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Actualités - Opinion

Santé publique : un secteur qui se porte mal

Résurgence du dossier chronique des médicaments, retour à la case départ dans le contentieux opposant les hôpitaux privés aux tiers payants publics, une crise prête à éclater entre le corps soignant et les assurances privées... Mis à part les négociations, jusque-là positives, pour résoudre le problème opposant le corps soignant aux tiers payants publics et les initiatives du ministre Mohammed Khalifé pour introduire certaines réformes au secteur, on peut dire que la santé publique, en cette fin d’année 2004, se porte mal au Liban. L’année qui vient de s’écouler a été difficile à plus d’un niveau. Sur le plan des médicaments, le citoyen continue à payer le prix fort, la facture se chiffrant à plus de 100 millions de dollars, sans que l’État n’entreprenne une action quelconque pour activer le Bureau national des médicaments. Créé en 1983 et doté d’une indépendance financière et administrative, ce bureau, rappelons-le, a pour mission d’importer, d’acheter, de vendre et de classifier les médicaments. Si cet organisme arrive à fonctionner comme il se doit, « la facture des médicaments sera considérablement réduite, d’autant plus qu’il constitue une menace sérieuse aux sociétés pharmaceutiques multinationales qui monopolisent le marché », comme l’a souligné l’ancien député Ismaïl Soukkarieh à L’Orient-Le Jour. À cela s’ajoutent les problèmes des médicaments de contrebande saisis dans plusieurs pharmacies, de ceux retirés du marché international, le Vioxx à titre d’exemple qui augmente les risques d’accidents cardio-vasculaires, et d’autres (Celebrex, Aleve, Naprosyn, Bextra) qui font l’objet de mises en garde, pour des raisons similaires. Des mises en garde qui mettent en cause, une fois de plus, la fiabilité de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine de réglementation des médicaments, accusée d’être trop liée à l’industrie pharmaceutique, et relancent les questions sur la stratégie de marketing suivie par les multinationales pour promouvoir le médicament au Liban. Sachant que le Dr Khalifé a déjà dénoncé « l’absence de contrôle médical », certains médecins au Liban prescrivant, « pour certaines raisons, des médicaments faisant toujours l’objet d’expériences cliniques ». Sur un autre plan, les arriérés dus par les tiers payants publics, notamment la CNSS, aux hôpitaux privés n’ayant toujours pas été assurés, le syndicat ne compte pas rester les bras croisés. Ce qui nous ramène à décembre 2003, lorsque le syndicat en question a annoncé la rupture avec la CNSS. Une situation qui risque de se répéter les prochains jours, si le problème n’est pas résolu, sachant qu’une telle rupture portera atteinte à plus de 1,3 million de Libanais, notamment des classes moyenne et pauvre, qui bénéficient des services de la CNSS. La crise se répercute de même sur le personnel des hôpitaux qui est réduit de 10 à 20 % dans un grand nombre de ces établissements, quelques-uns d’entre eux ayant des difficultés à payer les salaires de leurs employés. Ce secteur, vieux de plus de cent ans, compte, rappelons-le, quelque 130 hôpitaux, et emploie près de 25 000 personnes. Quant aux relations entre l’Ordre des médecins et les assurances privées, elles ne se présentent pas sous un meilleur jour. Elles risquent de s’aggraver, créant une crise, comme l’a indiqué le président de l’Ordre des médecins, le Dr Mario Aoun, à L’Orient-Le Jour. Seules notes positives dans tout ce secteur : les négociations entre l’Ordre et les tiers payants publics, qui « vont bon train », ainsi que certaines réformes entreprises par le ministre Khalifé pour activer les hôpitaux gouvernementaux. Affaire à suivre... Nada MERHI
Résurgence du dossier chronique des médicaments, retour à la case départ dans le contentieux opposant les hôpitaux privés aux tiers payants publics, une crise prête à éclater entre le corps soignant et les assurances privées... Mis à part les négociations, jusque-là positives, pour résoudre le problème opposant le corps soignant aux tiers payants publics et les initiatives du ministre Mohammed Khalifé pour introduire certaines réformes au secteur, on peut dire que la santé publique, en cette fin d’année 2004, se porte mal au Liban.
L’année qui vient de s’écouler a été difficile à plus d’un niveau. Sur le plan des médicaments, le citoyen continue à payer le prix fort, la facture se chiffrant à plus de 100 millions de dollars, sans que l’État n’entreprenne une action quelconque pour activer le...