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Actualités - Chronologie

Épouses d’ambassadeur (Photos)

Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Paulina Calin, épouse de l’ambassadeur de Roumanie. Paulina Calin, une femme sage Elle porte bien son nom, Paulina Calin, avec ce zeste de tendresse et de calme qui permet, rapidement, d’entrer dans les confidences. Le regard vert turquoise, de la couleur exacte de son tailleur, en cette belle matinée printanière, Paulina Calin qui préfère qu’on l’appelle Paulina tout court, rend un hommage spontané à la presse, dans un français parfait. « Les journalistes sont, il est vrai, les yeux et les oreilles du monde. » Tout comme son époux qui a vite fait de nous rejoindre, pour une mini-discussion improvisée, la langue de Molière et la francophonie régnant dans la maison. Et une parfaite complicité. « C’est normal, glisse monsieur l’ambassadeur, nous avons beaucoup de liens culturels et beaucoup de dénominateurs communs qui unissent nos pays. La francophonie rayonne à présent dans tous les domaines, même l’économie et la politique. » Un attachement également normal, Aurel Calin, un diplôme de droit en poche, s’en était allé faire son stage à Paris, ville de toutes les libertés, avant d’y être nommé troisième secrétaire à l’ambassade, de 1970 à 1975. « Paris, ajoute son épouse, a été un merveilleux premier choc pour moi. Il faut vous mettre dans le contexte pour comprendre. » Une enfance simple « Écoutez, vous écrirez après ! Je disais toujours ça à mes élèves, lorsque j’étais professeur à Bucarest. » Paulina, l’aînée d’une famille de quatre filles, a grandi à Ceatalchioi, un petit village du delta du Danube, situé à l’est de la Roumanie. Ses parents, de simples paysans, ont tenu à lui assurer une scolarité complète. « Deux hommes ont déterminé ma destinée, mon père et mon époux. » Envoyée dans un pensionnat pour poursuivre ses études, la petite fille de 11 ans s’enfuit une première fois. « Mes parents me manquaient tellement ! » souligne-t-elle. Elle franchit 12 km à pied, et retrouve le village, avant d’accepter, l’année suivante, de tenter à nouveau l’expérience. « J’ai connu mon époux par l’intermédiaire d’une amie commune. Il cherchait, m’avait-elle dit, à rencontrer une femme “sage et mûre”. » Ils vont correspondre deux ans durant, à raison de deux lettres par semaine, sans se voir, sinon en photos. La rencontre n’en sera que plus réussie. « C’est lui qui m’a détourné de ma carrière. Je voulais rejoindre l’institut d’agronomie. Il m’a convaincue de faire des études de littérature et langues étrangères. » Trois ans plus tard, et encore étudiante, elle unit sa vie au jeune Aurel. Mihaela va naître en 1968, Florentina en 1972, à Paris. « Nous avons eu la chance d’être nommés dans des pays francophones. » Après Paris, il y eut Bruxelles, puis Rabat – « un deuxième choc, je découvrais, le cœur battant, cette terre rouge » – et enfin Beyrouth, où, en 1997, Aurel Calin est nommé ministre conseiller à l’ambassade de Roumanie. « Après avoir été conseiller et chef de service au ministère des Affaires étrangères, j’ai été, précise-t-il, nommé à la tête de la Direction du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. J’ai choisi Beyrouth parmi d’autres postes. Nous avons presque les mêmes qualités et les mêmes défauts ! » dit-il, avant de se retirer, avec un sourire charmant. Une liberté méritée « Les choses n’ont pas toujours été faciles, raconte Paulina, surtout pour les diplomates. Nous avons vécu des périodes où nous n’avions aucune liberté, même si nous vivions à l’étranger. Entre 1979 et 1984, lorsque nous étions à Bruxelles, il était interdit d’avoir nos enfants avec nous. J’ai préféré les rejoindre, les deux dernières années. » Aujourd’hui, tout cela fait partie de l’histoire. « Nous avons fait beaucoup de sacrifices. J’étais disposée à le faire parce que j’aime mon pays. » Huit années passées au Liban – Aurel Paulin sera aussi chargé d’affaires de Roumanie à Beyrouth, de 1999 à 2001, avant de prendre ses fonctions d’ambassadeur en septembre de cette même année –, c’est aussi la fin d’une autre histoire où des liens se sont créés, car, souligne-t-elle, «c’est un des rares pays où les gens viennent vers vous, et pas le contraire ». Où des relations diplomatiques intenses se sont nouées et de nombreux événements sont venus sceller cette amitié. « Pour moi, le Liban est situé au centre de l’Orient et de l’Occident. Là où se mêlent eaux douces et eaux salées. Un heureux mélange. » Après avoir fait le tour culturel, intellectuel et historique de notre civilisation, elle approfondit à présent la diversité de nos religions, à travers des cours qu’elle suit assidûment. Tout comme les bouleversements que connaît le pays. « Rafic Hariri avait établi de bons rapports avec mon époux et notre pays qu’il avait visité plusieurs fois. » Bien qu’elle préfère ne pas parler de politique, elle précise : « Je suis très spontanée, je dis tout, ce n’est pas très recommandable pour une épouse d’ambassadeur ! » Elle se contentera de nous souhaiter « de persévérer, car le plus difficile c’est d’entrouvrir une porte » ; en écho à son mari qui affirmait, quelques instants plus tôt : « Les Roumains ont les yeux tournés vers la liberté et la démocratie. C’est un chemin irréversible que nous avons suivi nous-mêmes. Nous souhaitons que ces deux notions règnent partout, de même qu’une entente cordiale entre les peuples, afin d’avoir un monde meilleur. » « Rendez-vous, conclut Paulina Calin, dans cinq ans. Je reviendrai voir... » un monde que l’on espère meilleur... Carla HENOUD
Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Paulina Calin, épouse de l’ambassadeur de Roumanie.

Paulina Calin, une femme sage

Elle porte bien son nom, Paulina Calin, avec ce zeste de tendresse et de calme qui permet, rapidement, d’entrer dans les confidences. Le regard vert turquoise, de la couleur exacte de son tailleur, en cette belle matinée printanière, Paulina Calin qui préfère...