L’euro a renoué avec la baisse face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux pour tomber passagèrement sous le seuil de 1,29 $ malgré l’annonce d’un creusement record du déficit commercial US en février. Bien qu’un déficit de 61 mlds $ (voir par ailleurs) soit considéré comme une très mauvaise nouvelle pour le billet vert, son impact a été limité et passager car les opérateurs avaient largement anticipé ce phénomène depuis vendredi dernier. De plus, les investisseurs se sont mis à relativiser la portée de ce chiffre en l’imputant d’un côté aux prix élevés du pétrole et d’un autre côté à l’engouement des Américains à la consommation de produits importés. Ces deux facteurs, qui sont censés nourrir des pressions inflationnistes et inciter la Fed à resserrer davantage sa politique monétaire pour les enrayer, ont redonné donc de l’actualité aux placements en dollars car les opérateurs devraient être plus intéressés par l’orientation future des taux d’intérêt. Ce thème, qui a repris le dessus sur toute autre considération, comme le déficit commercial, a donc privilégié le dollar. Cela d’autant que les perspectives de croissance aux États-Unis sont de loin meilleures que celles de la zone euro. À cet égard, les économistes ont fait état de la publication hier des prévisions de croissance de l’économie mondiale par le FMI dans son rapport de printemps, faisant état d’un PIB ne dépassant pas 1,5 % pour la zone euro en 2005 au lieu de 2,2 % lors d’une précédente prévision en automne et de 3,5 % aux États-Unis (inch.) malgré la flambée des prix pétroliers. Ces pronostics ont été confirmés par un autre rapport de la Commission européenne publié hier, estimant que l’absence de réforme économique dans la zone euro pourrait réduire le potentiel de la croissance de son économie à 1 % en 2005 contre 2 % auparavant. Eu égard à toutes ces considérations, l’euro, qui avait brièvement bondi hier jusqu’à 1,3017 $ dans la foulée de la publication du déficit commercial US, ne tardait pas à piquer du nez ensuite sous le seuil de 1,29 $ avant de se négocier finalement à New York sur un ton faible à 1,2920 $ contre 1,2980 $ la veille, en baisse de 0,46 %.
Les Bourses diversement orientées
La Bourse US, qui s’est ressentie de la publication d’un déficit commercial record alimentant les craintes d’inflation et de durcissement monétaire, est parvenue au fil des cotations à changer de cap. Les perspectives de gains de plusieurs sociétés qui commencent à publier leurs résultats trimestriels semblent expliquer ce développement. En outre, le renouvellement par Merrill Lynch de sa recommandation d’achat des actions de l’assureur AIG, récemment très malmenées, et l’annonce d’une hausse de 0,3 % des ventes des chaînes de magasins la semaine dernière ont contribué aussi au changement de tendance de la cote.
Quant aux Bourses européennes, elles ont continué à battre en retraite, affectées toujours par les mauvaises performances du secteur automobile après les résultats inférieurs aux attentes de Peugeot. Les nouvelles faisant état que la Dresdner Bank pourrait être visée par une enquête judiciaire concernant des soupçons de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale ont également pesé sur la tendance.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a renoué avec la hausse sur une chasse aux bonnes affaires, les actions A ayant progressé de 8,74 $ à 8,97 $ et les actions B de 8,66 $ à 8,74 $.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro a renoué avec la baisse face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux pour tomber passagèrement sous le seuil de 1,29 $ malgré l’annonce d’un creusement record du déficit commercial US en février. Bien qu’un déficit de 61 mlds $ (voir par ailleurs) soit considéré comme une très mauvaise nouvelle pour le billet vert, son impact a été limité et passager car les opérateurs avaient largement anticipé ce phénomène depuis vendredi dernier. De plus, les investisseurs se sont mis à relativiser la portée de ce chiffre en l’imputant d’un côté aux prix élevés du pétrole et d’un autre côté à l’engouement des Américains à la consommation de produits importés. Ces deux facteurs, qui sont censés nourrir des pressions inflationnistes et inciter la Fed à resserrer davantage sa...