Le Sénat américain est à son tour saisi d’un projet de loi visant à pousser le processus de réformes à l’ONU, qui « autorise » l’Administration à retenir sa quote-part, une solution moins draconienne que ne le souhaite la Chambre des représentants. Alors que la Chambre basse du Congrès américain a voté le mois dernier pour des sanctions financières automatiques si l’ONU n’applique pas une quarantaine de réformes, un texte présenté mercredi dans la nuit au Sénat se contente d’« autoriser le président à retenir 50 % des contributions américaines à l’ONU s’il établit que l’ONU ne fait pas assez de progrès dans la mise en œuvre des réformes » préconisées par les parlementaires. « L’ONU, quand elle est correctement dirigée et gérée, peut jouer un rôle important dans la promotion de la paix et de la stabilité mondiales », a fait valoir l’un des coauteurs du texte, le républicain Norm Coleman, un critique très sévère de l’organisation. « Une réelle réforme, et non de la simple rhétorique, est ce qu’il faut pour que l’ONU soit efficace – la mission de l’ONU est tout simplement trop importante pour qu’on détourne le regard », a ajouté M. Coleman, qui réclame la démission du secrétaire général Kofi Annan depuis plus de sept mois en raison du scandale du programme « pétrole contre nourriture ». « Ce projet de loi facilite l’action du président pour les réformes de l’ONU et lui permet de porter un jugement tactique, dans l’intérêt de la sécurité nationale, sur la meilleure façon d’exercer une influence », a souligné de son côté le président de la commission des Affaires étrangères, Richard Lugar.
En outre, un projet de résolution pour l’élargissement du Conseil de sécurité de l’ONU à six nouveaux membres ayant chacun un droit de veto, dont deux pays africains, a été présenté formellement à l’Assemblée générale, ont indiqué des diplomates africains. Ce projet de résolution a été présenté individuellement par plusieurs pays africains et non pas en commun par les 54 nations africaines que comptent les Nations unies, a précisé un de ces diplomates. Une autre résolution présentée par le G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) demande un élargissement du Conseil de sécurité de 15 à 25 membres, avec six nouveaux sièges permanents sans droit de veto, dont deux pour l’Afrique, et quatre non permanents. Le G4 compte sur l’appui du bloc africain en arguant que le continent africain serait le grand gagnant si la proposition du G4 était adoptée. Les ministres des Affaires étrangères du G4 sont attendus à New York ce week-end et espèrent qu’un vote aura lieu sur leur résolution au début de la semaine prochaine. Les États-Unis ont demandé mardi à l’Assemblée générale de s’opposer au projet de résolution du G4.
De son côté, la candidate conservatrice à la chancellerie allemande, Angela Merkel, s’est prononcée hier pour un siège permanent de l’Allemagne au Conseil de sécurité des Nations unies, mais s’est inquiétée que le débat sur la réforme ne se concentre que sur « la répartition des sièges ». Mme Merkel juge « nécessaire » une réforme du Conseil de sécurité. Mais ce « ne doit être qu’une partie d’une large réforme de l’ONU », a-t-elle estimé.
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