Le caractère inédit du moratoire accordé mercredi par le Club de Paris aux pays victimes des tsunamis soulève de nombreuses questions, tant en matière d’efficacité dans de telles circonstances que d’équité vis-à-vis du reste du monde en développement.
Expliquant la décision de « ne pas exiger de paiements de la part des pays qui le demanderaient » jusqu’à évaluation complète des besoins de financement et de reconstruction par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale – ce qui prendra sans doute plusieurs mois –, ce puissant groupe de pays créanciers a pris bien soin d’en souligner le caractère « exceptionnel ». Cette mesure « permettra aux pays touchés d’affecter toutes les ressources disponibles aux besoins humanitaires et à la reconstruction », a expliqué le président du Club, Jean-Pierre Jouyet.
Mais la suspension de paiement proposée n’induit pas nécessairement que les intérêts sur la dette cessent de courir pendant la durée du moratoire : cet élément est laissé à l’appréciation de chaque pays créancier en fonction de sa législation. La France a pour sa part indiqué qu’elle y renoncerait sur cette période.
L’encours des neuf principaux pays touchés par la catastrophe (Inde, Indonésie, Malaisie, Maldives, Birmanie, Somalie, Seychelles, Sri Lanka et Thaïlande) auprès du Club de Paris atteint 91 milliards de dollars.
Pourtant seuls trois d’entre eux (Indonésie, Sri Lanka, Seychelles) ont manifesté a priori un intérêt pour ce moratoire. Ils doivent dire officiellement au cours des prochains jours s’ils l’acceptent. Hier, l’Indonésie a laissé planer le doute, indiquant qu’elle allait « continuer à discuter sur (ses) effets ».
Au final, et malgré ces conditions aménagées, certains pays, Thaïlande et Malaisie, ont estimé qu’il était plus dans leur intérêt de refuser la proposition, jugeant trop élevé le risque de s’aliéner les faveurs des marchés internationaux de capitaux et des investisseurs étrangers.
Pour les ONG, la décision de mercredi ne fait qu’illustrer une nouvelle fois l’« opportunisme » des pays riches en matière de développement, et notamment de dette. « La dette ne peut pas être une variable d’ajustement des pays créanciers pour satisfaire leur opinion publique attendrie », dénonce Jean Merckaert, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) hier dans le journal Libération. « La malnutrition et le manque de soins (...) provoquent chaque semaine autant de victimes que les tsunamis », rappelle-t-il.
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Expliquant la décision de « ne pas exiger de paiements de la part des pays qui le demanderaient » jusqu’à évaluation complète des besoins de financement et de reconstruction par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale – ce qui prendra sans doute plusieurs mois –, ce puissant groupe de pays créanciers a pris bien soin d’en souligner le caractère « exceptionnel ». Cette mesure « permettra aux pays touchés d’affecter toutes les ressources disponibles aux besoins humanitaires et à la reconstruction », a expliqué le président du...