Les SMS (Short Message System) font désormais partie de notre manière de vivre, de communiquer et de partager. On peut tout télécharger sur son portable aujourd’hui. Des messages de stars préenregistrés pour répondeur («Salut c’est Johnny, laissez un message après le bip»), des dessins, de nouveaux logos, des sonneries musicales (Akoul ahwak de Haïfa, par exemple, et tant d’autres), des photos, des fonds d’écran, etc. Au Liban, comme partout ailleurs, on peut tout «downloader» via Internet et via les réseaux de téléphonie. Vous envoyez par exemple votre nom à un numéro à quatre chiffres, vous le recevrez avec une typographie sympa en remplacement du logo de votre opérateur… Tout ça, bien sûr, rapporte énormément d’argent aux opérateurs qui surtaxent ce genre de SMS et aux sociétés qui les créent. Citons l’exemple de la France, qui a fait une enquête à ce sujet: en 2004, 10 milliards de SMS ont été envoyés! 10 milliards! C’est énorme comme chiffre. C’est souvent parce que l’on pense, à tort évidemment, que le SMS est bien moins cher qu’un appel. Les labels et autres majors musicales ont compris le truc. Avec les nouveaux téléphones portables qui supportent des fichiers MP3, entre autres, ils ont le droit de prendre des royalties sur les chansons que vous «downloadez». Universal, qui a carrément lancé une filiale dans le domaine (Universal Mobile), a récupéré 10 millions d’euros de royalties sur les sonneries pour portables rien que l’année dernière. Sacrée aubaine pour les maisons de disques et véritable gouffre financier pour le consommateur. Pour avoir K-Maro, Élissa, J-Lo ou Ragheb Alamé sur votre cellulaire, il faut débourser. Mais heureusement que la nouvelle génération de mobiles possède le système de Bluetooth. Grâce à ce procédé, le partage de fichiers est gratuit. Et hop, la plupart des portables libanais sonnent comme les téléphones du CTU de la série 24 ou comme le sifflement de Kill Bill. Pour la plupart du temps, gracieusement. Il faut savoir qu’au Liban, un SMS envoyé sur le même réseau que le vôtre est tarifié 15 cents ; sur le réseau concurrent, il est à 20 cents et un SMS international vous coûte 30 cents. Rarement vous n’envoyez qu’un SMS, fréquemment une conversation s’installe. Le piège est là. Maintenant, si vous avez envie de voter pour un candidat de téléréalité, de choisir la chanson de l’année, etc., votre SMS sera surtaxé! Il faut donc faire attention à ses factures. Mais le SMS n’a pas que des inconvénients. Regardez en ce moment l’utilité du procédé. Tous les horaires et lieux des rassemblements et des manifestations sont communiqués par SMS. Depuis un peu plus d’un mois, les portables des Libanais n’arrêtent pas de sonner, de vibrer… Cela nous permet de savoir, d’en apprendre plus, de se retrouver, de sentir une unité incroyable. Des gens qui ne vous appelaient jamais ou très rarement vous poussent à vous mobiliser, à communiquer. Le SMS utile est de rigueur par les temps qui courent. Le SMS drôle aussi. Les sonneries à thème ont momentanément été remplacées par les SMS d’infos… Tout ça, rien que pour le meilleur. « Pls forward ».
MÉDÉA AZOURI HABIB
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