Bien sûr vous sortirez « la » robe, ce soir-là. Bien sûr les paillettes, les broderies, le noir, le bleu de nuit, le doré, l’argenté et le rouge pour les plus extraverties, qu’importe la couleur, pourvu que ça brille. Vous sortirez votre robe, même si rien ne vous oblige à sortir avec ! Il suffira de la mettre pour que le soir se transforme en grand soir, même pour une dînette chez soi en tête-à-tête avec plateau télé.
Et si la robe longue est le grand classique des réveillons, elle n’est pas obligatoire. Le conte de Cendrillon est l’illustration la plus fidèle de cette soirée unique où les frusques du quotidien se transforment en robe de princesse, et où, une fois lâchée la main du prince charmant, le quotidien reprend ses droits et le vêtement redevient ordinaire.
Le chemin du retour est si poussif qu’on se sent réellement transportée à bord d’une citrouille. Pour la magie, nul besoin de grands frais. Il suffira d’accessoiriser une jolie petite robe à coup de plumes et de trucs qui scintillent. Tous les bijoux – il n’en existe pas de « faux », dès lors qu’ils ont nécessité créativité et élaboration – sont les bienvenus. Ils apportent leur touche d’émotion et éclairent les ensembles les plus ternes.
Pour faire briller les yeux, Dior a inventé des lentilles avec des paillettes d’or. On peut aussi mettre de l’amour dans son regard, c’est le même effet en plus vrai.
On peut aussi s’offrir pour un soir la « fashion sapin », avec un total look rutilant, et briller de mille feux. Mais attention, à trop éblouir on risque d’aveugler et de passer inaperçue. En cette veille d’année 2005, nous en conviendrons toutes, le mot d’ordre est à la personnalisation, la « customisation », la mise en valeur de sa véritable personnalité loin des codes convenus. On commence par ouvrir ses placards, ensuite on imagine ce que la fée votre marraine aurait fait de la petite robe grise ou noire, et puis on se rend à la case shopping.
Là, on déniche les compléments qui changent la vie, sac, broche, sautoir, boutons, paillettes.
Enfin, si rien ne va et qu’on en a encore le temps et qu’on n’a pas cassé trop tôt sa tirelire, on court trouver la robe qui console, et on tâche de s’y sentir bien.
L’assurance et le plaisir d’être en accord avec son image feront le reste. Sur le coup de minuit, on aura au moins le sentiment d’avoir célébré avec élégance et sans rancune une année révolue, fragment de vie pas toujours tendre, mais quel cadeau !
LA TENDANCE EST À LA DANSE
Des nœuds pas neuneus
Cet hiver, vous l’avez déjà constaté, la mode pique tout au monde de la danse, ses corsets, ses petits nœuds et tout ce qui féminise une silhouette. Gros-grain, satin, dentelle ou velours, usez et abusez de rubans pour souligner votre look avec grâce. Chez Cacharel, la robe a du relief, avec tantôt des volants, tantôt des bourgeons de couleurs vives sur fond noir. La taille est systématiquement marquée par un large ruban noué dont les pans se balancent le long des cuisses. Dice Hayek a créé des vestons très XIXe dont l’allure masculine est adoucie par un satin de justaucorps rose cuisse-de-nymphe, avec un camaïeu plus clair en écharpe. Dans ses robes, les petits nœuds en velours noir courent sur le décolleté et sur la taille avec des effets d’une élégance absolue. Isabel Marant n’a pas hésité, sur sa petite robe à pois en mousseline noire, à souligner la taille d’un ruban champagne assorti au minuscule pointillé. Chez Lanvin, le corset est carrément fait d’un assemblage de rubans sur mousseline transparente. Dior, quant à lui, se sert des rubans en bretelles, les noue dans le dos et laisse les pans faire leur jeu dans le dos, un rien racoleurs. Le nœud est également le thème central de Saint Laurent. L’air de rien, mais revenant deux fois dans l’encolure, il focalise le regard et, malgré les volants et les fourrures des manches et de la jupe, on désignera certainement cette robe par ses petits nœuds.
LA CÈNE DE CHOC
Marithé et François Girbaud, une campagne qui fait scandale
Après la crèche du musée Thussaud représentant les Blair et les Bush en sainte famille, une nouvelle récupération de l’iconographie chrétienne fait scandale.
Pour sa dernière campagne, Tho Van Tran, à qui l’on doit les plus célèbres campagnes de Cacharel et le fameux « Dior J’adore », a repris la Cène de Léonard de Vinci, avec des apôtres femmes. En principe, il s’agit d’une publicité pour les créateurs Marithé et François Girbaud rendus célèbres par leurs lignes de jeans. Marie-Madeleine est représentée par un homme nu, un objet sexuel. Inutile de préciser que l’idée a été fraîchement accueillie en Italie. Le montage est exposé en ce moment sur un panneau de 12m sur 6m dans la rue, à Milan et Florence. Interrogé par Reuters sur cette provocation, Van Tran répond en toute candeur : «On a fait la campagne sur un concept complexe. François et moi trouvons que la vision du monde est très machiste et nous avons pensé au succès du livre Da Vinci Code. Le concept est le suivant: si, il y a 2500 ans, c’étaient les femmes qui avaient eu le pouvoir, le monde ne serait pas dans cette situation actuellement. En fait, selon les écrits que j’ai lus, c’est Marie qui devait porter la parole, qui devait avoir le rôle de la transmission. Ce visuel publicitaire est juste une composition.»
FIFI ABOU DIB
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bien sûr vous sortirez « la » robe, ce soir-là. Bien sûr les paillettes, les broderies, le noir, le bleu de nuit, le doré, l’argenté et le rouge pour les plus extraverties, qu’importe la couleur, pourvu que ça brille. Vous sortirez votre robe, même si rien ne vous oblige à sortir avec ! Il suffira de la mettre pour que le soir se transforme en grand soir, même pour une dînette chez soi en tête-à-tête avec plateau télé.
Et si la robe longue est le grand classique des réveillons, elle n’est pas obligatoire. Le conte de Cendrillon est l’illustration la plus fidèle de cette soirée unique où les frusques du quotidien se transforment en robe de princesse, et où, une fois lâchée la main du prince charmant, le quotidien reprend ses droits et le vêtement redevient ordinaire.
Le chemin du retour est si poussif...