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Actualités - Interview

Johnny Arida : « La Fédération libanaise manque cruellement de moyens »

À l’issue des excellents résultats enregistrés par le jeune skieur libanais Sylvio Chiha à Doha, L’Orient-le-Jour s’est entretenu avec Johnny Arida, secrétaire général du comité libanais de gestion des activités de ski nautique et ex-champion de la discipline. Au menu de la rencontre, un tour d’horizon des projets de la fédération ainsi que des problèmes qu’elle affronte. L’Orient-le-Jour : Quelles sont vos impressions quant aux résultats acquis par Sylvio Chiha à Doha ? Johnny Arida : « Tout d’abord, je voudrais féliciter chaleureusement Sylvio pour les résultats qu’il a obtenus à Doha. C’est un jeune skieur plein de talent et dont l’avenir est très prometteur. Je tiens également à tirer mon chapeau devant ses parents qui le motivent et le poussent à donner de son mieux. Vous savez, il n’est pas évident de nos jours de former un champion, surtout lorsque les moyens manquent cruellement. » O-J : Qu’insinuez-vous par manque de moyens ? J.A : « Premièrement, nous parlons de moyens financiers. Le budget alloué à notre fédération par le ministère de la Jeunesse et des Sports est minime. On doit acheter des bateaux ainsi que le matériel pour pouvoir pratiquer ce sport. Mais tout ceci n’est pas important comparé au problème majeur que nous affrontons : nous n’avons pas accès à un plan d’eau. » O-J : Les skieurs libanais n’ont donc pas un espace pour s’entraîner ? J.A : « Exactement… C’est comme si vous demandiez à un joueur de tennis de s’entraîner contre un mur, ou à un golfeur de pratiquer dans son jardin. Dans le temps, il existait un plan d’eau à Tripoli, mais malheureusement, il a été remblayé par la municipalité afin d’agrandir le port. » O-J : Comment pourriez-vous vous procurer un plan d’eau alors ? J.A : « Il y a une étude de projet du côté de la marina de Solidere afin de construire un stade nautique, où, nous l’espérons, sera inclus un plan d’eau qui pourra éventuellement accueillir des compétitions internationales de slalom et de saut à ski. Mais si ce projet verra le jour, ça ne sera pas avant quelques années. Sinon, le port de Tripoli compte prochainement construire de nouvelles jetées. Si possible, un plan d’eau pourra être aménagé. Enfin, il existe dans la région de Okeibeh un bassin naturel d’eau douce qui possède les caractéristiques et les critères d’un plan d’eau pour les compétitions internationales. Ce lopin appartient à l’État et nous avons besoin d’un décret présidentiel afin de pouvoir l’utiliser pour des raisons sportives. J’espère que les autorités concernées comprendront notre cas et nous faciliteront la tâche. » O-J : Imaginons que vous réussissez à vous procurer un décret présidentiel, que feriez-vous de cet endroit ? J.A : « Une merveille. D’abord, nos jeunes champions, tels que Sylvio Chiha et d’autres, pourront s’entraîner régulièrement. Ensuite, nous accueillerons tous les skieurs arabes et européens pour leurs entraînements. Car dans les pays du Golfe, il est quasi impossible de pratiquer le ski nautique en été, lorsqu’il fait 50 degrés. En France ou en Angleterre, la saison se termine en septembre car après il fait très froid. Tandis que chez nous, on peut pratiquer le ski nautique neuf mois l’année. Nous avons reçu des lettres des fédérations française et émiratie afin d’envoyer leurs skieurs chez nous pour s’entraîner et nous entraîner en même temps. Nous avons malheureusement décliné leurs offres faute de plan d’eau… Si nous avons ce plan d’eau, nous pourrions également organiser des étapes de la Coupe du monde au Liban. Le président de la Fédération internationale de ski nous a même proposé d’accueillir les congrés internationaux de ski nautique à Beyrouth. Tout comme la Fédération arabe, qui est prête à nous aider financièrement afin de faire évoluer ce sport. Cheikh Hassan Ben Jaber al-Thani, président de la Fédération qatarie des sports nautiques et organisateur du championnat à Doha (et qui occupe la présidence de la Fédération arabe, NDLR) nous soutient à fond dans nos projets. » O-J : Qu’est ce qui vous manque alors ? J.A : « Le soutien de notre gouvernement, malheureusement. Et c’est dommage, surtout lorsque l’on assiste à la naissance de vrais champions, à l’image de Sylvio. J’aimerais juste vous signaler que c’est la première fois au Liban, toutes disciplines confondues, que nous avons un sportif qui occupe les premières places mondiales de sa catégorie... » En effet, c’est vraiment dommage... N.M

À l’issue des excellents résultats enregistrés par le jeune skieur libanais Sylvio Chiha à Doha, L’Orient-le-Jour s’est entretenu avec Johnny Arida, secrétaire général du comité libanais de gestion des activités de ski nautique et ex-champion de la discipline. Au menu de la rencontre, un tour d’horizon des projets de la fédération ainsi que des problèmes qu’elle affronte.

L’Orient-le-Jour : Quelles sont vos impressions quant aux résultats acquis par Sylvio Chiha à Doha ?
Johnny Arida : « Tout d’abord, je voudrais féliciter chaleureusement Sylvio pour les résultats qu’il a obtenus à Doha. C’est un jeune skieur plein de talent et dont l’avenir est très prometteur. Je tiens également à tirer mon chapeau devant ses parents qui le motivent et le poussent à donner de son mieux. Vous savez, il...