L’intelligence, c’est comme un sous-vêtement. Il faut en avoir mais ne pas l’exhiber. Superstar de la semaine, Istiz Nabeuh n’avait vraiment pas besoin de faire des tonnes pour montrer qu’il enfourchait le blanc destrier de la réforme. On le croit sur parole, maintenant qu’il a été sevré de la tétine syrienne et qu’il a enfin trouvé l’axe de la girouette qui lui indique la nouvelle direction du vent.
Le plus marrant de l’histoire est de savourer les jérémiades des champions de l’alternance, qui croient mordicus que le Liban est condamné à l’immobilisme avec le maintien, place de l’Étoile, d’un symbole du jurassic parc syrien le plus calcifié. C’est bien mal connaître les barons locaux et leur formidable capacité à jouer les derviches tourneurs. Qu’on s’en souvienne, le pays a déjà donné dans l’ordre : les meilleurs nassériens, les meilleurs arafatistes, les meilleurs sharoniens, les meilleurs khomeynistes et les meilleurs assadiens, père et fils. Alors, on pense bien que pour un vieux briscard de la politique comme le Istiz, tourner haririen ou siniorien sera de la roupie de sansonnet.
Revenu dans un bain de sang pour s’attabler à la tête du banquet des 128, le Haut Perché de l’Étoile a déjà commencé à donner toute la mesure de sa métamorphose : surveillance à la loupe de l’application des lois, séances hebdo de
questionnement du gouvernement, lutte acharnée contre la corruption et les corrupteurs (rigoureusement sic)… Visiblement, Istiz Nabeuh n’a pas peur de voir ses promesses rétrécir au lavage. Il démontre aussi et surtout qu’il n’a pas peur de faire rire.
Le jeu de rôles passe maintenant au Prolongé de Baabda. Hier au Château, c’était le choc des bottes et des galons avec le « matin des généraux ». Émile Ier avait déjà amorcé le virage en se rabibochant, par fiston et gendre interposés, avec le Tsunamichel. Ni tambour ni clairon. L’armée est une grande famille où l’on se réconcilie sans avoir à se peloter comme le font les politiciens devant les caméras télés.
Finalement, le Liban bouge sans trop bouger et l’on ne s’en rendra même pas compte. Changer le bocal en gardant les mêmes cornichons, c’est ça la vraie réforme ! Surtout quand l’ensemble pue le vinaigre…
Gaby NASR
L’intelligence, c’est comme un sous-vêtement. Il faut en avoir mais ne pas l’exhiber. Superstar de la semaine, Istiz Nabeuh n’avait vraiment pas besoin de faire des tonnes pour montrer qu’il enfourchait le blanc destrier de la réforme. On le croit sur parole, maintenant qu’il a été sevré de la tétine syrienne et qu’il a enfin trouvé l’axe de la girouette qui lui indique la nouvelle direction du vent.
Le plus marrant de l’histoire est de savourer les jérémiades des champions de l’alternance, qui croient mordicus que le Liban est condamné à l’immobilisme avec le maintien, place de l’Étoile, d’un symbole du jurassic parc syrien le plus calcifié. C’est bien mal connaître les barons locaux et leur formidable capacité à jouer les derviches tourneurs. Qu’on s’en souvienne, le pays a déjà donné...
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