Rechercher
Rechercher

Actualités

Les lecteurs ont voix au chapitre

Pour un journal-forum La diaspora libanaise, en France, a adopté les valeurs républicaines : la modernité, la parité homme-femme, la laïcité. Elle milite dans les institutions de la République comme les syndicats, les partis politiques, les associations... Assoiffée de modernité, cette diaspora a vibré avec l’élan démocratique de l’opposition. L’unité du peuple libanais est devenue un mythe digne d’un tableau de Delacroix. Cependant, le confessionnalisme, le fanatisme religieux, le clientélisme resurgissent. Les forces politiques d’antan se consolident. Les pesanteurs contre la modernité se multiplient. La coalition des clans, des néoféodaux, des populistes, des forces traditionnelles fige les institutions. Les alliances se forgent sans éthique ni programme. L’archaïsme politique est omniprésent. L’utopie et le rêve commencent donc à se ternir. Ainsi, les partis politiques d’avant-guerre réapparaissent et cloisonnent encore une fois le Liban. L’Orient-Le Jour est un quotidien libre et indépendant. Il doit porter haut le flambeau du changement et du renouveau. Créez donc un club, « Les amis de L’Orient-Le Jour », afin de rassembler la diaspora, l’intelligentsia, les universitaires, les étudiants, les militants... pour débattre et élaborer des projets de société. Le journal deviendra par conséquent le forum qui aide à la floraison de la pensée politique et sociale. En pleine effervescence et maturité, la société civile libanaise aspire au changement. Élias ABOU-MANSOUR Lyon – France À l’école américaine La fatwa (émise par sayyed Mohammed Hussein Fadlallah et interdisant les tirs de joie) ne touche en principe qu’une seule communauté. Il faudrait qu’une loi régisse cela, pour la sauvegarde de la sécurité de tous les citoyens. Les tirs sont déjà interdits par la loi et devraient être punis sévèrement. En outre, les feux d’artifice devraient, non pas être interdits, mais assujettis à une réglementation comme c’est le cas en Europe et aux États-Unis. Aux États-Unis, un permis spécial doit être obtenu à chaque fois, en soumettant une lettre d’autorisation aux autorités municipales, qui doit être nécessairement accompagnée des documents suivants: – lettre de la société qui est chargée de la pyrotechnie garantissant que les lancements de feux d’artifice seront effectués par leurs soins (société nécessairement listée et approuvée par les autorités compétentes) et à leur seule responsabilité, accompagnée d’ une police d’assurances contre tiers ; – visite des lieux par la police du quartier, qui émettra un permis et assurera la présence d’éléments de la police le soir du lancement par les artificiers ; – visite des lieux par le responsable de la brigade des pompiers du quartier, responsables de la brigade des secours incendies, en présence des artificiers qui expliqueront le mode d’opération et obtiendront un permis en bonne et due forme. Le soir des lancements des feux d’artifices, au moins un camion de lutte contre incendie sera présent sur les lieux ; – souvent, toutes les signatures nécessaires sont apposées sur un même document municipal (en province, (petites villes et villages) ou du poste de police dans les grandes villes ; – cette demande peut être obtenue en une semaine et ne devrait pas être assujettie à une redevance autre qu’un timbre fiscal de LL1 000 environ ; – un contrôle devrait être effectué par les services responsables (ministère de l’Intérieur) afin de s’assurer que la réglementation sera respectée. Élie Antoine SEHNAOUI Qu’est-ce qui a changé ? Question : qu’est-ce qui différencie le Liban nouveau de l’ancien ? Réponse : presque rien, à la Syrie près. Je serai tenté de dire que les Libanais, en ayant assez de ces trente dernières années, sont descendus dans la rue pour dire à la Syrie : ça suffit, l’ont priée de sortir et elle l’a fait, un point c’est tout. Comment, pourquoi, ce sont des questions auxquelles il serait bon de répondre. Sinon pour le reste, pour le moment et malgré les élections, rien ne semble avoir changé. Les mêmes hommes sont aux mêmes places, ou presque. Ah oui : le Parlement a, paraît-il, changé de couleur, et de pro il est devenu antisyrien. Moi j’ai du mal à le voir et surtout du mal à le comprendre. Comment peut-on croire ou faire croire que les acteurs de la vie politique libanaise d’hier sont et restent les principaux acteurs de cette vie politique d’aujourd’hui ? La qualité et la quantité de nos hommes et femmes politiciens seraient-elles à ce point pauvres ? Les manifestations du 14 mars n’annonçaient-elles que cela ? Dr Riad JREIGE Lettre ouverte à Najib Mikati Monsieur le Président du Conseil, C’est avec fierté et émotion que j’ai lu votre message publié dans L’Orient-Le Jour du jeudi 30 juin. C’est la première fois de ma vie que je prends part à une réaction par écrit en ce qui concerne la politique, plus particulièrement la politique libanaise, non parce que je ne m’y intéressais pas mais à cause du scepticisme que j’avais vis-à-vis de cette politique qui a toujours été imprégnée de futilités, de mesquinerie, d’absence de scrupules, de confessionnalisme aveugle, de corruption, j’ajouterai même de favoritisme à tous les niveaux. J’ai été élevée comme une Libanaise fière de sa culture ; j’ai vécu chaque moment de la guerre du Liban, ivre du rêve libanais, mais j’ai dû quitter à contrecœur mon pays, convaincue que rien ni personne ne pourrait exaucer mon vœu et celui de chaque Libanais amoureux de son pays. Je m’adresse à vous de mon pays d’adoption depuis 1990, le Canada, pour exprimer mon respect et mon admiration pour celui avec qui j’ai partagé les bancs d’école. Monsieur le Président, vous avez démontré de par votre réalisme, votre intégrité, votre jugement, vos décisions pertinentes, votre détermination, le modernisme dans votre approche, et surtout votre performance que le travail avec conscience aboutit aux meilleurs résultats. Un grand merci pour « le coup de balai » que vous avez enfin pu initier et pour chaque action que vous avez entreprise si élégamment et avec tant de modestie. Mon grand espoir est que les Libanais, surtout les jeunes, puissent reconnaître enfin que le Liban est capable de devenir le pays unique et envié du monde entier en restant unifié. Enfin, je voudrais vous souhaiter, Monsieur le Président, une carrière et un destin des meilleurs ; vous le méritez bien. Avec tous mes respects, Ramia JABR Montréal, Québec/Canada Un exemple Nous devons un grand merci au Premier ministre Najib Mikati, qui a su gouverner avec un minimum de ministres, pour une des rares fois capables et efficaces. Avec beaucoup de tact aussi et sans favoriser une partie quelconque. Je crois que nous devons tous, pour une fois, penser à la collectivité et pas à l’individu. Espérons que le prochain gouvernement saura tirer les leçons de cette expérience, oublier les rancunes pour édifier un nouveau Liban. Être député, ce n’est pas seulement profiter des privilèges de la fonction, mais aussi partager les responsabilités et être un exemple. Heidi KANAFANI Nous avons vendu notre âme Méritons-nous la liberté, la souveraineté et la démocratie ? Peut-on libérer le pays si l’on est incapable de se libérer soi-même ? Peut-on reprocher à nos députés leur conduite alors qu’ils sont issus de cette base populaire elle-même corruptible ? Ainsi donc, 128 députés ont gagné un siège et 4 millions de Libanais ont perdu leur âme. La haine a triomphé au détriment de l’amour, l’extrémisme a progressé face à la modération, la malhonnêteté a gagné contre la morale, l’hypocrisie a mis K.-O. la sincérité, le désordre a éliminé la paix, le mensonge a chassé la vérité. Nous avons tous contribué à cette désolation dans laquelle se trouvent les Libanais, et demain il sera trop tard pour regretter son choix. Michel el-SABBAGH Tristes vents du nord Le dernier tour de scrutin au Liban-Nord a consolidé le désordre sémantique et sa résultante : la confusion des esprits. Était-ce des élections ? Un référendum ? Je me pose la question. Lorsque je pense à des élections, j’imagine que je dois choisir, parmi différentes visions ou promesses politiques, celle qui correspond le mieux à mes aspirations, et donner ma voix à ceux et celles qui les soutiennent. Mais la réalité est différente. On nous a dit que ces tours de scrutin avaient une valeur référendaire. Or un référendum, selon le Larousse, est une « procédure qui permet à tous les citoyens d’un pays de manifester par un vote l’approbation ou le rejet d’une mesure proposée par les pouvoirs publics. » Et dans nos tours de scrutin, les pouvoirs publics ne devaient en aucun cas proposer des « mesures » à l’approbation ou au rejet de l’électorat, mais plutôt prendre des mesures pour assurer un processus électoral sain et non partisan. Au Liban-Nord, la confusion sémantique a été plus pernicieuse. Les discours électoraux (et non politiques) que j’ai entendus m’ont plongée dans un désarroi heureusement de courte durée. Ce n’était pas un référendum, encore moins un plébiscite et j’ai vite compris que l’exhortation des candidats à prendre position n’était ni plus ni moins qu’un serment d’allégeance, non au drapeau et au pays (même si le drapeau libanais faisait belle figure dans la foule) mais au sang du martyr porté par les pouvoirs religieux. Et si je me réfère à nouveau au Petit Larousse, l’allégeance est une « obligation de fidélité et d’obéissance à un souverain, une nation ». Or le serment d’allégeance ne devrait se faire, dans notre pays, qu’à la nation sinon c’est la chute fatale et irrémédiable dans le vortex des pratiques totalitaires que nous combattons depuis soixante ans. Ces tristes vents du nord portent l’écho d’un cri de survie : pour rectifier le désordre et, pour discréditer Ernest Renan qui pensait que « l’élection encourage le charlatanisme » (*), il faut sans tarder affronter la réalité qui nous appelle tous et exiger, sans docilité, une loi électorale juste. Elizabeth REBEIZ (*) Ernest Renan, La Réforme intellectuelle et morale de la France, II (Lévy). Une dette de 40 milliards et la justice Une dette croissante de 40 milliards de dollars : tel est le bilan économique édifiant des gouvernements des années 1990-2005 qui n’avaient aucun programme économique. Par ailleurs, des textes ahurissants circulent sur le Net, que les Libanais ont sûrement consulté, concernant la Caisse des déplacés, l’intrusion dans des services de cadastre et autres pots-de-vin imposés par des responsables politiques. De plus, la campagne électorale a été émaillée de déclarations abracadabrantes sur la magouille du député X qui répondait au député Y qui avait vu le député Z s’enrichir illicitement. La menace suprême était : « Si tu sors ton dossier sur mes affaires, je dégaine le mien au sujet des tiennes.» Je suis conscient qu’on ne peut tout demander à la justice libanaise. Mais ne peut-elle pas se saisir de ces dossiers dans le but de faire la lumière et de punir ceux qui ont détourné les deniers publics ? Ces agissements condamnables n’ont-ils pas cimenté des alliances afin d’exclure du jeu politique le seul à pouvoir exiger des comptes, en l’occurrence le général ? Michel KANDALAFT Toulouse À nos chers élus et réélus Nous venons par la présente vous demander de faire un profond examen de conscience, après ces campagnes frénétiques, hystériques, ponctuées de mensonges, de calomnies, dépourvues de toute dignité et de toute moralité. Ne pensez-vous pas que vous avez éteint le phare civilisateur du Liban en lavant ( ?), comme vous l’avez fait, votre linge sale. C’est vraiment dégradant, décevant et humiliant pour nos jeunes du 14 mars, que vous avez exploités, ni plus ni moins. En ce qui concerne vos prochaines séances parlementaires, nous voudrions attirer votre attention sur la manière dont elles se dérouleront. Épargnez-nous, chers députés, ces apartés moqueurs lors du discours d’un collègue. De grâce, ne ternissez pas le caractère sacré de ce haut lieu qui nous représente. Nous souhaitons que votre but primordial soit la priorité des « autres » avant le « moi ». Les sujets les plus épineux et les plus douloureux ne sont-ils pas l’« assurance-vieillesse » et l’émigration des cerveaux ? Un Liban de troisième et même de quatrième âge, nous guette. Un être humain, créé à l’image de Dieu, est digne d’une fin de vie respectable. Garantissons l’avenir de nos jeunes en leur épargnant l’exode vers un pays clément, qui veille aux droits de l’homme dès sa naissance jusqu’à la fin de ses jours. Georgette MÉDAWAR Ne nous décevez pas ! Tant bien que mal et dans une ambiance plutôt houleuse, les élections législatives ont pris fin. Soit. Les visages représentés, anciens ou nouveaux, vont bientôt gérer, avec un futur gouvernement, l’avenir incertain de notre pays sur lequel s’acharne, hélas, le mauvais sort à travers crimes et menaces. Qu’en est-il du 14 mars, date historique, lorsque nous, citoyens, avons porté haut et avec fierté notre drapeau national au nom de la vraie démocratie ? Des divergences et des frictions, on en verra sûrement durant les prochains débats, au grand désarroi des Libanais qui attendent avec scepticisme la fin de la traversée du désert. C’est avec impatience donc que nous espérons voir le nouvel « agenda » de ce gouvernement capable de combler nos aspirations. Des réformes, on en a bien besoin dans le contexte politique et surtout socio-économique actuel. Mais attention aux promesses faites et souvent imparfaites ! Il est demandé à nos représentants d’assumer leurs responsabilités et de prouver leur sens du devoir envers le peuple. Évitons une situation stagnante comme dans le passé afin d’atteindre notre but ultime : la sauvegarde des vraies valeurs démocratiques de notre pays. Hilda DADOURIAN Un Liban pour tous Les élections législatives sont terminées et chaque communauté a aujourd’hui un leader. Général Aoun, vous êtes incontestablement le leader des chrétiens, issu des élections les plus démocratiques que le pays ait connues depuis des décennies. Vous incarnez le courage, la persévérance, l’honnêteté, la fidélité et surtout l’amour que vous avez pour votre pays. Vous avez perdu des batailles mais vous n’avez jamais perdu la guerre, celle de votre idéal, de notre idéal d’un Liban libre et souverain. Pour toutes ces raisons, vous devez et ne pourrez qu’accéder à la magistrature suprême. Le chemin fut long, depuis 1943, pour une vraie indépendance ; il est plus long encore pour bâtir un vrai Liban, pour tous les Libanais. Permettez-moi de rêver qu’un jour, grâce à vos réformes, à votre programme et à nos idéaux, je pourrais enfin rentrer vivre et vieillir dans mon pays qui n’a pas connu ma jeunesse. Mais permettez-moi de vous dire qu’aucune de vos réformes ne réussira si nous n’avons pas le même idéal, celui d’unir tout un peuple dans un État de droit, un État laïc. Carlos ACHKAR Kinshasa La diversité d’opinions Les élections législatives ont pris fin dans des conditions heureusement normales. Suite aux pressions internationales, le scrutin a fini par se tenir dans les délais constitutionnels. Bien entendu, c’est la loi controversée de l’an 2000 qui a été appliquée. Après l’attentat du 14 février 2005, qui a coûté la vie au regretté Premier ministre Rafic Hariri, toute l’opposition s’était unifiée pour lancer l’impressionnante « intifada de l’indépendance ». Le 14 mars, il est bon de le rappeler, plus d’un million et demi de citoyens, de toutes les confessions et de toutes les classes sociales, ont envahi le centre de Beyrouth pour appuyer l’identité libanaise. Suite à cette manifestation colossale, d’une part, et aux pressions internationales, d’autre part, la Syrie a retiré ses troupes du Liban et l’équipe gouvernementale de l’époque a commencé à s’effriter. Ce qui a porté d’anciens responsables à se rabattre sur le langage confessionnel. Or, nul ne peut nier que l’unité retrouvée du Liban a libéré le pays de ses occupants. Comme en 1943. Des fractions se voulant opposantes ont, quand même, surgi sur la scène posant nombre de points d’interrogation et s’essayant, une fois de plus, à jouer sur les sentiments, notamment au sein de la communauté chrétienne. Mais, aujourd’hui, les Libanais de tous les bords parlent le même langage : ils ont tiré, enfin, les leçons de 30 ans de guerre. Quels que soient les résultats du dernier scrutin, l’esprit du 14 mars se maintient et s’oppose heureusement à un passé destructeur. La diversité d’opinions, dans un pays qui se veut démocratique, ne peut être qu’une source de richesse. Gaby Jean CHAMI Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
Pour un journal-forum
La diaspora libanaise, en France, a adopté les valeurs républicaines : la modernité, la parité homme-femme, la laïcité. Elle milite dans les institutions de la République comme les syndicats, les partis politiques, les associations...
Assoiffée de modernité, cette diaspora a vibré avec l’élan démocratique de l’opposition. L’unité du peuple libanais est devenue un mythe digne d’un tableau de Delacroix. Cependant, le confessionnalisme, le fanatisme religieux, le clientélisme resurgissent. Les forces politiques d’antan se consolident. Les pesanteurs contre la modernité se multiplient. La coalition des clans, des néoféodaux, des populistes, des forces traditionnelles fige les institutions. Les alliances se forgent sans éthique ni programme. L’archaïsme politique est omniprésent....