Elles ont choisi de conjuguer le titre d’ambassadeur à tous les temps du plus-que-parfait. Mesdames les ambassadeurs, femmes, épouses et souvent mères, portent avec élégance et séduction une fonction qui leur va comme un gant. Mêlant à la fois savoir-faire et douceur, autorité et diplomatie, sans jamais rien perdre de leur charme naturel. Égales aux hommes, mais avec ce détail qui change, elles sont les parfaites ambassadrices de leur état. Aujourd’hui, Stéphanie Shwabsky, ambassadeur d’Australie au Liban.
Stéphanie Shwabsky, discrétion et respect
« J’aurais dû mettre mon tailleur noir », lance d’emblée et sur un air léger la femme aux cheveux très courts, simple dans son pantalon et sa chemise jaune, mais qui impose très vite un respect naturel. « C’est plus formel ! » poursuit-elle avec un sourire lumineux. Le bureau est clair, comme le sourire, comme les yeux et le discours. « Pour moi, il faut que vous le sachiez, les diplomates ne sont pas des stars de cinéma. Nous n’aimons pas que nos vies privées soient surexposées. » Une question de culture, confirme-t-elle, de caractère aussi. « Je suis très australienne et j’ai grandi avec des valeurs très ouvertes et très démocratiques. Au Liban, nous sommes traités en VIP, pas chez nous où nous ne sommes, bien heureusement, que des individus au service de la société civile ! » L’Australie, parlons-en... L’affiche, en grand, installée à l’entrée de l’ambassade, ressemble à une invitation au voyage, avec un slogan : « Australia, a different light », l’Australie, une lumière différente. Un peu comme celle qui irradie du regard vert clair de Stéphanie Shwabsky ; un regard qui a vu le monde, la naissance des libertés, dans certaines régions qui appartiennent encore à une autre époque. Et dans lequel s’est imprimé le plus fort et le plus intense de toutes ces expériences, des images indélébiles. L’Allemagne avant la chute du mur de Berlin, « Bonn était mon premier poste à l’étranger, j’y étais deuxième secrétaire à l’ambassade de 1984 à 87. On n’aurait jamais cru que ce vent de liberté y soufflerait trois ans plus tard ». Ou des moments exceptionnels comme les élections au Cambodge, au Timor-Oriental ou en Afrique du Sud. « On sent qu’on fait partie de l’histoire et du changement. » Elle en a gardé, malgré les circonstances difficiles dans lesquelles il lui a fallu vivre et travailler, une belle sérénité et l’envie d’encore plus, inlassablement. « C’est en revenant de ce genre d’expériences que l’on se rend compte de l’importance de la démocratie. Il faut s’éloigner de notre confort pour découvrir des populations qui vivent dans des conditions inimaginables et apprécier l’acte de démocratie, une valeur qui n’a pas de prix. »
Un palmarès impressionnant
Il n’est pas, en effet, besoin, de tailleur noir, chez madame l’ambassadeur, pour installer une distance nécessaire. Son parcours impressionnant nous laisse bouche bée. Des missions à Bonn, Hanoi, Dhaka, Colombo, Nairobi et Phnom Penh. Des fonctions aussi variées et enrichissantes que deuxième et premier secrétaire, conseiller, chef de mission, observateur au sein des Nations unies pour les élections en Afrique du Sud ou encore membre de la délégation d’observateurs australiens au Timor-Oriental. Puis, très vite, de nombreuses questions se bousculent. Et la première, pourquoi ce choix ? « Mon père, d’origine russe, a toujours été intéressé par les affaires internationales. Il nous a élevés, mon frère et moi, dans cette ambiance. » Après des études en histoire et sciences politiques et un diplôme avec mention, elle poursuit : « J’étais naturellement douée pour l’histoire, de plus, ma mère était professeur d’histoire. » Elle entre en diplomatie, la diplomatie comme elle l’entend, une diplomatie active, par amour pour les voyages. « Je fais partie d’une génération qui a, très jeune, voulu voir le monde. Je me souviens encore de ma mère qui me lisait des histoires sur l’Égypte, le Nil et les pyramides. » Stéphanie Shwabsky ira consommer sa fascination pour ces pays lointains en les visitant un à un et en passant la plupart de ses misions en Asie. Avant ce poste au Liban où elle est enfin ambassadeur en 2002. « Ce poste est plus formel, plus “social”. Il permet beaucoup plus de flexibilité. Je ne dirai jamais assez la chance que j’ai eu d’avoir cette première expérience au Liban. Je dois quitter en septembre, poursuit-elle. La vie des diplomates, un peu comme les correspondants de guerre, ne va pas à tout le monde. Pour pouvoir l’assumer, c’est important de savoir qu’il y a un point, confortable et rassurant, auquel il est bon de revenir de temps en temps. » Ce point, « mes quartiers généraux », situé pour elle à Sydney, elle y revient pour retrouver sa lumière, différente. Et puis tous ces objets accumulés durant ces périples, « chacun a une histoire à me raconter ». « Mais, précise-t-elle, il y a certaines choses dont je ne me sépare jamais. Des livres que je lisais lorsque j’étais enfant et qui représentaient tout pour moi ; et certaines œuvres dont je ne me lasse pas. Lorsqu’on se déplace autant et que l’on change tellement de cultures, on doit pouvoir se retrouver avec soi-même et survivre avec ses livres. » Et l’angoisse ? « Quand j’arrive dans un pays, nous rassure-t-elle, sereine, c’est comme un rituel, je me demande ce qui m’attend, sachant que c’est une nouvelle vie qui commence pour moi. » Et des rencontres, des visages sans noms et des amis dont elle dit : « J’ai rencontré des gens fantastiques qui ont souffert pour avoir droit à une véritable démocratie. Des peuples déterminés et admirables. Je suis une optimiste politique à long terme. » Silence, avant notre dernière question, qui tombe à point nommé. Et le Liban ? « J’aimerais vraiment être encore là pour pouvoir assister à des élections libres. Vraiment... »
Carla HENOUD
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Elles ont choisi de conjuguer le titre d’ambassadeur à tous les temps du plus-que-parfait. Mesdames les ambassadeurs, femmes, épouses et souvent mères, portent avec élégance et séduction une fonction qui leur va comme un gant. Mêlant à la fois savoir-faire et douceur, autorité et diplomatie, sans jamais rien perdre de leur charme naturel. Égales aux hommes, mais avec ce détail qui change, elles sont les parfaites ambassadrices de leur état. Aujourd’hui, Stéphanie Shwabsky, ambassadeur d’Australie au Liban.
Stéphanie Shwabsky, discrétion et respect
« J’aurais dû mettre mon tailleur noir », lance d’emblée et sur un air léger la femme aux cheveux très courts, simple dans son pantalon et sa chemise jaune, mais qui impose très vite un respect naturel. « C’est plus formel ! » poursuit-elle avec un...