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Actualités

CINÉMA Fin d’année 2004 à Paris (photo)

Vent froid sur les Champs-Élysées, affluence dans les salles obscures. Même s’il faut faire une queue – réduite, il est vrai – pour voir le nouveau Bergman. « Saraband », surtout vu en ces temps de festivités, est un des films les plus austères (mais d’une austérité fascinante), les plus impitoyables (et les plus beaux) qu’on ait vus depuis longtemps. Tous les thèmes familiers de l’œuvre du maître suédois sont présents : comme une suite aux « Scènes de la vie conjugale », filmées en 1973. Trente et un ans plus tard, Liv Ullmann et Erland Josephson se retrouvent devant la caméra d’Ingmar Bergman (86 ans !). L’odyssée d’un couple. Quel film ! Tant d’années après, Liv se décode à travers Erland/Ingmar : appelons-les ainsi, puisque l’actrice et le cinéaste, tous deux éprouvés par la vie, souvent séparés puis réunis, à nouveau éloignés, ont partagé de nombreuses et fortes expériences. Leur rencontre va être bouleversante. Très vite, toute préoccupation de mise en scène, de technique, va s’effacer devant cette évidence implacable : l’art de filmer les visages, chez Bergman, est incomparable (un de ses films portait ce titre, Le visage – 1958). Tout s’efface devant ce qui n’est pas vérité intérieure des êtres, comme si la caméra « tournait » au scalpel. Pendant que les mots parlent des autres, des enfants, de l’argent, des ambitions trahies, des complexités de la vie, de l’approche de la mort, Liv Ullmann et Erland Josephson ne jouent pas. Ils sont. Et le film déroule ses « scènes », porté par les accords de la musique de Bach, idéale en la circonstance, sarabande en finale. C’est tout, mais que pourrait-on exiger de plus ? Parmi les films que va voir le public : Alexander, d’Oliver Stone (accueilli avec réserve) – Ocean’s 12, de Steven Soderbergh (idem) – Les temps qui changent, d’André Téchiné (Deneuve, avec Depardieu) – Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet, étant toujours à l’affiche... – et ceux qu’il attend : en priorité, The Aviator, de Martin Scorsese, ainsi que le film sur Bukowski par John Dullaghan, le nouveau film de Mike Leigh, et L’ex-femme de ma vie, de Josiane Balasko. Pendant ce temps, le film libanais de Danielle Arbid, Dans les champs de bataille, est enfin sur les écrans français. La réaction critique est plus que positive : tout à fait favorable. Florence Colombani écrit dans Le Monde : « Un film de murmures et de brûlements (...) dont l’héroïne, à 12 ans, découvre la vie... une vie dont Line ressent l’intensité délicieuse lorsque surgit la menace de la mort. » Quant à Danielle Arbid, elle dit avoir voulu le cinéma comme «un défi à la violence du monde». Un défi relevé avec un talent singulier. J.-P. GOUX-PELLETAN
Vent froid sur les Champs-Élysées, affluence dans les salles obscures. Même s’il faut faire une queue – réduite, il est vrai – pour voir le nouveau Bergman. « Saraband », surtout vu en ces temps de festivités, est un des films les plus austères (mais d’une austérité fascinante), les plus impitoyables (et les plus beaux) qu’on ait vus depuis longtemps. Tous les thèmes familiers de l’œuvre du maître suédois sont présents : comme une suite aux « Scènes de la vie conjugale », filmées en 1973. Trente et un ans plus tard, Liv Ullmann et Erland Josephson se retrouvent devant la caméra d’Ingmar Bergman (86 ans !). L’odyssée d’un couple. Quel film !
Tant d’années après, Liv se décode à travers Erland/Ingmar : appelons-les ainsi, puisque l’actrice et le cinéaste, tous deux éprouvés par la vie,...