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Actualités - Chronologie

L’Américain Armstrong force le respect (Photo)

Lance Armstrong n’a jamais gagné le cœur du public, mais l’Américain sait qu’il peut compter sur l’admiration et le respect indéfectible de ses rivaux. Quand ils parlent du sextuple vainqueur du Tour, les coureurs du peloton ont des trémolos dans la voix, voire pour certains de la crainte mélangée à un zeste d’incrédulité. Cette reconnaissance ne tient pas seulement au fait qu’Armstrong a réussi là où tous les autres avaient échoué en 100 ans en remportant six fois la plus effrayante des courses cyclistes. Elle vient de toutes ces petites choses que le public n’a jamais vues, auxquelles il n’a jamais eu accès parce que le Texan, qui approche de la retraite et dispute son dernier Tour, a toujours tenu à protéger sa vie privée. « Je me souviendrai toujours de cette journée », raconte son compatriote Bobby Julich. « Je faisais partie de l’équipe américaine et j’étais resté dans ma chambre lorsque Jim Ochowicz m’a annoncé la nouvelle », ajoute-t-il. Les médecins venaient de diagnostiquer un cancer des testicules. Ils étaient pessimistes car les métastases s’étaient étendues à plusieurs organes vitaux. « Je me suis mis à pleurer pendant cinq minutes. Je ne pouvais plus m’arrêter , se souvient Julich. Et puis je me suis dit, bon Dieu, Lance est le pire enfoiré que tu aies jamais rencontré. Il ne peut pas mourir. Au bout d’un moment, j’avais la certitude qu’il n’allait pas mourir. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’il puisse revenir comme il l’a fait. Tout le monde pensait que cela était impossible. » Instinct « J’ai pris ma retraite fin 1999, précise son manager Johan Bruyneel. C’est cette année-là que Lance a effectué son retour. Je n’avais pas de plans. Je ne savais pas ce que j’allais faire. Lance m’a contacté. Il est comme cela, il marche à l’instinct. » Outre une volonté hors norme qui ne lui a jamais fait défaut, le Texan est un personnage d’intuition et un stratège sans égal. Par rapport à ses adversaires, il possède une petite chose de plus : la chance qui ne l’a jamais abandonné dans sa bataille pour devenir le plus grand coureur de tous les temps. « Vous faites six Tours de France, ce qui veut dire 18 semaines, sans la moindre anicroche. Pour moi, la chance a forcément mis son nez là-dedans », insiste Julich. « Il est vrai que Lance n’a jamais eu de gros pépins, admet Bruyneel. Mais je ne connais personne capable de travailler comme lui. Plus vous bossez et plus vous réduisez les risques. Aux États-Unis, on dit souvent que plus vous travaillez, plus vous mettez la chance de votre côté, et je crois que c’est vrai. » Qu’Armstrong gagne une septième fois le Tour de France n’a au fond que peu d’importance. Cette Grande Boucle 2005, il la court pour lui, parce qu’il est resté un champion et qu’il a toujours besoin de gagner. Tous ses proches le répètent, il n’est pas venu pour terminer deuxième ou troisième. La seule marche qui l’intéresse sur le podium est la plus haute. Lorsqu’il quittera la course, Armstrong prendra une retraite que la formule consacrée qualifie de « méritée ». Il est encore trop tôt pour évaluer sa contribution au cyclisme et au sport en général, mais il est certain que le peloton ne sera plus jamais le même. Une star « Son héritage est celui du professionnalisme, de la capacité à n’oublier aucun détail , commente Julich. Il a changé le cyclisme dans le sens où il a obligé certains à se concentrer totalement sur une seule course . Beaucoup de coureurs se sont inspirés de lui depuis sept ans. Beaucoup ont suivi son exemple et ont appliqué ses méthodes de travail dans d’autres équipes. Le cyclisme a longtemps été un sport traditionnel. Mais il a beaucoup changé au cours des dernières années. » Cette professionnalisation, déjà perceptible avec Greg LeMond, puis Miguel Indurain, a trouvé son aboutissement avec Armstrong. « Lance est plus qu’un champion, c’est une star. Il a atteint une situation que personne dans le vélo n’a connue avant lui », estime Bruyneel. Ce constat appelle toutefois un peu de recul. « Il est sûr que la course va continuer mais avec d’autres coureurs. Le sport est toujours plus fort que les champions qui le font, rappelle Julich. Bientôt, Armstrong sera un ex-champion, et moi, je serai assis dans mon canapé à boire une bière et à m’enthousiasmer pour les exploits de la nouvelle génération. »
Lance Armstrong n’a jamais gagné le cœur du public, mais l’Américain sait qu’il peut compter sur l’admiration et le respect indéfectible de ses rivaux.
Quand ils parlent du sextuple vainqueur du Tour, les coureurs du peloton ont des trémolos dans la voix, voire pour certains de la crainte mélangée à un zeste d’incrédulité.
Cette reconnaissance ne tient pas seulement au fait qu’Armstrong a réussi là où tous les autres avaient échoué en 100 ans en remportant six fois la plus effrayante des courses cyclistes.
Elle vient de toutes ces petites choses que le public n’a jamais vues, auxquelles il n’a jamais eu accès parce que le Texan, qui approche de la retraite et dispute son dernier Tour, a toujours tenu à protéger sa vie privée.
« Je me souviendrai toujours de cette journée », raconte son...