L’attentat perpétré avant-hier par le Jihad islamique a mis en lumière les divergences au sein de ce mouvement dont les membres les plus radicaux défient le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, qui plaide pour une accalmie avant le retrait israélien de Gaza.
L’attentat, perpétré par un Palestinien de la région de Tulkarem, aurait en effet été planifié et exécuté par une faction au sein du Jihad qui rejette l’engagement de la direction politique de ce mouvement à respecter l’accalmie, selon des sources sécuritaires palestiniennes.
« Des divergences existent au sein du Jihad et certains de ses militants souhaitent affaiblir sa direction politique et la discréditer », reconnaissait ainsi un haut responsable de la sécurité palestinienne, interrogé par l’AFP. « Certains groupes dans le nord de la Cisjordanie et notamment dans la région de Tulkarem et dans la bande de Gaza refusent l’accalmie et tentent de la saboter », a ajouté ce responsable sous le couvert de l’anonymat.
Mais, selon des sources sécuritaires, ces groupes ne sont pas nombreux et ne dépassent pas quelques dizaines de militants, ce qui ne diminue pas pour autant leur capacité de nuisance.
Des analystes palestiniens estiment également que des militants œuvrant sans coordination avec la direction du Jihad pourraient être à l’origine de cet attentat. « Des groupes du Jihad ont déjà revendiqué des attentats qui n’ont pas été approuvés par la direction du mouvement et celui de Netanya semble être également un acte isolé », affirme Nachaat al-Aktache, professeur en communications à l’Université de Bir Zeit.
Cet attentat est intervenu alors qu’un dialogue est en cours entre l’Autorité palestinienne et le Jihad après que des militants du mouvement ont été pris pour cible par les forces israéliennes au cours des derniers mois. Trois militants du Jihad ont été tués et plusieurs dizaines d’autres ont été arrêtés au cours des quatre derniers mois par les forces israéliennes.
Un dirigeant du Jihad, Nafez Azzam, avait cependant affirmé à l’issue d’une rencontre il y a deux semaines à Gaza avec le ministre de l’Intérieur palestinien Nasr Youssef, que son mouvement respectait la trêve de facto décidée lors d’une rencontre entre les dirigeants des groupes palestiniens avec Mahmoud Abbas à la mi-mars au Caire. Selon M. Aktache, « l’accalmie restera lettre morte tant que l’armée israélienne continuera à poursuivre les militants palestiniens ».
D’autres analystes palestiniens estiment que le Jihad cherche, par ces attentats, à se distinguer du principal mouvement islamiste palestinien Hamas et à prouver sa présence sur le terrain. « Le Jihad veut apparemment prouver qu’il ne marche pas sur les pas du Hamas et que ce dernier mouvement n’est pas capable de garantir, à lui seul, la poursuite de l’accalmie », affirme Ahmed Daoud, directeur du Centre d’information palestinien (officiel). « Le Jihad estime que la Hamas est fortement présent sur la scène politique et que des puissances régionales et internationales cherchent à ouvrir un dialogue avec ce mouvement en raison des opérations anti-israéliennes qu’il a menées », ajoute-t-il, faisant référence à l’existence de contacts entre l’Union européenne et le Hamas révélée mi-juin. Selon lui, « le Jihad pense pouvoir s’imposer de la même façon ».
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