L’euro a fait preuve de résistance face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après l’intervention du président de la Fed, Alan Greenspan, devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants au Congrès. Les opérateurs, qui avaient largement anticipé les indications positives données sur l’économie américaine par Greenspan dans son rapport au Congrès (voir par ailleurs), ont donc procédé à des ventes bénéficiaires sur le dollar. Même la confirmation de l’hypothèse d’un relèvement continu des taux d’intérêt aux États-Unis, jusqu’à 4 % d’ici à la fin de l’année 2005, s’est trouvée excessivement dans les cours et n’a pas constitué un événement. Et si l’euro a reculé jusqu’à 1,1995 $ pendant le discours de Greenspan, il n’a pas tardé à se reprendre pour repasser le seuil de 1,21 $ en fin de journée sur des rachats de découvert. À cela aurait contribué la publication du rapport semi-annuel de la Fed sur la politique monétaire et l’économie américaine, après le discours de Greenspan. Dans ce rapport, la Fed a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique des États-Unis en 2005 dans une marge située entre 3 % et 3,75 % contre 3,75 % et 4 % dans son précédent rapport de février, attribuant ce changement de pronostic au ralentissement conjoncturel observé au début du printemps. Cela d’autant que la Fed table déjà pour 2006 sur une croissance entre 3,25 % et 3,75 % du PIB américain. Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu aussi de la mise en garde lancée dans ce rapport contre « un trop-plein d’optimisme des investisseurs qui, dans un contexte de stabilité économique durable, repoussent l’horizon de leurs investissements et tablent sur une moins grande volatilité de la Bourse », les opérateurs ont donc estimé devoir prendre leurs gains sur le dollar et se repositionner sur l’euro. Celui-ci est parvenu non seulement à recouvrer tout le terrain qu’il avait perdu récemment, mais à en gagner davantage. Il s’est ainsi finalement négocié à New York sur un ton résistant à 1,2150 $ contre 1,2035 $ la veille, en hausse de 0,95 %.
Rebond de Solidere à Beyrouth
La Bourse américaine est parvenue en fin de journée à se soustraire aux influences baissières en provenance des résultats décevants de la part de General Motors, Intel et Yahoo !… Elle a trouvé un certain appui dans la forte baisse des cours du pétrole malgré les pronostics de la Fed en demi-teinte sur l’économie américaine. Le marché s’est donc bien comporté, estimant que les mauvaises nouvelles de certaines sociétés sont plus liées à des compagnies spécifiques qu’à des secteurs entiers, ce qui a poussé les opérateurs à une chasse aux bonnes affaires.
Quant aux Bourses européennes, elles ont pour la plupart terminé en baisse, affectées par des prises de bénéfices après leurs bonds de la veille. La tendance a aussi été plombée par l’ouverture en baisse de Wall Street dans la foulée de la publication de résultats décevants chez certaines grandes sociétés américaines.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a repris le chemin de la hausse sur un fort courant d’achat entraîné vraisemblablement par la formation du nouveau gouvernement. Les actions A et B de cette société ont rebondi de 13 $ à 13,21 $ et de 12,81 $ à 13,30 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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