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L’Orient-Le Jour Deux titres, un patrimoine

Il était une fois un journal, deux journaux, et qui n’en font plus qu’un depuis … Depuis si longtemps et d’une manière si naturelle que l’évocation de deux titres jadis séparés en étonnerait plus d’un aujourd’hui. Cette jonction qui s’inscrivait dans la logique des choses a fini par se produire. Le premier numéro des deux titres couplés paraît un mardi 15 juin 1971, avec un éditorial qui s’adresse aux lecteurs. « À partir d’“une certaine idée du Liban”, nos options fondamentales étaient forcément les mêmes », y est-il dit. Alors ? Alors, « il nous faut maintenant répondre à l’attente du lecteur, à sa légitime exigence », est-il dit encore. L’ère nouvelle s’ouvre sous des auspices on ne peut plus favorables. Trois années se sont écoulées depuis l’agression israélienne contre l’aéroport de Beyrouth ; avec un semblant de paix retrouvée, la prospérité revient et avec elle l’espoir en un avenir radieux. C’est dans un ciel en apparence serein qu’éclate le coup de tonnerre du 13 avril 1975, qui verra s’abattre l’un après l’autre tous les châteaux de cartes patiemment érigés. Le journal, lui, résiste, malgré tout. Treize mois plus tard, le 16 mai, il subira, avec l’assassinat de son rédacteur en chef Édouard Saab, un coup terrible, professionnel autant que psychologique, suivi en 1982 de l’invasion israélienne, du bombardement des locaux de la rue Hamra et d’une fermeture – message reçu … – de deux petites semaines. Entre-temps, des changements se sont produits à la tête de la direction. Ainsi, Jean Choueri a choisi de vivre sous les cieux français. D’autres membres de l’équipe l’ont imité et Marwan Hamadé a cédé à la tentation de se lancer dans la politique active. La relève est là, menée par Amine Abou Khaled à la direction du journal, tandis que Issa Goraieb assume pour sa part la rédaction en chef et Camille Menassa la responsabilité de l’administration. Tous trois, épaulés par toute l’équipe, porteront à bout de bras le journal. C’est que les temps sont durs. Après quelques soubresauts puis le terrible intermède des deux guerres – celle de la libération, celle de la « suppression » –, le chapitre des douloureux événements que vit le pays depuis quinze ans est clos mais le spectre d’une autre crise, économique celle-là, se fait menaçant. Sous la direction de ses deux premiers PDG, Ghassan Tueni et le regretté Pierre Eddé, puis de Michel Eddé, fidèle au poste depuis 1990, L’Orient-Le Jour fait face à toutes les difficultés, fidèle à sa mission. Et c’est ainsi qu’en cette fin d’année 2004, sous l’égide de Nagib Aoun, qui a succédé, en qualité de rédacteur en chef, à Issa Goraieb, éditorialiste, nous célébrons avec vous, lecteurs, trois anniversaires : les 80 ans de l’«ancêtre», les 70 ans du cadet et les 39 ans du benjamin. Aussi jeune que l’ont voulu les pères fondateurs et que continuent à le rêver, en le faisant, leurs héritiers.
Il était une fois un journal, deux journaux, et qui n’en font plus qu’un depuis … Depuis si longtemps et d’une manière si naturelle que l’évocation de deux titres jadis séparés en étonnerait plus d’un aujourd’hui. Cette jonction qui s’inscrivait dans la logique des choses a fini par se produire. Le premier numéro des deux titres couplés paraît un mardi 15 juin 1971, avec un éditorial qui s’adresse aux lecteurs. « À partir d’“une certaine idée du Liban”, nos options fondamentales étaient forcément les mêmes », y est-il dit. Alors ? Alors, « il nous faut maintenant répondre à l’attente du lecteur, à sa légitime exigence », est-il dit encore. L’ère nouvelle s’ouvre sous des auspices on ne peut plus favorables. Trois années se sont écoulées depuis l’agression israélienne contre...