la Syrie qui s’est ajoutée au tassement économique ayant succédé à l’assassinat de l’ancien Premeir ministre Rafic Hairri.
L.M.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats