Chamil Bassaïev est le leader des séparatistes tchétchènes les plus radicaux. « Terroriste n° 1 » pour Moscou et redoutable chef de guerre, cet homme petit et à la barbe noire fournie, âgé de 40 ans, a revendiqué la prise d’otages la plus meurtrière au monde menée en septembre dernier dans une école à Beslan (Ossétie du Nord), qui s’est soldée par 344 morts, outre le commando. Les services spéciaux russes ont promis 300 millions de roubles (10 millions de dollars) pour toute information permettant de « neutraliser » ce chef radical qu’ils accusent d’être lié à l’organisation terroriste el-Qaëda.
En août 2003, les États-Unis ont placé Bassaïev sur leur liste noire des personnes liées au terrorisme. Bassaïev semblait avoir pris ses distances d’Aslan Maskhadov, nettement plus modéré, depuis début 2003. Né le 14 janvier 1965 à Dychne-Vedeno, un bourg du sud-est de la Tchétchénie, il a commencé sa carrière en luttant en Abkhazie aux côtés des séparatistes prorusses contre la Géorgie, puis, selon des sources russes, en combattant du côté azerbaïdjanais pendant le conflit du Nagorny-Karabakh qui oppose Bakou à Erevan.
De retour en Tchétchénie, il participe dès le début à la première guerre contre les Russes (1994-1996), où il établit sa réputation de combattant intrépide, spécialiste des opérations militaires spectaculaires. Il prend une part décisive à la reconquête éclair de Grozny en août 1996. Bassaïev a aussi une courte expérience politique : en janvier 1997, il se présente à la présidentielle tchétchène remportée par Maskhadov, dont il sera brièvement Premier ministre.
Bassaïev est devenu l’ennemi numéro un de Moscou après une rébellion islamiste au Daguestan, république frontalière de la Tchétchénie, qu’il a dirigée en août 1999 avec le chef de guerre d’origine saoudienne Khattab, mort empoisonné en avril 2002. À la suite de cette incursion et d’une série d’attentats en Russie (300 morts) que Moscou avait attribué sans preuves aux indépendantistes, notamment à Bassaïev, les Russes avaient déclenché la seconde guerre de Tchétchénie le 1er octobre 1999. Bassaïev est grièvement blessé lors de l’abandon de Grozny à l’armée russe par les rebelles indépendantistes en janvier 2000. Il saute sur une mine et il est amputé de la jambe droite à la hauteur du genou. Début février, des rumeurs évoquaient sa mort dans un affrontement en Tchétchénie, de maladie ou des suites de son ancienne blessure à la jambe. Mais fin février, un site indépendantiste affirme que Bassaïev, père d’au moins deux enfants, est sain et sauf et s’est même marié une troisième fois le 14 février avec une Russe dans le sud de la Russie.
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En août 2003, les États-Unis ont placé Bassaïev sur leur liste noire des personnes liées au terrorisme. Bassaïev semblait avoir pris ses distances d’Aslan Maskhadov, nettement plus modéré, depuis...