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Actualités - Opinion

Vice-Chareh ou vice-roi ?

Ce bon Bachar el-Assad, qui a visiblement autant de bras droits que Vishnou, vient d’en sortir un tout dernier de son veston : Walid al-Mouallem. Appelé familièrement « Will », à l’époque où il exerçait ses talents à Washington, ce diplomate de carrière a été sorti du placard, rapidement dépoussiéré et remis en service pour raccrocher les wagons avec la valetaille maison. En guise de mise en bouche, Will entreprend d’abord de tirer de ses pantoufles ce brave Nasri Khoury, qui ronronnait doucettement à la tête du Conseil supérieur libano-syrien. Un boulot de titan, aussitôt suivi d’une gâterie historique : la Syrie ne se mêlera « même pas » de la future loi électorale, annonce-t-il devant les journalistes recueillis. Tout est dans le « même pas ». Debout les manants ! Monsieur le vice-Chareh est trop bon… A priori, remettre au turbin un vétéran des négociations syro- israéliennes pour l’envoyer se frotter à la domesticité locale pourrait augurer d’un ersatz de considération de Damas à l’égard de ses poulains, qu’il lui suffisait généralement de siffler pour les envoyer coucouche panier. L’homme a des manières et babille quelques langues étrangères, ce qui nous changera un peu des habituels pendentifs, Abdel-Halim Khaddam et Rustom Ghazalé, deux purs produits de la nurserie Assad. Les relations avec les frérots placées sur de nouveaux rails, ne reste plus qu’à régler le sort de la 1559. Nageant dans le jus de crâne avec 50 ans de retard, le Premier ministre multiplie les omarinades en reprenant dans une parfaite langue de bois débitée à la scie le vieux disque rayé de la « communauté de destin ». On ne change pas un slogan qui gagne : « C’est un diktat israélien, on ne s’y pliera jamais. » Et puis couche de pommade en direction du suzerain : « On ne poignardera pas la Syrie dans le dos. » Applaudissements et Koullouna ! À défaut de manger du poulet, le Libanais d’en bas se consolera avec de la chair de poule... Reste l’argument massue : la sécurité. Si les frères siamois de Beyrouth et Damas sautent, ce sera le chaos. On sait ce qu’on laisse, mais on ne sait pas ce qu’on trouve, dit l’adage. Tu parles ! C’est précisément parce qu’on sait ce qu’on laisse... que justement on le laisse. Gaby NASR
Ce bon Bachar el-Assad, qui a visiblement autant de bras droits que Vishnou, vient d’en sortir un tout dernier de son veston : Walid al-Mouallem. Appelé familièrement « Will », à l’époque où il exerçait ses talents à Washington, ce diplomate de carrière a été sorti du placard, rapidement dépoussiéré et remis en
service pour raccrocher les wagons avec la valetaille maison.
En guise de mise en bouche, Will entreprend d’abord de tirer de ses pantoufles ce brave Nasri Khoury, qui ronronnait
doucettement à la tête du Conseil supérieur libano-syrien. Un boulot de titan, aussitôt suivi d’une gâterie historique : la Syrie ne se mêlera « même pas » de la future loi électorale,
annonce-t-il devant les journalistes recueillis. Tout est dans le « même pas ». Debout les manants ! Monsieur le vice-Chareh est...