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Actualités - Opinion

Le point Vent d’optimisme

Faudrait-il penser que cette fois, c’est la bonne ? À tout le moins, on pourrait faire semblant de croire au retrait – encore un ... – de la candidature de Marwan Barghouthi, auteur d’une extraordinaire valse-hésitation dans cette lutte pour la présidence palestinienne qui vient de connaître son point d’orgue avec l’annonce par Ahmed Ghanem, directeur de la campagne du plus célèbre prisonnier d’Israël, que celui-ci renonçait à la compétition. C’est que son maintien en course avait déjà commencé à diviser dangereusement les rangs du Fateh et, d’une manière plus générale, une opinion publique dont, au fil des années, il était devenu le héros incontesté. Un sondage effectué il y a quelques jours lui accordait 38 pour cent des intentions de vote, à deux petits points derrière Mahmoud Abbas, les sept autres candidats se partageant le reste des suffrages. Ainsi donc, la voie est ouverte devant Abou Mazen, désormais seul candidat sérieux en lice, vingt-six jours avant une consultation de pure forme, censée donner le départ d’un processus de paix qui s’annonce d’ores et déjà parsemé d’embûches. De fait dimanche, un attentat, le plus meurtrier depuis le décès de Yasser Arafat, secouait le terminal de Rafah, confirmant les inquiétudes de tous ceux qui s’obstinent à croire que la partie est loin d’être gagnée. En mettant le feu à près de 1 500 kilos d’explosifs, le Hamas et les « faucons du Fateh » ont voulu rappeler à tout un chacun que les modérés du mouvement ne sont pas seuls maîtres du jeu et qu’au moment des négociations avec l’État hébreu, il conviendrait demain de compter avec la jeune génération des « durs ». Le mouvement du défunt cheikh Yassine a aussi voulu marquer ses distances en annonçant un boycottage du scrutin du 9 janvier. Motif invoqué : ses demandes concernant des changements structurels au sein de l’Autorité et la fin de l’omnipotence du Fateh ont été rejetées, de même que son appel à de triples élections au niveau de la présidence, bien entendu, mais aussi du Conseil législatif et des autorités locales. Pour l’instant, c’est le clan des septuagénaires qui mène la barque, imprimant à son action un ton résolument tourné vers l’avenir. La radio et la télévision ont reçu l’ordre de renoncer à tous les programmes susceptibles d’inciter à la haine et de glorifier le martyre. En gage de bonne volonté, Ariel Sharon s’était engagé en début de mois à renoncer aux raids de représailles « à moins de provocations ». Depuis, il ne cesse de réaffirmer son intention de démanteler les colonies de peuplement à Gaza et il vient d’ordonner la libération de 200 prisonniers palestiniens, assortie de la promesse d’un train de mesures similaires dans les jours à venir. Il faut dire que discrètement – une fois n’est pas coutume –, Washington est en train de pousser à la roue. Le département d’État maintient un contact de tous les instants avec les représentants des deux camps qu’il aiguillonne pour accélérer les contacts et, éventuellement, aplanir les divergences qui ne peuvent manquer d’apparaître. Parallèlement, Abou Mazen vient de réussir ce qui, en d’autres temps, aurait pu prendre l’allure d’un véritable tour de force : en fin de semaine, il clôturait au Koweït une tournée arabe qui l’avait conduit auparavant en Syrie et au Liban, soit trois pays avec lesquels les Palestiniens étaient en délicatesse. L’émirat, on le sait, n’a jamais pardonné à Abou Ammar son alignement sur l’Irak lors de l’invasion de 1960 ; quant à Damas et Beyrouth, le douloureux souvenir de la période de la guerre comprise entre 1975 et 1982 demeurait trop vif dans les mémoires pour permettre une amorce de normalisation. C’est chose faite maintenant. Est-ce à dire, les preuves de bonne volonté se multipliant ces derniers temps, qu’après celui de la violence, voici venu le temps du dialogue ? Il est vrai qu’à plus d’une reprise par le passé, on a été à deux doigts d’un règlement. Mais aujourd’hui, ce sont les hommes, davantage que les mentalités, qui ont changé. Et avec l’avènement de ces loups soudainement transformés en brebis, c’est un esprit nouveau qui souffle sur le Proche-Orient, singulièrement sur la question de Palestine. La meilleure preuve en est cette bien étrange union en voie de réalisation entre les boutefeux likoudiens et les « pacifistes » de Shimon Pérès. Et ces chiffres, combien éloquents, qui donnent le Premier ministre israélien largement favori pour ses nouvelles options réalistes, face à un Benjamin Netanyahu hier encore le préféré de ses concitoyens et le poulain des Américains. N’est-ce pas qu’il est des signes qui ne sauraient tromper. Christian MERVILLE

Faudrait-il penser que cette fois, c’est la bonne ? À tout le moins, on pourrait faire semblant de croire au retrait – encore un ... – de la candidature de Marwan Barghouthi, auteur d’une extraordinaire valse-hésitation dans cette lutte pour la présidence palestinienne qui vient de connaître son point d’orgue avec l’annonce par Ahmed Ghanem, directeur de la campagne du plus célèbre prisonnier d’Israël, que celui-ci renonçait à la compétition. C’est que son maintien en course avait déjà commencé à diviser dangereusement les rangs du Fateh et, d’une manière plus générale, une opinion publique dont, au fil des années, il était devenu le héros incontesté. Un sondage effectué il y a quelques jours lui accordait 38 pour cent des intentions de vote, à deux petits points derrière Mahmoud Abbas, les...