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Le musée de Bagdad, une belle au bois dormant (Photo)

Comme une belle au bois dormant, le musée de Bagdad reste fermé plus de 26 mois après avoir été pillé dans le sillage de la chute de l’ancien régime. Sa réouverture demeure suspendue à la sécurité. « Je dis aux gardes : “ S’ils tirent une balle, vous devez en tirez 100 ” car nous devons montrer que l’endroit est bien gardé », a déclaré dans un entretien avec l’AFP son directeur Donny George, un Irakien chrétien. Après une récente attaque ayant blessé deux gardes du musée, M. George pense en effet que les insurgés testent la sécurité du bâtiment en vue de répéter les pillages massifs qui ont suivi l’invasion des forces américano-britanniques en mars 2003. Le directeur s’inquiète également des explosions de voitures piégées dans le quartier « chaud » du musée et des difficultés que rencontre son personnel pour se rendre au travail en raison du blocage de routes dans la capitale irakienne toujours déchirée par la violence. « On pensait que tout deviendrait calme après les élections (du 30 janvier). On avait prévu une exposition pour juillet, mais les choses ont empiré », dit-il. « Le musée est une cible facile, et si, en ce moment, on voulait faire une exposition, on aurait besoin de l’armée irakienne tout entière pour le protéger », indique M. George, la cinquantaine, souriant et énergétique. Dans les couloirs du musée, des archéologues s’affairent. Certains viennent de leur province pour faire état de pillages. Ailleurs, de jeunes conservateurs travaillent dans des laboratoires remis en état, d’autres répertorient des pièces. Sur les 15 000 trésors volés dans le chaos consécutif à la chute de Bagdad, en avril 2003, des milliers de pièces ont été retrouvées notamment au Koweït, au Japon et en Italie, affirme le directeur, indiquant que, pour le moment, il est préférable qu’ils restent là où ils sont. « Ils sont en sécurité là-bas », dit-il, se félicitant de la collaboration de pays comme la Jordanie et les États-Unis, mais accusant d’autres d’inaction. « L’Iran et la Turquie ne nous ont jamais répondu concernant ce qu’ils avaient saisi, et nous savons qu’ils ont des objets », se plaint-il. Les lettres que leur ont envoyées le ministère irakien de la Culture, l’Unesco et Interpol sont restées sans réponse, regrette M. George. Le musée, qui accueillait par le passé les plus belles pièces de Mésopotamie, le « berceau de la civilisation », abrite désormais des meubles disparates, recouverts de poussière. Seul le département assyrien, où reposent des sculptures massives en pierre représentant d’anciens dieux ou des créatures ailées, témoigne de ce qui fut, un temps, un musée de grande renommée. Ces statues étaient sans doute trop lourdes pour être volées, ou peut-être pas suffisamment décorées pour attirer l’attention des pilleurs. À l’extérieur, la cour est pleine d’objets plus récents, notamment du régime du président déchu Saddam Hussein. Deux voitures, peintes en or, ayant appartenu à Saddam Hussein, reposent dans un coin poussiéreux, comme une demi-douzaine de gros containers remplis d’objets provenant des palais de l’ex-dictateur. « Nous faisons attention à ces objets, mais nous ne les exposerons pas », indique M. George. Interrogé sur ce qu’il compte faire des vestiges de la période Saddam, il répond : « Il pourrait y avoir un musée dans l’un de ses palais parce qu’il (Saddam) fait partie de l’histoire du pays. » Les dommages et pillages subis par le musée sont restés en travers de la gorge du directeur, pour qui l’aide américaine à sa rénovation a été une façon, pour eux, de s’excuser. « Au début, j’étais tellement en colère contre les Américains parce qu’ils n’ont pas protégé le musée. Mais cela s’est produit et on ne peut rester là à pleurer. »
Comme une belle au bois dormant, le musée de Bagdad reste fermé plus de 26 mois après avoir été pillé dans le sillage de la chute de l’ancien régime. Sa réouverture demeure suspendue à la sécurité.
« Je dis aux gardes : “ S’ils tirent une balle, vous devez en tirez 100 ” car nous devons montrer que l’endroit est bien gardé », a déclaré dans un entretien avec l’AFP son directeur Donny George, un Irakien chrétien. Après une récente attaque ayant blessé deux gardes du musée, M. George pense en effet que les insurgés testent la sécurité du bâtiment en vue de répéter les pillages massifs qui ont suivi l’invasion des forces américano-britanniques en mars 2003.
Le directeur s’inquiète également des explosions de voitures piégées dans le quartier « chaud » du musée et des difficultés que...