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Actualités - Opinion

Le temps complice ?

«Le temps est galant homme », disait le professeur de Geouffre de Lapradelle dans son cours de droit international, citant l’adage italien « Tempo è galantuomo ». Et il expliquait que, dans un conflit, le temps qu’on gagne en laissant traîner les choses arrange des situations litigieuses. Est-ce que le pouvoir pourra compter sur ce « principe » pour esquiver sa responsabilité ? Déjà, avec l’attentat contre Marwan Hamadé, il avait gagné quatre mois de lenteurs, grâce en partie à la disparition incroyable du film qui a été tourné à l’instant même où l’engin du crime explosait. Ce film constituait l’illustration du flagrant délit par l’image. Outre cette disparition fort opportune, la trouvaille pour faire traîner la procédure fut le transfert du dossier à la Cour de justice, décidé en Conseil des ministres le 15 octobre. Nous en serons bientôt au sixième mois, et le pouvoir se frotte déjà les mains devant la complicité efficace du « galant homme ». Mais dans le drame d’aujourd’hui, qui atteint le peuple libanais dans son ensemble, est-ce que le gouvernement pourra finasser en excipant de la distinction entre « enquête internationale » et « experts internationaux » ? Une autre finasserie du pouvoir consiste à exiger que les experts éventuels viennent de pays neutres. C’est une tentative de noyer le poisson, car l’on occulte un point fondamental, à savoir que ce qui est demandé aujourd’hui même, c’est une décision de la communauté internationale prise par le Conseil de sécurité, donc neutre par essence, et non susceptible de contestation de la part d’un pays membre de l’Onu. Est-ce suffisamment clair ? Dans leur désarroi, les responsables font feu de tout bois et mettent leur espoir dans la complicité du facteur temps. Mais le peuple libanais, qui continue son défilé-pèlerinage ininterrompu devant la tombe du martyr, aura, nous l’espérons, déjoué ce stratagème. Un ancien de la Sorbonne

«Le temps est galant homme », disait le professeur de Geouffre de Lapradelle dans son cours de droit international, citant l’adage italien « Tempo è galantuomo ». Et il expliquait que, dans un conflit, le temps qu’on gagne en laissant traîner les choses arrange des situations litigieuses.
Est-ce que le pouvoir pourra compter sur ce « principe » pour esquiver sa responsabilité ?
Déjà, avec l’attentat contre Marwan Hamadé, il avait gagné quatre mois de lenteurs, grâce en partie à la disparition incroyable du film qui a été tourné à l’instant même où l’engin du crime explosait. Ce film constituait l’illustration du flagrant délit par l’image. Outre cette disparition fort opportune, la trouvaille pour faire traîner la procédure fut le transfert du dossier à la Cour de justice, décidé en Conseil...