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Actualités - Opinion

Jean-Paul II, un ami du Liban

« Je prie chaque jour, et plusieurs fois par jour, pour le Liban. Je fais mon possible et ce n’est pas tellement facile ; mais je reste fidèle à votre cause », confiait Jean-Paul II, en 1985, à une délégation du Conseil pour l’apostolat des laïcs qu’il recevait à Rome, à l’occasion d’un congrès international de la jeunesse (*). « L’unique et le plus grand espoir du Liban, c’est vous, leur avait-il encore affirmé. Tant qu’il y aura des Libanais, le Liban existera. » Cette assurance, le pape la renouvelait toutes les fois qu’il en avait l’occasion, devant les différentes délégations officielles venues le voir, comme devant les instances internationales, les chefs d’État concernés et les patriarches catholiques qui se rendaient régulièrement à Rome. Balayant toutes les difficultés qui se dressaient sur son chemin, il avait décidé de consacrer au Liban une assemblée spéciale du synode des évêques, une assemblée créée par son prédécesseur, Paul VI, pour débattre des questions graves, et en général continentales, qui agitaient l’Église universelle. Le 1er mai 1984, il avait adressé une « Lettre à tous les Libanais » dans laquelle il disait : « La profonde affection que je nourris depuis longtemps pour ce pays et sa population si éprouvée m’autorise, je crois, à adresser une parole amicale à tous les Libanais, catholiques, chrétiens et musulmans : je sais qu’elle trouvera le chemin de leur cœur. Je le fais dans la lumière incomparable de Pâques (...). Ces trop longues années de guerre ne doivent pas entamer votre confiance dans le Liban lui-même. Il constitue une valeur de civilisation précieuse : que l’on songe à ce que l’humanité entière lui doit depuis la lointaine époque des Phéniciens. Sans oublier la rencontre des religions, le dialogue culturel Orient-Occident et les initiatives œcuméniques. La liberté, la compréhension, l’hospitalité et l’ouverture d’esprit ont été les valeurs sur lesquelles reposait le Liban d’hier. Elles sont à la base du Liban de demain dont l’idéal démocratique pluraliste est un patrimoine précieux que personne ne peut se résoudre à voir disparaître. » « Comment ne pas souligner, avait-il enchaîné, que c’est chaque Libanais qui est finalement responsable de l’avenir de son pays. Chacun doit être prêt à faire un examen de conscience, à renoncer à quelque chose, à se remettre en question pour que prévalent les valeurs partagées par tous : la droiture morale, le souci de la vérité, le sens de l’homme, la vraie solidarité, la défense des libertés et le respect des traditions. Et tout cela tant au niveau des personnes que des communautés. L’arrogance, la soif de domination, le fanatisme, le défaitisme ou la peur sont des germes mortels qui non seulement affaiblissent l’esprit national, mais peuvent conduire votre pays à une désagrégation fatale. » Il est particulièrement intéressant de noter que le Saint-Père avait cité la peur comme agent de désagrégation nationale. Et c’est bien elle qui, de trop longues années durant, a maintenu notre pays dans son asservissement, jusqu’au jour où, grâce au sang versé, les hommes politiques ont décidé de braver la terreur, et la population de descendre dans la rue. Le pape aurait certainement jubilé de voir ce que la jeunesse de 1985, maintenant adulte, a transmis à la jeunesse de 2005, à ceux qui, aujourd’hui, ont 20 ans et dans le cœur et les veines desquels battent le Liban, la soif d’indépendance et de liberté. Aux chrétiens en particulier, le pape avait déclaré : « Vous êtes responsables de l’espérance (...). Créez, là où vous vivez et travaillez, une ambiance fraternelle. Sans ingénuité, sachez faire confiance aux autres et soyez inventifs pour faire triompher la force régénératrice du pardon et de la miséricorde (...). Mais ne soyez jamais timides quand il s’agit de défendre vos libertés et tout particulièrement celle de proclamer et vivre ensemble les valeurs évangéliques. L’Église est tout entière à vos côtés (...). Elle est fière de tous les sacrifices des chrétiens d’Orient pour conserver intacte la foi en Jésus-Christ. » Dix ans après cette lettre se tenait le synode sur le Liban, et dix ans plus tard le quittaient ces troupes étrangères qui, selon un article de l’Osservatore Romano, « compromettaient la reconstitution de l’unité du Liban ». Ce développement consacrait le triomphe d’une action incessante du Vatican auprès de tous les acteurs locaux, régionaux et internationaux pour obtenir « le respect de l’intégrité territoriale, de la pleine autonomie et de la véritable indépendance de la nation libanaise fondée sur la coopération loyale de toutes les communautés qui la composent ». Fady NOUN (*) Les lettres de Jean-Paul II sur la crise libanaise, ainsi que l’Exhortation apostolique de 1997, Une espérance pour le Liban, ont été publiées par le Centre catholique d’information – Jal el-Dib. Un ouvrage publié par Media Marketing est également paru, contenant tous les discours prononcés par le pape lors de sa visite historique au Liban, en 1997.
« Je prie chaque jour, et plusieurs fois par jour, pour le Liban. Je fais mon possible et ce n’est pas tellement facile ; mais je reste fidèle à votre cause », confiait Jean-Paul II, en 1985, à une délégation du Conseil pour l’apostolat des laïcs qu’il recevait à Rome, à l’occasion d’un congrès international de la jeunesse (*).
« L’unique et le plus grand espoir du Liban, c’est vous, leur avait-il encore affirmé. Tant qu’il y aura des Libanais, le Liban existera. »
Cette assurance, le pape la renouvelait toutes les fois qu’il en avait l’occasion, devant les différentes délégations officielles venues le voir, comme devant les instances internationales, les chefs d’État concernés et les patriarches catholiques qui se rendaient régulièrement à Rome.
Balayant toutes les difficultés qui se...