L’Autorité palestinienne doit reprendre courant mars l’exécution de Palestiniens condamnés à mort, pour la première fois depuis août 2002, alors que les précédentes applications de la peine capitale dans les Territoires avaient soulevé les critiques de la communauté internationale.
Le mufti de Jérusalem Ekrima Sabri, plus haute autorité religieuse dans les territoires palestiniens, a indiqué à l’AFP qu’il examinait en ce moment des dossiers de Palestiniens condamnés à mort qui lui ont été transmis par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. « J’examine ces dossiers pour m’assurer de l’équité, au regard de la charia (loi religieuse), des sentences rendues par les tribunaux », a déclaré cheikh Sabri.
Il a affirmé que les sentences de mort devaient être entérinées en dernier lieu par M. Abbas avant d’être appliquées.
Le chef de l’organisme en charge des tribunaux militaires, le général Saëb al-Qidwa, a pour sa part affirmé à l’AFP que « 15 des condamnés à mort dont les dossiers sont en cours d’examen par le mufti doivent être exécutés dans le courant de ce mois ». « Le mufti soumettra ces dossiers au président et s’il les entérine, les exécutions auront lieu ce mois-ci », a ajouté le général Qidwa. Selon lui, en procédant à ces exécutions, l’Autorité palestinienne « enverra un signal de fermeté à la population qui contribuera à rétablir la sécurité ». « Il faut une solution radicale au chaos sécuritaire qui règne actuellement », a-t-il affirmé. Selon lui, pas moins de 51 cas de condamnation à mort prononcées par des tribunaux palestiniens depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994 sont actuellement examinés par cheikh Sabri.
La plupart des sentences de mort ont été prononcées par des cours de sûreté palestiniennes, dont les verdicts sont sans appel.
La dernière exécution judiciaire dans les territoires palestiniens remonte à août 2002. Bachir Atari, 21 ans, avait été passé par les armes dans la Mouqataa, le quartier général de l’Autorité palestinienne à Ramallah, après avoir été reconnu coupable par une cour militaire d’avoir égorgé deux femmes. Au total, neuf Palestiniens, sur 70 condamnés à mort, ont été exécutés par l’Autorité palestinienne depuis 1994, selon Hamdi Chaqoura du Centre palestinien pour les droits de l’homme de collaboration avec Israël (PCHR). Deux d’entre eux avaient été reconnus coupables de collaboration avec Israël par des tribunaux militaires, et les autres de graves crimes de droit commun.
Les premières exécutions avaient eu lieu en août 1998. Deux policiers palestiniens condamnés pour meurtre avaient alors été fusillés.
Ces exécutions, notamment celles, effectuées en janvier 2001, des deux Palestiniens reconnus coupables de collaboration, avaient suscité une vague de critiques de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.
Dans une lettre adressée à M. Abbas et dont l’AFP a obtenu une copie hier, le PCHR a appelé le dirigeant palestinien « à ne pas signer les ordres d’exécution, pour empêcher l’application de cette punition cruelle qui constitue une flagrante violation des droits de l’homme ».
Appelant à l’abolition de la peine de mort, le PCHR a affirmé que son application dans les territoires palestiniens « ternit l’image du peuple palestinien aux yeux du monde ».
Depuis le début de l’intifada en septembre 2000, des dizaines de Palestiniens accusés de collaboration ont été assassinés par des activistes sans autre forme de procès.
Adel ZAANOUN (AFP)
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Le mufti de Jérusalem Ekrima Sabri, plus haute autorité religieuse dans les territoires palestiniens, a indiqué à l’AFP qu’il examinait en ce moment des dossiers de Palestiniens condamnés à mort qui lui ont été transmis par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. « J’examine ces dossiers pour m’assurer de l’équité, au regard de la charia (loi religieuse), des sentences rendues par les tribunaux », a déclaré cheikh Sabri.
Il a affirmé que les sentences de mort devaient être entérinées en dernier...