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Aussi grave que l’assassinat de Hariri

Ils ont tué Samir Kassir. L’intellectuel. Courageux. Animé d’une vision vitale et viscérale, comme on aimerait en voir par milliers. Le fruit réussi et rare du mariage de notre multiple culture. Si rare qu’on était fier quand on le voyait sur TV 5 ou ailleurs. Le feuilleton meurtrier se poursuit donc. Nous allons avoir droit à d’autres actes et tentatives… Acte I – Marwane Hamadé… les trois coups. Le public somnole. Le feu vert est donné. Acte 2 – Rafic Hariri… ils brisent le cœur de chacun d’entre nous. Tuant le rêve libanais. Et avec, le musulman moderne, puissant, libéral, rompu aux pratiques de l’Occcident et, malgré cela, respecté et admiré chez les siens. Acte 3 – Avec Samir, ils nous atteignent à la tête. Le rêve du Libanais multiculturel ne doit pas voir le jour. Beyrouth, capitale de la liberté, pas question. On nous demande de rester calmes et unis, mais on nous empêche de faire ce qu’il faut pour rester calmes et unis. On nous force à garder un président qui a été l’outil même du pouvoir que nous ne voulons plus. Nous, confiants dans notre opposition, nous l’avons laissée faire… Pendant cinq, six semaines nous avons espéré d’elle un mot, un geste, qui n’est jamais venu, parce qu’elle s’adonnait dans l’ombre à de piteux calculs. C’est là que cela a commencé à sentir le roussi. Trop tard, la passivité et l’immaturité avaient repris le dessus. Voilà comment aussi on a pu nous pousser à de mauvaises élections que le pays avait rejetées d’emblée. Sous prétexte que la date était sacrée, donc plus importante que les résultats, on nous a fait choisir un système qui va nous freiner pendant quatre ans. Mais apprenons au moins une chose: quelles que soient les pressions que le pays subit – et il en subira toujours parce qu’il est petit et faible et qu’il le sera toujours – cessons de faire confiance aux «pressions» étrangères. Ces pays amis ou ennemis, ces leaders qui ne veulent servir que les intérêts de leur propre nation… C’est de bonne guerre, cessons de faire comme si leurs intérêts étaient les nôtres! Serrons-nous les coudes, ne baissons pas la garde et maintenons le cap. Débarrassons-nous des SR syro-libanais et de leur acolytes libanais. Poursuivons l’enquête sur les assassinats. Entretenons la vie économique, sociale, éducative. Attaquons-nous au confessionnalisme, c’est un travail de longue haleine… On finira par l’ériger, ce Liban libano-libanais, même s’il se fait dans le sang, la liberté n’est jamais offerte sur un plateau de roses. D’ailleurs le sang ne ternit pas notre renaissance, au contraire, il nous impose des devoirs et nous donne des droits. Gaby BUSTROS

Ils ont tué Samir Kassir.
L’intellectuel. Courageux. Animé d’une vision vitale et viscérale, comme on aimerait en voir par milliers. Le fruit réussi et rare du mariage de notre multiple culture. Si rare qu’on était fier quand on le voyait sur TV 5 ou ailleurs.
Le feuilleton meurtrier se poursuit donc. Nous allons avoir droit à d’autres actes et tentatives…
Acte I – Marwane Hamadé… les trois coups. Le public somnole. Le feu vert est donné.
Acte 2 – Rafic Hariri… ils brisent le cœur de chacun d’entre nous. Tuant le rêve libanais. Et avec, le musulman moderne, puissant, libéral, rompu aux pratiques de l’Occcident et, malgré cela, respecté et admiré chez les siens.
Acte 3 – Avec Samir, ils nous atteignent à la tête. Le rêve du Libanais multiculturel ne doit pas voir le jour. Beyrouth, capitale...