Égypte
La campagne contre l’excision
brise le mur du silence
le 16 avril 2005 à 00h00
Sous le mot d’ordre « Ila mata ? » (Jusqu’à quand ?), la campagne contre l’excision en Égypte est bien installée trois ans après son lancement, avec pour objectif d’éradiquer cette pratique mutilante, encore très répandue dans le pays, d’ici à 2010. Diffusée par les huit chaînes nationales et régionales trois à quatre fois par jour, la campagne choc menée depuis 2003 contre l’excision a « brisé le mur du silence », souligne une responsable du Conseil national de l’enfance et de la maternité (Cnem), un organisme gouvernemental. Selon un rapport du Cnem, à paraître prochainement, 52 % des jeunes de 18 à 24 ans auraient pris conscience que l’excision est une pratique grave, dangereuse et mutilante.
Officiellement interdite en Égypte depuis 1997, l’excision, dont la pratique remonte au temps des pharaons, touche, selon la dernière étude gouvernementale effectuée en 2000, quelque 97 % des Égyptiennes mariées et âgées de 15 à 45 ans, chrétiennes aussi bien que musulmanes.
Les contrevenants risquent jusqu’à trois ans de prison, mais l’excision continue à se pratiquer clandestinement, encouragée par des mères souvent convaincues qu’elles contribuent ainsi au bonheur de leurs filles en préservant leur vertu.
La campagne contre l’excision a été déclarée « priorité nationale » par Mme Suzanne Moubarak, épouse du chef de l’État. Elle a reçu le ferme appui de l’imam d’al-Azhar, principale autorité de l’islam sunnite, cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, et du patriarche de l’Église copte-orthodoxe (chrétiens d’Égypte), Chenouda III.
Le Comité de coordination entre le Cnem et des organisations non gouvernementales (ONG) ont récemment annoncé une présence renforcée dans 120 villages de taille moyenne en Haute-Égypte. Mohammed Selim al-A’awa, secrétaire général de l’Association mondiale des oulémas musulmans, rédacteur de ce livret, a dénoncé cette pratique en affirmant qu’elle n’a « aucune base religieuse ».
Abdel-Meneim Aboul-Fotouh, responsable de la confrérie des Frères musulmans et secrétaire général de l’Ordre des médecins, a affirmé que « l’islam n’a rien à voir avec cette pratique inhumaine ».
Mais Yuko Osawa, responsable de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) pour la lutte contre l’excision en Haute-Égypte, reconnaît avoir été confrontée sur le terrain à « l’absence de condamnation claire des cheikhs religieux influents ». « Les hauts dignitaires religieux ne parviennent pas toujours à convaincre le clergé local », selon elle. Elle estime par ailleurs que la loi actuelle est insuffisante et autorise par exemple l’excision pour « nécessité médicale ».
Sous le mot d’ordre « Ila mata ? » (Jusqu’à quand ?), la campagne contre l’excision en Égypte est bien installée trois ans après son lancement, avec pour objectif d’éradiquer cette pratique mutilante, encore très répandue dans le pays, d’ici à 2010. Diffusée par les huit chaînes nationales et régionales trois à quatre fois par jour, la campagne choc menée depuis 2003 contre l’excision a « brisé le mur du silence », souligne une responsable du Conseil national de l’enfance et de la maternité (Cnem), un organisme gouvernemental. Selon un rapport du Cnem, à paraître prochainement, 52 % des jeunes de 18 à 24 ans auraient pris conscience que l’excision est une pratique grave, dangereuse et mutilante.
Officiellement interdite en Égypte depuis 1997, l’excision, dont la pratique remonte au temps des...
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