Une salle pleine et deux heures de musique. Pas souvent bonne ou convaincante ! Sur scène, le Chœur de l’AUB, la chorale Society et l’Orchestre symphonique national libanais, tous placés sous la houlette de Paul Meers qui a entrepris un long mot d’introduction sur la soirée pourtant explicite et largement commentée dans le programme distribué au public à l’entrée.
En première partie, place d’honneur aux compositeurs libanais, taillant presque tous dans les audaces modernes. Ouverture a cappella avec les chœurs sur un texte poétique (Je suis la rose) de Gertrude Stein, d’après une inspiration musicale de Paul Meers. Du même compositeur, la Suite Mmonk groupant un Solfège de Kurt Weil, un hommage à John Coltrane, pour terminer avec un isorythme à l’hommage de Guillaume de Machaut. Stridence et dissonance avec Joëlle Khoury sur un texte d’amour et de paix de James Joyce. Tendres souvenirs d’amitié avec une œuvre de Pierre Azoury chantée en un solo soprane peu maîtrisé par Reem Deeb. La Messe solennelle de Naji Hakim avec Ramzi Saba à l’orgue avait de beaux moments vocaux, notamment dans l’Agnus Dei. Clôture de la première partie en paisible harmonie avec Wad Diyaa (un texte signé Élias Abou-Saba) et dont la mélodie douce et suave est due à Paul Meers.
Entracte de dix minutes et place à l’Orchestre symphonique national libanais qui investit la scène avec, en premier violon, Patrick Cohen-Akenine, Freddy Eichelberger aux commandes des claviers de l’orgue et les solistes vocaux Reem Deeb, Nayla el-Hage, Rani Ayouth, Seth Wilson et Pierre Houssney. Hommage à Marc-Antoine Charpentier (trois siècles nous séparent déjà de celui qui illustra avec éclat la musique du règne du Roi-Soleil tout en étant éclipsé par Lully qui eut toutes les faveurs de la cour et du grand monarque) avec un Beatus vir et un Te Deum d’une beauté vocale et orchestrale inégale. Expression d’une spiritualité éthérée, ces deux œuvres témoignent aussi de quelques influences étrangères, notamment italienne. Toute la grandeur du baroque est omniprésente dans ce Te Deum vibrant d’émotion et même empreint d’une certaine gaieté, surtout dans les tons claironnants des cuivres. Un grand moment de beauté avec cette œuvre du plus prestigieux compositeur français du XVIIe siècle, surnommé par ses contemporains le Phénix de France.
Avec les dernières mesures qui ont jeté la lumière du Grand siècle sur les vitraux des rosaces, applaudissements nourris d’un public composé d’amis, de collègues et de mélomanes, tous religieusement recueillis.
E.D.
Une salle pleine et deux heures de musique. Pas souvent bonne ou convaincante ! Sur scène, le Chœur de l’AUB, la chorale Society et l’Orchestre symphonique national libanais, tous placés sous la houlette de Paul Meers qui a entrepris un long mot d’introduction sur la soirée pourtant explicite et largement commentée dans le programme distribué au public à l’entrée.
En première partie, place d’honneur aux compositeurs libanais, taillant presque tous dans les audaces modernes. Ouverture a cappella avec les chœurs sur un texte poétique (Je suis la rose) de Gertrude Stein, d’après une inspiration musicale de Paul Meers. Du même compositeur, la Suite Mmonk groupant un Solfège de Kurt Weil, un hommage à John Coltrane, pour terminer avec un isorythme à l’hommage de Guillaume de Machaut. Stridence et dissonance avec...
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