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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

La disparition de Jean-Paul II Une raison de croire Il y a ceux qui ont la foi, il y a les athées et un grand nombre d’hésitants. La foi et les pratiques religieuses ont diminué de par le monde durant le siècle dernier. Et puis Jean-Paul II est venu à la tête de l’Église catholique. Il est demeuré pape pendant 27 ans. Originaire de Pologne, pays catholique dont l’existence a été menacée par ses voisins, pays déchiré, meurtri par la guerre, où l’Allemagne nazie a érigé des camps de concentration et d’extermination. Il a vécu cette période difficile. Sa vie privée fut, elle aussi, pénible: sa mère décède à l’âge de 49 ans et son unique frère meurt à 26 ans dans l’accomplissement de son devoir de médecin. Des débuts de vie durs. Une fin pénible et douloureuse, et 84 ans d’une existence faite de don de soi, de prières et de défense des pauvres, des déshérités et des opprimés. Une vie de lutte pour la justice et contre toutes sortes de tyrannies, contre la guerre, pour la reconnaissance de l’autre et la fraternité entre toutes les religions. Un homme de devoir et de courage. Un homme de foi, de prière, de labeur et d’abnégation. Un saint. Une raison de croire. Dr. Ph. ISSA Pittsburgh Heureux celui qui a connu ce pape Cet été, en préparant ma valise pour aller à Cologne participer aux Journées mondiales de la jeunesse, ce ne sera pas comme à chaque fois et mon enthousiasme ne sera pas le même : vous n’y serez pas. Très Saint-Père, comment croire que la source de l’espoir s’est tarie et comment vivre quand le feu de la vie s’est éteint ? Dans quelque temps, les journaux ne parleront plus de vous et vous ne paraîtrez plus à votre fenêtre pour bénir ceux qui scrutaient la vitre pour voir apparaître ce visage rayonnant de simplicité et de sainteté. Vous êtes parti au moment où le Liban avait le plus besoin de vous. Jean-Paul II, vous qui malgré la fatigue et la maladie dansiez et vous réjouissiez avec nous aux sons des musiques, des chants et des slogans que nous scandions pour vous, vous qui nous avez donné la chance de pouvoir connaître des jeunes du monde entier, venus tous aux JMJ proclamer leur foi en Jésus-Christ, vous qui nous avez tant répété que les jeunes sont l’espoir de ce monde, et qui nous a rendu responsables de notre cher pays, nous ne vous oublierons jamais et nous ne nous abandonnerons pas au désespoir qui nous guette ces jours-ci. Permettez-nous cependant de vous pleurer, de verser quelques larmes de tristesse à l’idée de vous avoir perdu mais aussi de joie de vous avoir connu. Nous vous promettons qu’après cela, nous nous relèverons, bien droits comme les cèdres du Liban, et nous nous mettrons en chemin pour œuvrer comme vous nous avez appris à le faire, afin de faire de ce monde un lieu où il fait bon vivre comme des frères et sœurs. Adieu Jean-Paul II. Et merci. Priez pour nous le Père Tout-Puissant, et nous vous donnons rendez-vous près de Lui, un jour. Christiane R. Porteurs d’un message Une équipe d’athlètes, portant des foulards rouge et blanc, venue rendre un dernier hommage au pape, suivie d’une foule immense : elle est l’image émouvante apparue sur nos écrans de télévision et qui nous rappelle une scène similaire, il y a plus de cinquante jours, lors de l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri. Deux grands hommes ont disparu, qui étaient porteurs d’un même message de liberté, d’égalité et de fraternité. Ainsi le missionnaire du Liban, avec ses douze visites au Vatican, partageait avec le souverain pontife le même souci, celui de libérer la planète du communisme pour l’un, un peuple ployant sous l’occupation pour l’autre. Antoine SABBAGHA Sur la route de la paix Apôtre de la paix, de l’amour, de la liberté et de la sérénité. Saint-Père, vous portez merveilleusement le surnom de « Jean-Paul II le Grand ». Les valeurs profondes et authentiques que vous avez semées autour de vous sont de véritables messages de vie qui sont ancrés dans nos mémoires; des constantes qui traverseront les générations, sûrement et sereinement. Vous nous avez donné le courage pour embrasser à bras ouverts courage, justice et conscience patriotique. Toutes les religions vous ont rendu un hommage à la mesure de la stature de vos actions dynamiques et universelles. Vous avez été l’ami, le confident et le père des pauvres, des défavorisés et des jeunes. Cette jeunesse d’aujourd’hui vous pleure et vous aime comme on chérit un père. Vous les avez en effet accompagnés tout au long de votre vie et leur avez prodigué confiance et force pour s’affirmer; d’ailleurs vous ne vous lassiez de répéter que « c’est eux l’espérance et la voie de l’avenir ». Vous êtes le père spirituel de chacun d’entre nous; de tous les peuples, toutes confessions confondues. Intarrissable, vous nous guidez dans notre foi, dans notre vie de tous les jours et dans nos actions. Votre charisme, votre persévérance et votre patience ont ouvert la voie aux échanges interculturels. Votre réconfort, votre tolérance et votre affection ont balisé les chemins de la paix, de la réunification des communautés, de la démocratie et créé un pont entre les religions. Malgré vos souffrances, vous avez poursuivi, avec cette étincelle de bonté qui brillait toujours dans vos yeux, votre mission jusqu’au bout, tel le Christ prêchant contre vents et maréés paix, amour, liberté et sérénité. Reposez en paix, souverain pontife, vous restez à jamais dans nos cœurs et votre amour immense ne cesse de résonner dans nos âmes. Elga TRAD Petits pays, grands hommes Décidément, cette année 2005 aura été marquée par la disparition de personnalités de premier plan qui ont marqué l’histoire et le destin de leurs pays. Le prince Rainier III a régné sur la principauté de Monaco près de cinquante-six ans en lui permettant d’accéder à la scène internationale dans tous les domaines : économique, scientifique, artistique et sportif. Son dynamisme exemplaire a fait de Monaco un joyau de la Méditerranée. Le pape Jean-Paul II a régné près de vingt-sept ans sur l’Église romaine. Venu de Pologne, il a sillonné le monde afin d’insuffler un souffle nouveau à la religion. Par son charisme et son dynamisme, il a établi des liens plus solides avec les différentes communautés religieuses. Rafic Hariri a dirigé le Liban près de vingt ans, d’abord discrètement par ses donations et fondations qui ont permis à de nombreux Libanais de poursuivre leurs études, puis par la suite à la tête de différents gouvernements, il a tout fait pour faire renaître Beyrouth de ses cendres et pour réinsérer le Liban au sein de la communauté internationale. Décidément, ces trois petits pays que sont Monaco, le Vatican et le Liban, entourant la mer Méditerranée, ne sont petits que par leur superficie. Camille M. TARAZI Ode à Beyrouth Il me reste de Beyrouth l’odeur des gardénias, les mûres blanches ensorcelées de soleil, les colombes ondoyantes... et aussi un champ de ruines, un chantier gigantesque, tout est trop à Beyrouth : la gaieté, l’apparence, l’argent, la misère, et même les glaces à la rose c’est trop bon ! Cette ville-martyre, ville-paillettes où le piéton se doit d’avoir un pied de chèvre ; cette ville indéchiffrable, grave et joyeuse, vêtue de noir, de jaune ou de paillettes, de ces mille lumières lorsque le soir descend sur la montagne, cette ville où tant d’hommes ont déversé du sel sur les plaies, cette ville-là enfin où une sombre et grave place des Martyrs devient Liberté, où des bougies raniment l’espoir et luttent contre l’oubli, où des drapeaux du pays du Cèdre qui mérite si bien son nom tant il a résisté aux catastrophes, cette ville à laquelle je n’appartiens ni par ma nationalité ni en géographie, je m’en autoproclamerai citoyenne le 13 avril pour partager votre émotion. Je serai honorée de participer avec tous les Libanais, par la pensée, par l’âme, à cette initiative. Je vous souhaite à tous une fête magnifique, elle le sera j’en suis convaincue, et je vous souhaite la vraie liberté, la vraie démocratie, tout ce qui fait tenir debout, avec la fraternité humaine, ce qui est seul important. Merci encore d’exister, non par les religions, non par les clans, mais par la dignité, le respect et la courtoisie dont vous savez si bien faire preuve. Vous n’avez plus que le devoir de continuer et d’espérer ; et nous tous d’avoir du respect pour toutes les victimes des années sombres. Nadine DEVOILLE Paris Quoi de neuf ? Nul ne s’y perd : nos vieux loyalistes et nos vieux opposants parlent d’un seul et même sujet : les élections. Nous avons bien dit « vieux ». Vieux parce qu’en dépit de l’âge de certains d’entre eux, les propos de nos hommes politiques commencent à dater. Vieux parce que depuis quelques semaines, les parties adverses ont recours à la même langue de bois. Vieux parce qu’il est odieusement irresponsable de demeurer noyé dans des considérations obsolètes, en attendant que les résultats électoraux viennent redonner élan à des esprits déjà fatigués de ruminer. Vieux enfin parce que dans ce pays, et ce n’est pas un hasard, ce sont malheureusement toujours les meilleurs qui partaient. En réalité, le véritable mérite des forces de l’opposition reste à venir. Une erreur funeste consisterait à préserver leur union qui, si elle persiste, donnera naissance à un système on ne peut plus stérile. Et de la stérilité au totalitarisme, il existe un seul pas, que l’opposition devenue loyaliste franchira allègrement au nom de l’unité nationale. Le secret réside au contraire dans le renforcement de cette intelligente pluralité: nourrir les conflits constructifs, entretenir les écarts et affirmer les différences, ainsi va la démocratie. Précisément, les foules qui ont manifesté sur les places publiques ont donné l’exemple. Sont apparus progressivement des jeunes filles et des jeunes gens, mus par un même patriotisme, auteurs d’idées nouvelles, hardies et différentes. Résolument engagés chacun dans un courant de réflexion bien particulier, et désireux d’enrichir leurs compatriotes de ce révolutionnaire «penser autrement», ils se fraient une place sur la scène politique. Tout compte fait, nous devons certainement le réveil miraculeux de cette jeunesse prometteuse au soulèvement soudain et massif qui fut initié, encouragé et soutenu par le courant opposant. Un dernier et louable effort consisterait alors pour les actuels dirigeants de l’opposition à graduellement céder la place à ceux qui prouveront qu’ils la méritent. Souveraineté, indépendance, liberté et vérité, sans doute, mais aussi jeunesse, fraîcheur, nouveauté et changement ! Maya CHEHAB Psychologue clinicienne Émigrés et droit de vote C’est avec grand intérêt que je lis tous les jours votre journal à travers l’Internet, et je me félicite des derniers développements sur la scène libanaise qui me remplissent d’espoir. Je me demande toutefois si la pétition, quant à la nouvelle loi relative aux élections, prévoit une clause qui redonnerait aux Libanais d’outre-mer le droit de vote à travers les ambassades et consulats libanais dans les pays où ils se trouvent. Ou bien allons-nous être tous obligés de venir sur place pour remplir notre devoir électoral ? En notre qualité de citoyens libanais, il est inadmissible que ce droit, pourtant élémentaire, nous soit dénié. Je n’ai jamais pu accéder par l’Internet au site, mentionné dans l’une de vos parutions, afin de signer la pétition en ce sens. Je souhaite bon courage à toute l’équipe de L’Orient-Le Jour qui fait un excellent travail. En espérant que le Liban retrouvera bientôt son beau visage, unissons nos prières. Dalal YAZBEK À Bassel Malgré ce grave incident Tiens bon le coup Pour la joie de tes enfants Qui t’aiment comme tout. Malgré tes grosses brûlures Tu sauras toujours aimer Et grâce à tes murmures Tu nous diras ce qui est vrai. Toi qui as su aider autrefois Ton petit pays, le Liban Qui maintenant ne pense qu’à toi Jusqu’à la fin des temps. Mounia HADDAD (11 ans) À ma fille Syrah Déjà 18 ans, Sans demander ma permission, Sans excuses, ni approbation, Tu es devenue une petite dame, Mais après tout, une femme. En un clin d’œil, au carrefour de l’avenir, Là où les Dieux des parents tardent à venir Tu as déchiré ton tablier, coupé tes couettes, Tu m’as lâché la main et jeté tes sucettes, Tout cela pour endosser ton tailleur, Et courir vers un monde que j’espère meilleur, Avec comme seules provisions, Mes prières pour parer aux prévisions, Et des bagages ramassés au fil des années, Pleins de conseils éparpillés. Va sans frayeur, mais avec crainte Va sans hésitation, mais avec précaution. Soit généreuse, sans être gaspilleuse, Regarde toujours en bas, en haut donne le vertige. Déjà, tu possèdes l’essentiel : La foi, la base de la vie. L’éducation, son parfum. Seules te manquent, Pour affronter la vie et ses nuisances, L’expérience et sa puissance, L’expérience? Les années te l’inculqueront, La puissance? La science et la culture l’accroîtront. Tu rencontreras une nuée de gens, Des hommes bienveillants, Des chevaliers ardents, Des femmes, des enfants Ne soit jamais indécise, c’est le pire des maux, Soit sûre et confiante en prononçant tes mots. Et surtout quand tu tournes le dos Fais attention, ils attaquent illico. Prend garde, en montant Ils seront tous en rang, Mais en descendant Ils deviendront mordants, Ne t’en fais pas, Sois forte, tu seras respectée Sois compatissante, tu vaincras leur haine. Sois patiente, ils perdront haleine. Persévérante et organisée, ils diront quelle veine. Sache ma fille que de tes peines va fleurir ton bonheur, De ta chute va germer ton ascension, De ton échec va naître ta réussite, De ta souffrance va éclore ton bien-être. La vie est un jardin plein de fleurs et d’épines, De ton choix dépend ta moisson. Le choix de ton homme, C’est la moitié du chemin, Soit pour lui l’amie, la mère et la femme, Toi qui es la famille et sa flamme. Enfin ma fille, Nul cadeau, nul présent, nulle parole, nul émoi Ne peuvent exprimer mon amour pour toi, Aucun conseil, aucun avis, aucun support, aucun appui Ne peuvent traduire mon soutien. Et puis, Je serai toujours là, à l’heure De ton bonheur, de ton malheur, De ton succès et surtout de ton échec Car ma chérie, je t’aime. Jean W. HADDAD Le cèdre et l’épine Le cèdre, un jour, dit à l’épine: «Bonjour mon encombrante voisine Toi qui pousses insidieusement sur mes terres, toi, l’indésirable étrangère, quitte mon sol, quitte mon Liban, abreuvé du sang de ses enfants. L’homme qui m’a planté est immortel, sollicité, je réponds à son appel, c’était mon compagnon, mon ami fidèle, sur mes branches plane son âme éternelle. Retire-toi malfaisante épine, ce n’est pas toi qui me fera courber l’échine, j’ai côtoyé des émirs, j’ai connu Fakhreddine, je suis le cèdre, l’emblème du Liban, sur mon faîte, en lettres de sang, les siècles ont écrit: “Liban indépendant”.» Liliane MASRI Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
La disparition de Jean-Paul II
Une raison de croire
Il y a ceux qui ont la foi, il y a les athées et un grand nombre d’hésitants. La foi et les pratiques religieuses ont diminué de par le monde durant le siècle dernier.
Et puis Jean-Paul II est venu à la tête de l’Église catholique. Il est demeuré pape pendant 27 ans.
Originaire de Pologne, pays catholique dont l’existence a été menacée par ses voisins, pays déchiré, meurtri par la guerre, où l’Allemagne nazie a érigé des camps de concentration et d’extermination. Il a vécu cette période difficile. Sa vie privée fut, elle aussi, pénible: sa mère décède à l’âge de 49 ans et son unique frère meurt à 26 ans dans l’accomplissement de son devoir de médecin.
Des débuts de vie durs. Une fin pénible et douloureuse, et 84 ans d’une existence...