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Berrypéties

La démocratie libanaise cache des usages souvent fort éloignés de ceux qu’on enseigne dans les manuels : lois électorales pondues tous les quatre ans pour changer la règle du jeu juste avant de jouer ; Constitution cornecul sans cesse bidouillée au bénéfice de comiques troupiers devenus brusquement orphelins depuis fin avril ; et, cerise sur ces gâtés gâteux, un président du Parlement qui nous la joue Cécile de Volanges, à quelques encablures de son chômage forcé. Depuis quelques jours, Istiz Nabeuh a une idée. L’événement mérite à lui seul d’être signalé. Le concept est très simple et ne nécessite pas plus d’un neurone : lorsque son téléphone portable est secoué d’un pépiement pressant, il oublie que pour le faire taire, il suffit de presser la touche « Yes », de porter l’appareil à sa feuille et de prononcer « allô ! » dans la petite grille située au bas du gadget. Un geste auquel il était pourtant naguère habitué quand d’un seul coup de fil de Damas, il se couchait. Car il ne faut pas l’oublier, Istiz Nabeuh est libanais tendance Barada. Le seul problème avec lui est que la tendance est plus perceptible que le passeport. Après 13 ans d’affilée au perchoir, il a au moins la reconnaissance du ventre. Rien qu’en salaire, notre ami aurait déjà pu équiper la Békaa et le Liban-Sud en DVD ! Francophone parfait, du moins pour les quelques phrases qu’il consent à lâcher devant l’ambassadeur Émié, le duc-de-Berry-de-Aïn-Tiné est par ailleurs d’une discrétion de violette : quand il se déplace, il se fait uniquement escorter par des motards. Les blindés, les hélicoptères, ça ne lui viendrait même pas à l’idée d’y penser. Istiz Nabeuh est un déshérité timide... Mais c’est aussi un animateur hors pair. Là encore, sa stratégie est simple : il a juré de faire danser députés et électeurs sur le rythme de la loi 2000. Le caza ? Quelle idée ! C’est un peu comme demander à Rustom Ghazalé de s’inscrire à la Ligue des droits de l’homme ou d’aller en week-end initiatique avec le dalaï-lama. Pareil pour la loi d’amnistie qui permettrait de libérer Samir Geagea de son boui-boui de Yarzé. Istiz Nabeuh y tient sûrement, mais il se retient encore plus... Ce qui ne l’empêche pas de chanter les louanges de l’entente islamo-chrétienne. D’ailleurs, ce qu’il préfère dans l’église, c’est le sommet du clocher, la girouette. Et pourtant, elle ne tourne pas, assure-t-il. C’est seulement le vent qui change de direction. Gaby NASR
La démocratie libanaise cache des usages souvent fort
éloignés de ceux qu’on enseigne dans les manuels : lois
électorales pondues tous les quatre ans pour changer la règle du jeu juste avant de jouer ; Constitution cornecul sans cesse
bidouillée au bénéfice de comiques troupiers devenus
brusquement orphelins depuis fin avril ; et, cerise sur ces gâtés gâteux, un président du Parlement qui nous la joue Cécile de Volanges, à quelques encablures de son chômage forcé.
Depuis quelques jours, Istiz Nabeuh a une idée. L’événement
mérite à lui seul d’être signalé. Le concept est très simple et ne
nécessite pas plus d’un neurone : lorsque son téléphone portable est secoué d’un pépiement pressant, il oublie que pour le faire taire, il suffit de presser la touche « Yes », de porter l’appareil à sa...