C’est dans les moments les plus dramatiques de l’histoire du Liban, ces instants dont on dit, comme dans un titre
éculé, que le pays est « à la croisée des chemins », que
surnagent les deux catégories d’Einstein qui infestent la classe politique enrégimentée par les frérots : les enragés et les taiseux.
Les téléphages ont pu ainsi apprécier l’infatigable Élie Ferzli, l’œil en berne, bavant et écumant jusqu’à inonder les écrans, pour défendre bec et ongles notre incommensurable bonheur de continuer à suçoter après 30 ans la tétine trempée dans le Barada. Dans le genre flagorneur sanguin, il peut prétendre à un bon point.
Autre agité du bocal, le jovial Assem Kanso. Un
spécialiste, qui depuis longtemps en revanche a dédaigné la tétine et sifflé le biberon baassiste jusqu’à la dernière goutte. Lui est incollable : pas un bouton d’uniforme, pas un caleçon usagé de l’armée syrienne dont il ne
reconnaisse immédiatement le régiment. Franchement, pour lui, la Syrie chez nous, c’est normal. C’est la
souveraineté qui est une anomalie.
Chez les taiseux, en revanche, un nouvel arrivant : le
ténébreux Adnane Addoum. Métamorphose totale. Lui qui, il n’y a pas si longtemps encore, considérait qu’une journée sans conférence de presse était une journée foutue, essaye de jouer les utilités en faisant discrètement mousser la thèse de l’attentat islamiste. Bon, il est le seul à y croire, mais au vu de l’extraordinaire tableau de chasse dont il s’occupe depuis lurette, faut dire que l’homme n’a jamais forcé son talent pour se rendre crédible.
Enfin, dans la catégorie « outsider lourdaud », un haut
perché attend son heure : Nabih Berry. Un homme sûr, qui fut sadrien sous Moussa Sadr, hraouien sous Hraoui,
haririen sous Hariri, aujourd’hui lahoudien sous Lahoud, et qui saura certainement prendre le prochain virage. Pour l’heure, il cherche encore l’axe de la girouette.
Telle est la brochette idéologique à la base de la stratégie du pouvoir et que le Tripolichinelle tentera de défendre lundi au Parlement. Mais la stratégie c’est comme le parachute : quand on n’en a pas, on s’écrase...
Sans fleurs ni couronnes.
Gaby NASR
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est dans les moments les plus dramatiques de l’histoire du Liban, ces instants dont on dit, comme dans un titre
éculé, que le pays est « à la croisée des chemins », que
surnagent les deux catégories d’Einstein qui infestent la classe politique enrégimentée par les frérots : les enragés et les taiseux.
Les téléphages ont pu ainsi apprécier l’infatigable Élie Ferzli, l’œil en berne, bavant et écumant jusqu’à inonder les écrans, pour défendre bec et ongles notre incommensurable bonheur de continuer à suçoter après 30 ans la tétine trempée dans le Barada. Dans le genre flagorneur sanguin, il peut prétendre à un bon point.
Autre agité du bocal, le jovial Assem Kanso. Un
spécialiste, qui depuis longtemps en revanche a dédaigné la tétine et sifflé le biberon baassiste jusqu’à la dernière...