Plus de 500 médecins, policiers et experts en santé publique du monde entier réunis pendant deux jours en France par Interpol ont tenté d’améliorer les capacités mondiales à réagir à des attaques bioterroristes.
La première « Conférence globale » organisée mardi et mercredi par l’organisation policière internationale dans un centre de congrès proche de son siège mondial à Lyon (Centre-Est) s’est achevée par un appel « au renforcement de la coopération » internationale.
« Il faut raffermir les ponts qui existent entre les différentes agences chargées de l’application de la loi, et le monde scientifique, de la médecine et de l’agriculture », a ainsi estimé le Français Jean-Michel Louboutin, directeur exécutif des services de police à Interpol.
La conférence a décidé notamment de créer au siège d’Interpol un « centre d’information » sur la menace bioterroriste, pour regrouper le maximum de données et les mettre à la disposition des 182 pays membres.
Il a également été décidé « d’élaborer un manuel sur l’intervention en cas de crise », et de « mettre en place des programmes de formation et de sensibilisation », notamment des « ateliers régionaux » pour les forces de l’ordre. Le premier est prévu avant la fin de l’année au Cap (Afrique du Sud). Accueillant mardi les délégués venus de 155 pays, le ministre français de l’Intérieur Dominique de Villepin avait déclaré que « la menace bioterroriste doit être prise au sérieux (...) Non seulement parce qu’elle fait peser sur nos sociétés des risques particulièrement odieux, mais aussi parce qu’elle pourrait constituer la prochaine étape de l’évolution du terrorisme ».
Il a proposé plusieurs « directions » afin d’améliorer la coopération internationale, dont la création « d’une base de données commune dans la collecte du renseignement et des informations », des efforts de « sécurisation accrue » des laboratoires travaillant sur des agents biologiques potentiellement dangereux et la création d’un « centre de veille et de coordination » international.
Au-delà des conférences et exposés sur des thèmes tels que l’échange d’informations ou « la gestion des conséquences », ces travaux ont permis de fructueux contacts entre les mondes médical et policier, soulignent des participants. « Il est important que les forces de l’ordre et les professions de santé aient un dialogue sur ces questions, se comprennent, a estimé Michael Sheenan, directeur adjoint de l’unité antiterroriste de la police de New York (NYPD). Même si nous sommes tous concernés par la sécurité publique, nous considérons la question selon différents angles. Sans dialogue, nous pouvons rater des choses importantes, réagir trop lentement. »
Comme c’est le cas dans toutes les réunions de ce type, les discussions autour d’un café et les échanges de cartes de visite dans les couloirs ont au moins autant d’importance que les résolutions finales et déclarations d’intention, relevaient beaucoup de participants.
De nombreux médecins et spécialistes de santé publique ont insisté sur l’absolue nécessité d’instaurer des structures d’alerte, de diagnostic et de traitement des éventuelles victimes. « Ce que nous devons faire, c’est prendre au sérieux la menace d’une épidémie, que ce soit la grippe naturelle ou une attaque bioterroriste », a souligné le Dr Tara O’Toole, directrice du Centre de biosécurité de l’Université de Pittsburgh. « Si nous faisons cela et utilisons comme il se doit nos technologies et capacités d’organisation, nous pouvons empêcher des catastrophes. Et, presque automatiquement, nous créerons le système dont nous avons besoin pour éradiquer les épidémies et maladies infectieuses, que ce soit le sida, la malaria ou quoi que ce soit d’autre », a-t-il ajouté.
Le Koweït renforce son emprise sur
les organisations islamiques caritatives
Les organisations islamiques caritatives au Koweït ont été appelées à retirer des centaines de boîtes de collecte de fonds non autorisés par le pouvoir, a indiqué un ministre dans des déclarations publiées hier. « La décision de retirer les boîtes de charité est irréversible. Elle a été prise par le gouvernement qui veut se débarrasser de tout ce qui pourrait affecter l’activité caritative », a déclaré le ministre des Affaires sociales et du Travail, Fayçal al-Hajji.
L’ambassadeur américain Richard LeBaron avait appelé en février le Koweït à renforcer le contrôle sur les collectes de dons et les transferts de fonds pour assécher les sources de financement du terrorisme.
Un suspect a avoué avoir projeté
de tuer Bush, selon le FBI
L’Américain Ahmed Omar Abou Ali a reconnu avoir comploté avec el-Qaëda en vue d’assassiner le président George Bush, a déclaré un agent du FBI. Lors d’une audience pour déterminer si le suspect devait ou non être inculpé pour complot et emprisonné, l’agent du FBI Barry Cole a déclaré qu’Abou Ali, âgé de 23 ans, avait plusieurs fois reconnu par écrit sa culpabilité. Mais John Zwerling, l’un des avocats du prévenu, a mis en doute la véracité de ces aveux en expliquant qu’ils avaient été obtenus pendant les 20 mois de détention de son client en Arabie saoudite, au cours desquels il aurait été maltraité.
La gare centrale de New York visée
par les auteurs des attentats de Madrid
Les auteurs des attentats du 11 mars à Madrid possédaient un plan de la gare centrale (Grand Central) de New York, indiquant « qu’ils préparaient une attaque » contre elle, a écrit hier le quotidien espagnol El Mundo, citant des sources proches de l’enquête. Deux semaines après les attentats contre les trains de banlieue de Madrid qui ont fait 191 morts, la police a découvert au domicile de l’un des suspects, Mouhannad Almallah Dabas, 41 ans, d’origine syrienne, une disquette contenant un croquis de la gare centrale de New York, effectué à la main, ajoute le journal. En raison des nombreuses données extrêmement techniques contenues dans la disquette, les enquêteurs espagnols n’ont déchiffré toutes les informations contenues qu’en décembre dernier et ont alors informé les agences américaines du FBI et de la CIA, prenant en considération que l’Espagne a servi de base de préparation pour les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Mouhannad Almallah Dabas, arrêté le 24 mars, a été remis en liberté provisoire après avoir été entendu par le juge Juan del Olmo.
Plusieurs membres d’el-Qaëda
auraient été arrêtés au Yémen
Les autorités yéménites ont arrêté ces deux derniers jours plusieurs membres présumés du réseau el-Qaëda, a rapporté hier un journal gouvernemental. Selon des sources militaires citées par l’édition en ligne de l’hebdomadaire 26 Septembre, les arrestations ont eu lieu à Sanaa, la capitale. Le nombre des suspects n’est pas précisé. « Les forces de sécurité de Sanaa et d’Aden poursuivent encore des suspects recherchés dans le cadre d’affaires de terrorisme ou de crimes graves », selon l’une des sources citées.
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