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Actualités - Opinion

L’opposition s’engage dans la course avec d’évidents handicaps

Le retrait syrien, la commission internationale d’enquête, l’éviction des cadres sécuritaires constituent d’indéniables victoires pour l’opposition. Mais vis-à-vis de l’échéance cruciale des législatives, qui va déterminer le sort politique du pays, elle semble jusqu’à présent désavantagée. Pour plusieurs raisons. Ainsi, un député opposant relève que le découpage, pour important qu’il soit, compte évidemment moins que l’unité des rangs. Si elle devait s’évaporer, même le caza ne permettrait pas de sauver les meubles ni d’assurer l’avènement d’une nouvelle majorité parlementaire. Le tout premier objectif, dans l’urgence actuelle, est donc de préserver coûte que coûte cette précieuse unité, clairement ébranlée ces derniers jours. Pour ce député, il est impératif que Kornet Chehwane, les joumblattistes, les haririens, les aounistes, les FL, les réformateurs Kataëb, la Gauche démocratique, tous les membres de la Rencontre du Bristol restent liés et alliés. Pour composer des listes unifiées à l’échelon du pays. Remporter le scrutin et initier le changement positif profond que les Libanais attendent. Le coup d’envoi devant être donné par un gouvernement cohérent, doté d’un programme rationnel. Avec le soutien d’un nouveau chef de l’État qui soit un homme de réforme. Pour réaliser le rêve du million et demi de manifestants du 14 mars. Et épargner à ce pays une lourde déception supplémentaire, ce qui se produirait à coup sûr, souligne cet homme politique, si l’opposition se désagrégeait, sous l’effet d’égoïsmes contradictoires. Or, répète le député, aujourd’hui le tableau interne a l’air de s’inspirer du vieux dicton libanais : « Mon frère et moi contre notre cousin, et nous trois contre l’étranger. » Dans ce sens qu’une fois l’étranger sorti, entendre le Syrien, l’empoignade redevient familiale. Les différends percent de tous côtés, chez les opposants comme chez les loyalistes, au sujet de la loi électorale. Les cartes sont brouillées au niveau des alliances potentielles. Le tout conditionnant à l’avance les futures batailles de la présidence de la République, de la présidence de la Chambre et de la présidence du Conseil. La confirmation de la loi 2000, dite des bulldozers, signifierait le retour des grands blocs, Amal, Hezbollah, les haririens et les joumblattistes. Qui trouveraient sans doute commode de s’entendre pour l’affectation des postes de commande. De la sorte, Nabih Berry pourrait retrouver le perchoir. Et le futur président de la République serait en pratique l’otage d’une coalition d’opportunité à laquelle il devrait son élection. Les autres blocs, même unifiés, ne seraient pas de taille. Et rien, globalement, n’aurait changé. Par contre, la formule 1960 fondée sur le caza constitue par elle-même une sorte de loi antitrust. Elle réduit fortement, et forcément, le risque de cristallisation de blocs parlementaires massifs, dont les membres, généralement parachutés, doivent une obéissance aveugle au chef de liste qui les a choisis. Et dont ils défendent les intérêts bien plus qu’ils ne représentent les électeurs. La petite circonscription produit, paradoxalement, un consensus élargi à caractère national. Car il en résulte de petits groupes variés, un éventail mieux représentatif des tendances populaires. Des blocs « à visage humain » si l’on peut dire, forcés de s’entendre pour composer des gouvernements. Comme pour choisir un président de la République ou un président de la Chambre. Et la démocratie, qui signifie avant tout qu’un député répond de ses choix devant ses électeurs, y trouverait son compte. Émile KHOURY

Le retrait syrien, la commission internationale d’enquête, l’éviction des cadres sécuritaires constituent d’indéniables victoires pour l’opposition. Mais vis-à-vis de l’échéance cruciale des législatives, qui va déterminer le sort politique du pays, elle semble jusqu’à présent désavantagée. Pour plusieurs raisons.
Ainsi, un député opposant relève que le découpage, pour important qu’il soit, compte évidemment moins que l’unité des rangs. Si elle devait s’évaporer, même le caza ne permettrait pas de sauver les meubles ni d’assurer l’avènement d’une nouvelle majorité parlementaire. Le tout premier objectif, dans l’urgence actuelle, est donc de préserver coûte que coûte cette précieuse unité, clairement ébranlée ces derniers jours. Pour ce député, il est impératif que Kornet...