Déstabilisation, le mot est revenu sur presque toutes les lèvres des personnalités qui ont commenté ou réagi à l’attentat perpétré contre le ministre de la Défense du gouvernement démissionnaire, Élias Murr.
D’Alger où il participe à la 46e session de la Fédération parlementaire arabe, le président de la Chambre, Nabih Berry, a pris des nouvelles du ministre de la Défense et condamné l’attentat. Cet acte « vise la sécurité, la stabilité et la paix civile du Liban », a-t-il dit, avant d’appeler à la solidarité nationale. Pour sa part, le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, a interrompu un voyage à Nice pour rentrer au Liban, où il a condamné l’attentat qu’il a attribué « aux ennemis du Liban » qui cherchent « à nuire à son image au Liban et à l’étranger ».
Le président du bloc du Futur, Saad Hariri, s’est rendu à l’hôpital. « Nous devons combattre cette série de crimes qui affectent le Liban par tous les moyens et indépendamment des désaccords qui marquent la vie politique. Il faut que nous soyons unis pour combattre la main criminelle qui nous porte du tort à tous (…) On se joue du sort du pays, mais nous ne le permettrons pas. Nous resterons unis coûte que coûte. »
Pour l’ancien député Nassib Lahoud, « une fois de plus, la terreur politique et le crime organisé tentent de déstabiliser le Liban pour empêcher le rétablissement de la démocratie et le retour à la normale ».
Le député Michel Pharaon a souligné que le but est « de déstabiliser le pays, de porter atteinte aux institutions et de laisser croire que le Liban est incapable de se gouverner ». M. Pharaon a demandé que l’on se hâte de former « un gouvernement d’union nationale » et de restructurer les forces de sécurité. Pour Solange Gemayel, l’attentat vise à « empêcher le Liban de reprendre son souffle » et convaincre la communauté internationale que « le Liban ne peut vivre sans tutelle étrangère ».
Cet attentat « n’est pas indépendant de la série » qui a commencé avec Rafic Hariri, affirme le député Gébran Tuéni, qui note que les intervalles de temps qui séparent les attentats sont les mêmes et visent à « installer les Libanais dans un climat d’inquiétude et de terreur ».
Du Premier ministre désigné, Fouad Siniora, à l’ancien chef de l’État, Amine Gemayel, en passant par le président Sélim Hoss, l’ancien ministre et député Robert Ghanem, le député Ghassan Moukheiber, l’ancien vice-président du Conseil des ministres Issam Farès, Mme Nayla Moawad et le député Misbah el-Ahdab, toute la République a condamné l’attentat. Dans des communiqués, le Bloc national, le Hezbollah, les FL, le parti Kataëb, le parti Baas, le bloc des députés arméniens, le parti Tachnag se sont élevés contre la tentative d’assassinat. La prélature arménienne-orthodoxe au Liban et le Centre catholique d’information se sont élevés contre l’attentat, ainsi que le ministre de l’Information, Charles Rizk
Sabeh : « De notre mieux…
avec les moyens du bord »
Le ministre de l’Intérieur, Hassan Sabeh, a affirmé que « des forces dix fois supérieures à celles dont dispose les FSI sont nécessaires pour faire face à de pareils crimes ».
« Nous faisons de notre mieux, avec les forces dont nous disposons », a-t-il souligné, invitant les citoyens à coopérer dans cet effort vers plus de sécurité en signalant aux forces de l’ordre l’éventuelle présence de paquets qui leur semblent suspects.
« Ce ne sont pas seulement les institutions, mais le pays tout entier qui est visé », a-t-il dit, dans un effort pour convaincre les Libanais de leur responsabilité collective dans le maintien de la stabilité du pays.
Pour souligner la vulnérabilité du système de sécurité dont s’entourait le ministre de la Défense, M. Sabeh a noté que les exécutants de l’attentat savaient que le ministre de l’Intérieur envoyait des voitures de son escorte dans diverses directions, et à divers intervalles, avant de prendre le volant de sa voiture et que, malgré tout, ce stratagème a été déjoué par les criminels, qui ont visé sa voiture. Les nouvelles nominations au sein des forces de sécurité attendent la formation du nouveau gouvernement, a conclu M. Sabeh.
Aoun : Mettre fin aux accusations et contre-accusations
Le général Michel Aoun, qui a rendu visite au ministre de la Défense à l’hôpital, a centré son commentaire sur la nécessité de mettre fin au cycle des accusations et contre-accusations.
« On cherche à nous ramener à un climat de discorde, a-t-il dit. Nous devons tirer de ce qui s’est passé une leçon de solidarité pour faire avorter le plan de déstabilisation du Liban. »
« Que cela nous serve de leçon, a-t-il enchaîné. Il ne faut plus, à partir d’aujourd’hui, lancer des accusations à la légère, afin que ces accusations ne divisent pas les Libanais à l’image de ce qui s’est passé en 1975. Au début des années 70, des crimes étaient commis et les Libanais s’accusaient mutuellement de les avoir commis, alors que leurs auteurs étaient les services de sécurité étrangers. »
« La leçon à retenir, aujourd’hui, a poursuivi Michel Aoun, est que chacun devrait retenir sa langue et laisser l’enquête suivre son cours. Dans les attentats précédents, on se dépêchait d’accuser le président Lahoud et les services de sécurité. Cette fois, c’est le président Lahoud qui est visé à travers son gendre et sa famille, ainsi que les services de sécurité. Il faut mettre fin à cette forme de logique et réfléchir de façon raisonnable (…) Nous avons un devoir de solidarité avec les services de sécurité à remplir, dans pareilles situations. Il faut éviter de porter atteinte à leur moral en politisant les faits à l’extrême. Et aujourd’hui, il faut se dépêcher de restructurer l’État et les services de sécurité et placer l’homme qu’il faut au poste qu’il faut, en évitant de politiser la sécurité. »
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D’Alger où il participe à la 46e session de la Fédération parlementaire arabe, le président de la Chambre, Nabih Berry, a pris des nouvelles du ministre de la Défense et condamné l’attentat. Cet acte « vise la sécurité, la stabilité et la paix civile du Liban », a-t-il dit, avant d’appeler à la solidarité nationale. Pour sa part, le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, a interrompu un voyage à Nice pour rentrer au Liban, où il a condamné l’attentat qu’il a attribué « aux ennemis du Liban » qui cherchent « à nuire à son image au Liban et à l’étranger ».
Le président du...