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Actualités - Opinion

La grande colère de nos lecteurs

N’écoutons plus nos politiciens Ce meurtre avec préméditation de Rafic Hariri a comme objectif principal et unique l’assassinat de ce que cet homme avait accompli et continuait à accomplir. Ce n’était pas seulement la reconstruction de notre capitale, mais la reconstruction de l’entente et de la fraternité des Libanais. Ce personnage, avec toute la fortune qu’il possédait, avait consacré toute sa vie à une seule mission: reconstruire le Liban après une terrible guerre civile. Il représentait ce que Gibran Khalil Gibran avait écrit: «Voyez ce que vous pouvez faire pour votre pays et non pas ce que votre pays peut faire pour vous.» Aujourd’hui, j’aimerais dire à tous mes compatriotes que la seule chose qui compte désormais n’est pas la Syrie et la 1559, Israël et la 425 ou les Palestiniens et leur présence au Liban et la libération de Jérusalem. Ce qui compte, c’est l’union sacrée de tous les Libanais autour d’une seule cause, celle du Liban. Libanais, n’écoutez plus vos politiciens qui, depuis longtemps, n’ont cessé de retourner leur veste afin de pouvoir survivre. Ramzi CHARAF Dubaï Jusqu’au bout Le 14 juillet 1789, une émeute avait éclaté à Paris. La Bastille avait été prise par des manifestants. Louis XVI interrogea : « C’est une révolte ? » Le duc de la Rochefoucauld, qui avait compris le sens de l’évolution des événements, répliqua alors: «Non, sire, c’est une révolution.» Devant l’inacceptable, le temps n’est plus aux mots. Parler démocratie et raison avec un interlocuteur disqualifié est une aberrante chimère, sinon une intolérable compromission. L’aspiration légitime des peuples aux libertés et à l’indépendance ne s’essouffle jamais. Tous unis, tous déterminés, tous Libanais, rejettant les dialogues piégés et saisissant sans fausse pudeur les mains tendues des démocraties du monde, méritons notre victoire sur les semeurs de haine pour que reverdisse l’olivier de paix sur notre terre encore humide du sang de nos martyrs. Paul Ph. EDDÉ Libanais de tous les pays, unissez-vous! Vu de l’étranger, voilà une semaine bien chargée d’images et commentaires sur la situation de notre petit pays... À Paris, tout le monde se sent concerné, les articles de presse foisonnent et des Libanais vivant ici, qui ne se sont jamais intéressés à leur vieux pays, se mettent subitement à suivre avec intérêt l’affaire, à décrire dans les journaux la «renaissance» du peuple libanais. (cf. Libération du vendredi 18). Ces phénomènes sont extrêmement intéressants et il semble se profiler un mouvement de masse multiconfessionnel et pacifique au Liban, à l’exemple de ce qui s’est passé en Ukraine ces derniers mois. Il apparaît alors aux yeux du monde (qui s’est tout de suite inquiété d’une éventuelle nouvelle guerre civile) que le peuple libanais est enfin devenu mature, uni, de culture démocratique et réagissant de façon sage et non violente. Il s’agit maintenant pour les Libanais de faire durer ce mouvement jusqu’aux élections du printemps prochain afin de transformer l’essai. Cependant, il est évident que les Syriens ne partiront pas épouvantés par du vert-cèdre, ils ont déjà maté leur propre peuple, et ce n’est pas des veillées aux bougies qui vont les effrayer, à moins bien entendu que la communauté internationnale ne se mobilise (les Libanais du Liban en sont bien conscients), France et USA en tête, menaces de leur part à l’appui. Si c’est aux Libanais du Liban de montrer que leur pays sera stable après le départ des Syriens, c’est bien à nous Libanais de l’étranger de maintenir la pression dans la presse, par des pétitions et par des manifestations à l’étranger un peu partout (à Paris a déjà eu lieu une manif mardi dernier et ils en ont parlé aux JT). En tout cas, il s’agit pour tous de montrer que le Liban est prêt à s’assumer. Le mot d’ordre, et notre rôle en tant que Libanais de l’étranger est donc : « Libanais de tous les pays, unissez-vous ! » J-Y INGEA Une vie triste à mourir Je vous parle d’une vie triste à en mourir, savez-vous laquelle ? Celle de tout Libanais ayant cru dur comme fer en un avenir meilleur, envers et malgré tout. Savez-vous depuis combien de temps ça dure? Depuis une éternité, depuis tout temps. Tout juste 5 ans, quand la guerre a commencé, et depuis c’est une chaîne de peur, de bombardements, d’abris, d’exode et toujours cette peur qui nous colle à la peau, une peur que nous n’avons jamais pu apprivoiser. Savez-vous que Sisyphe à côté de nous Libanais n’est que l’ombre de lui-même? Éternel retour ou cercle vicieux? Je n’en sais rien. Toujours est-il que notre destin nous poursuit et que le mauvais sort jeté par Dieu sait quelle fée maléfique s’acharne sur nous et nous rappelle jour après jour la précarité de notre avenir et surtout la fragilité de notre existence. À avoir trop roulé la pierre jusqu’en haut de la montagne, nos mains ont fini par se fatiguer et s’user par l’absurdité du geste. Savez-vous où trouver la force de reprendre le chemin de la montée ? En sachant qu’un jour ou l’autre nous reviendrons inéluctablement à la case zéro. Combien de vies devrions-nous consumer au feu de ce destin avant de connaître la vraie réconciliation avec nous-mêmes et avec les autres... Triste vie que la nôtre et savez-vous quoi? Encore plus triste est la vie de nos enfants... Carole MOUZANNAR NAWAR Les jours se suivent et se ressemblent Vendredi matin, je lis le journal. À mon réveil, les bruits sont déjà vieux de cent millions d’années. Dans ma main droite, une tasse de café américain me brûle les doigts. Je ne sais pas tenir un journal, les pages sont éparpillées sur mon lit; j’aime le bruit et l’odeur du papier froissé, cet infime présent me rassure. Les premières lignes me somment de les lire, mais je n’ai pas envie de me figer devant elles, ni de fermer les yeux, plutôt l’envie de foncer à la dernière page, je suis vagabonde des terres lointaines, d’ici et d’ailleurs, je n’ai plus d’adresse. Inévitablement, je reviens sur mes pas, penaude. Je ne trouve rien de plus que ces événements à clouer le temps. La terre est toujours une porcherie, les politiciens balancent inlassablement des phrases abstruses, des hommes concourent afin de remporter le premier prix et d’autres s’enfoncent dans la vase, une arme à la main. Dans la rubrique «Culture», il y a des mots et des images qui naissent sous les mains de savants artistes ; il y a des livres aux couvertures singulières, où sages et amoureux de littérature s’appliquent à éclaircir d’impalpables mystères. Ils fredonnent passionnément: «j’écris pour que tu m’aimes, j’écris pour interpeller tes yeux, ton cœur et ton âme». Des gens d’un bel esprit. Le soleil est puissant, il règne sans fatigue au centre de notre univers. Les nuages rejoindront très vite la côte depuis le nord du pays. Nous aurons de la pluie cet après-midi. J’oubliais. Des amours se meurent sur les trottoirs des grandes villes d’Orient. Mon cœur est un recueil de culture universelle à la recherche de l’absolu. Je traverserai les mers avec mon pays sous les bras. Patricia ÉLIAS La vérité à tout prix aIl est clair aujourd’hui que le peuple libanais et le monde entier exigent de connaître les coupables du meurtre abominable dont le Liban a été victime à travers l’assassinat de Rafic Hariri. Il est clair aussi que l’enquête libanaise ne mènera à rien, pour preuve toutes les pseudo-enquêtes menées auparavant. Cette soif de vérité est plus politique que juridique. D’où la nécessité d’une double enquête, d’une enquête privée. Cette idée semble folle, à mon avis elle sera follement efficace. Imaginons que la famille Hariri lance un défi public aux commanditaires de l’attentat en offrant 1 million de dollars ou plus (5, 10...) pour toute information vérifiée qui pourrait toucher de près ou de loin la tuerie. Les personnes prêtes à fournir un renseignement quelconque pourront appeler anonymement un numéro de téléphone, une équipe recevra les coups de fil et se chargera de vérifier le sérieux des preuves avancées. C’est une rançon qui a permis la capture de Saddam Hussein. A. H. Aidez-vous Je vous écris de la part de l’organisation des élèves libanais à Virginia Tech (USA), qui s’appelle « Cedars Of Lebanon », pour vous demander de nous aider à diffuser un site créé par les élèves libanais de l’université du Maryland, aux États-Unis. Ce site diffuse une pétition créée le 15 février 2005 qui a pour but d’œuvrer pour un droit de vote des Libanais à l’étranger. Si les citoyens irakiens à l’étranger avaient le droit de voter le 31 janvier, pourquoi pas les Libanais ? Sachant que le Liban fut la première démocratie au Moyen-Orient. Un Libanais, qu’il vive à des milliers de kilomètres de sa patrie, n’oubliera jamais le Liban. Voir son pays sombrer dans la répression et ses compatriotes privés de liberté, sans pouvoir agir, représente une torture bien plus importante que toute torture corporelle. S’il vous plaît, aidez-nous à avoir la chance d’œuvrer avec nos compatriotes pour un Liban vraiment libre et démocratique. Le site est le suivant : http://www.petitionforlebanon.com et http://4lebanon.hopto.org Souheil SAMAHA On nous a volé le rêve Je crie mon indignation, ma colère. Je rêvais de mon pays dans mon exil, du retour de mes enfants dans leur terre natale, et voilà que le château de sable s’est écroulé. On nous a volé le rêve, l’espoir. Qui va combler ce vide? Peut-être un million de Libanais criant d’une même voix. Un même slogan (comme en Ukraine) pour un pays libre, souverain, indépendant. J’aurais aimé être dans la rue avec mes compatriotes pour crier ma douleur et ma révolte face à la barbarie des hommes cupides qui sont capables de tels assassinats. On a perdu un symbole. Je prie que son sang n’ait pas été versé en vain. On n’a pas le droit de perdre espoir. On n’a pas le droit, au moins pour nos enfants. Rima NAÏM Montréal Fier, grâce à lui Bonjour, je suis un Libanais vivant en Belgique depuis ma naissance (il y a vingt-cinq ans). Je suis très triste depuis que Rafic Hariri nous a quittés si prématurément. Je vais chaque été au Liban et je vois le pays embellir d’année en année grâce à lui, je suis fier d’être libanais. Il a fait énormément pour ma patrie et ça je ne l’oublierai jamais. Que Dieu ait ton âme ! Repose en paix. Ziad EL-BIZRI Belgique Touchée au plus profond de moi-même Je ne sais quoi dire. Je suis humiliée, touchée au plus profond de moi-même. Et de n’avoir pu, pour des raisons personnelles, revenir sur-le-champ à Beyrouth… Je pleure un grand homme, le plus grand que nous ayons jamais eu. Je présente mes sincères condoléances à Nazek Hariri, à ses fils et à ses filles. Que Dieu nous donne la patience, face à ce terrible drame. Baria el-Merheby EL-KHALIL Comme un membre de la famille Ici à Londres, les Libanais pleurent Hariri comme un vrai membre de la famille. On ne pense plus chrétiens, musulmans, druzes. La seule idée qui nous préoccupe c’est le «huge blast» suivi par tous sur le Net ou à la télévision. En classe, au travail ou chez soi, nous sommes branchés 24 heures sur 24 sur CNN ou sur le site de L’Orient-Le Jour. Est-ce la Syrie qui veut se débarrasser de tout avant de quitter son champ de bataille? Est-ce Assad qui ne supporte plus la pression américaine? Est-ce Bush qui blâme la Syrie comme moyen de déclarer la guerre ? Je crois que nous n’aurons jamais la vraie réponse. Les Libanais londoniens présentent leurs condoléances à la famille du martyr. C’est le Libanais qui nous représente le mieux qui nous a été enlevé. D.R.D. Londres Non, on ne vous oublie pas! Je ne suis pas libanais mais j’ai aimé le Liban dès la première heure où j’en ai foulé le sol. Le malheur qui vous a frappés doit être le ciment d’une vraie réconciliation nationale, le fondement de nouvelles règles de vie et l’embryon d’une vraie démocratie. À défaut d’arborer une écharpe orange comme l’ont fait les Ukrainiens pour retrouver le chemin de la liberté et de la démocratie, amis Libanais, arborez le symbole de votre longévité: le cèdre. Qu’il soit aux yeux du monde entier le symbole de votre volonté de vivre ensemble, unis et libres. Jean-Paul GELU Lingolsheim – France De tout cœur avec les Libanais Français ami du Liban, depuis que Casque bleu de la Finul en 1981-1982, j’ai découvert votre magnifique pays dans les circonstances terribles de la guerre. Je suis tombé amoureux de votre pays et du peuple libanais. Depuis, tout ce qui vous touche me touche. Votre journal m’informe au quotidien de la vie au Liban. Aujourd’hui, comme tous les Libanais, je suis scandalisé et bouleversé par l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, qui vient s’ajouter à cette trop longue liste de dirigeants libanais liquidés depuis 30 ans. Lors des funérailles, vous avez montré votre union dans ce malheur, il faut continuer dans cette voie et prouver qu’il n’est pas mort pour rien. Chers Libanais, je suis de tout cœur avec vous. Michel ROCA Achern – Allemagne Dieu est Amour J’aimerais exprimer mes condoléances pour l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Malheureusement, les actes de violence reprennent au Liban. Les politiciens recommencent à s’accuser les uns les autres. Je veux juste rappeler que le Christ nous recommande de nous aimer les uns les autres. Dieu est Amour. Je suis sûr et certain que les Libanais sont intelligents et vont surmonter leurs difficultés. Gary AVEDIA Canada La main du malheur Il y a beaucoup de gens qui meurent Frappés par la main du malheur Et dans les vallées, résonne l’écho des pleurs, des gens qui ne connaîtront plus jamais le bonheur Le printemps approche et pourtant la vie, toujours si active, maintenant languit Les drapeaux embrassent les tombes, qui emportent avec elles l’espoir d'un monde Et le rossignol qui chantait soudain s’arrête Et le murmure de la vie s’éteint dans la tête La lumière, plus jamais... seulement de l’ombre Ah! Combien notre futur me semble sombre! Adieu toutes les jolies couleurs, toutes les balades Si ce n’est qu’un au revoir, on se retrouvera Dans l’espace d’un moment, on a tous grandi Il faut assumer les responsabilités de nos vies. Un assassinat, un coup du malheur, nous a tous émus dans nos cœurs... Mais la question hélas persiste Qui va remplacer notre Premier ministre? La recherche au trésor n’est pas sûre. Qui sera notre nouvel Arthur? Bouchra Georges Tawk Libanaise de Bécharré, 16 ans Exchange student aux États-Unis, Maine Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
N’écoutons plus nos politiciens

Ce meurtre avec préméditation de Rafic Hariri a comme objectif principal et unique l’assassinat de ce que cet homme avait accompli et continuait à accomplir. Ce n’était pas seulement la reconstruction de notre capitale, mais la reconstruction de l’entente et de la fraternité des Libanais. Ce personnage, avec toute la fortune qu’il possédait, avait consacré toute sa vie à une seule mission: reconstruire le Liban après une terrible guerre civile. Il représentait ce que Gibran Khalil Gibran avait écrit: «Voyez ce que vous pouvez faire pour votre pays et non pas ce que votre pays peut faire pour vous.»
Aujourd’hui, j’aimerais dire à tous mes compatriotes que la seule chose qui compte désormais n’est pas la Syrie et la 1559, Israël et la 425 ou les Palestiniens et leur...