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Société Un chirurgien espagnol au secours des enfants kényans mutilés sexuellement

Au Kenya, on leur avait coupé le pénis pour en faire une potion censée guérir du sida. Par la magie du bistouri, Oscar Kituy, 15 ans, et Philippe Barasa, 11 ans, ont retrouvé un nouveau sexe en Espagne. Après une minutieuse et complexe opération de «reconstruction», réalisée fin janvier dans un hôpital de Valence (Est) par le chirurgien espagnol Pedro Cavadas, les deux jeunes Kényans se sont réveillés avec un pénis tout neuf. «Ils urinent normalement, vont récupérer leur sensibilité érogène et pourront avoir des rapports sexuels», assure ce chirurgien, responsable d’une fondation humanitaire qui pratique des interventions bénévoles au Kenya. Un autre enfant kényan de cinq ans pareillement mutilé sera emmené en Espagne en décembre prochain pour y subir la même opération. En novembre et décembre 2004, Pedro Cavadas effectue sa tournée humanitaire annuelle dans ce pays d’Afrique orientale. À Nakuri (Ouest), près de l’Ouganda, il opère 53 Kényans souffrant de séquelles de brûlures et de traumatismes. C’est là qu’il entend parler de trois garçons vierges dont les pénis ont été coupés par des adultes, pour les incorporer à une potion censée guérir du sida, en vertu d’une croyance répandue dans cette région très déshéritée. Le taux de prévalence du sida peut atteindre jusqu’à 30% dans certaines zones de l’ouest du Kenya, autour du lac Victoria. En plus du pénis, Oscar a eu les testicules, une oreille et le nerf radial tranchés. L’opération est trop complexe pour être réalisée sur place. À la fin du mois de janvier dernier, Oscar et Philippe sont emmenés en Espagne. «Nous leur avons reconstruit une structure très semblable à un pénis, avec des tissus prélevés sur leurs avant-bras, de la peau et un fragment d’os», a expliqué le chirurgien espagnol à l’AFP. L’opération, effectuée «en une seule fois», a duré «entre huit et neuf heures». «Cela fait deux semaines que nous les avons opérés et ils mènent déjà une vie presque normale. Ils n’ont plus besoin de sonde» pour uriner, souligne le docteur Cavadas. Le chirurgien a également «reconstruit» les testicules, l’oreille et le nerf radial d’Oscar, qui restera néanmoins stérile et aura besoin d’un traitement hormonal à vie. D’après le Dr Cavadas, les deux jeunes Africains ne sont pas traumatisés: «Ils sont surprenants. Ils sont très conscients de ce qui leur est arrivé et en parlent sans aucun problème. Maintenant, ils ont envie de rentrer chez eux.» «J’aime l’Afrique. C’est un continent qui m’a toujours plu», confie le médecin, qui prévoit également de voyager en mars en Bolivie pour opérer des enfants de malformations de la main. Pedro Cavadas ignore si le cas d’Oscar et Philippe est répandu au Kenya ou dans d’autres pays africains. «Il est possible que lorsqu’on aura parlé là-bas de nos opérations, d’autres cas nous soient signalés», estime-t-il. D’autres mutilations sexuelles, comme l’excision ou l’infibulation des jeunes filles, sont encore répandues dans de nombreuses régions d’Afrique. Le sida demeure aussi source de nombreuses croyances sur ce continent. L’une d’elles pousse certains hommes infectés à avoir des rapports sexuels, au besoin forcés, avec des jeunes filles vierges dans l’espoir de guérir.

Au Kenya, on leur avait coupé le pénis pour en faire une potion censée guérir du sida. Par la magie du bistouri, Oscar Kituy, 15 ans, et Philippe Barasa, 11 ans, ont retrouvé un nouveau sexe en Espagne.
Après une minutieuse et complexe opération de «reconstruction», réalisée fin janvier dans un hôpital de Valence (Est) par le chirurgien espagnol Pedro Cavadas, les deux jeunes Kényans se sont réveillés avec un pénis tout neuf.
«Ils urinent normalement, vont récupérer leur sensibilité érogène et pourront avoir des rapports sexuels», assure ce chirurgien, responsable d’une fondation humanitaire qui pratique des interventions bénévoles au Kenya.
Un autre enfant kényan de cinq ans pareillement mutilé sera emmené en Espagne en décembre prochain pour y subir la même opération.
En novembre et décembre...