Marat Safin a montré ses dessous au public et les dents aux dirigeants du tennis mondial hier après son match marathon remporté 6-4, 2-6, 6-2, 7-6, 11-9 contre Felix Mantilla.
Barbiche et moustache, grimé en cinquième mousquetaire de la Porte d’Auteuil, le Russe avait joué la carte du spectaculaire pour ce film à suspense de quatre heures 38 à Roland-Garros.
Le Russe a constamment basculé du sublime au grotesque dans cette partie en dents de scie qu’il aurait pu plier en trois sets sans ces baisses de régime et ces traits de génie qui font son personnage. Un exemple ? Cent un points gagnants. Mais 125 fautes directes.
À peine plus de 51 % de premiers services. Mais 18 aces. « Sans dout le match le plus fou de tous les matches fous que j’ai joués », a concédé Safin.
Mais des 408 points échangés entre les deux hommes dans cette rencontre, sans doute l’une des plus palpitantes depuis le début du tournoi, la petite histoire ne retiendra que le point de pénalité accordé à Mantilla à 4-2 dans le cinquième set, jeudi soir, avant que la nuit ne transforme le thriller en feuilleton.
Safin vient de sortir une de ses bottes secrètes et de marquer un point crucial. De joie... il baisse son short. Sourires dans les tribunes, outrage sur la chaise d’arbitre. Sévérité du superviseur. Sanction.
Une blague
Du coup, Safin est monté au filet après le match, mais pour asséner une volée de bois vert aux responsables du tennis mondial. « Pourquoi j’ai baissé mon short ? Je ne sais pas. J’en avais envie. C’était un point important pour moi. J’ai eu envie de baisser mon short. Et alors ? »
Pour le Russe, l’un des derniers « showmen » du circuit, arbitres et officiels ne sont là que pour gâcher la fête. « C’est un spectacle. On essaie de faire le spectacle. On se démène sur le court, le stade est plein. On a vraiment bien bossé, à mon avis. Quatre heures de grand tennis. Et en raison de cet incident, c’est ainsi que les gens de l’ATP nous traitent ? Vous trouvez ça juste ? »
Pour l’ancien vainqueur de l’US Open, les organisateurs sont des rabat-joie qui se prélassent sur le court « sans rien faire et qui ne comprennent rien au tennis ». « Ces gens font tout leur possible pour tuer le divertissement. On ne doit pas faire ci, on ne doit pas faire ça. On ne doit pas parler quand on en a envie. La façon dont le sport est géré est une blague. Tout le monde aime ce sport et voilà comment l’ATP réagit. Chaque année, c’est de pire en pire. » « Ça ne peut pas continuer comme ça, il faut que ça change et vite », a-t-il lancé.
Pas très chaud pour prendre la tête d’un mouvement de révolte, Safin s’attend néanmoins à ce que ses propos ne soient pas vraiment bien reçus.
« Quoi que je vous aie dit, ça va me valoir des tas de problèmes avec les courts et le programme. Ils vont me mettre sur la touche. Mais je m’en fiche », a-t-il lancé.
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Barbiche et moustache, grimé en cinquième mousquetaire de la Porte d’Auteuil, le Russe avait joué la carte du spectaculaire pour ce film à suspense de quatre heures 38 à Roland-Garros.
Le Russe a constamment basculé du sublime au grotesque dans cette partie en dents de scie qu’il aurait pu plier en trois sets sans ces baisses de régime et ces traits de génie qui font son personnage. Un exemple ? Cent un points gagnants. Mais 125 fautes directes.
À peine plus de 51 % de premiers services. Mais 18 aces. « Sans dout le match le plus fou de tous les matches fous que j’ai joués », a concédé Safin.
Mais des 408 points échangés entre les deux...