Ranieri, Di Vaio, Corradi, Fiore, Moretti : la greffe italienne opérée à l’intersaison n’a pas pris à Valence (Espagne), au jeu poussif et au bord de l’élimination avant son dernier match de poule de Ligue des champions de football, ce soir contre le Werder Brême (Allemagne).
Régulièrement sifflé par ses supporteurs, produisant un jeu stérile, Valence, champion d’Espagne en titre et vainqueur de la Coupe de l’UEFA, est à des années-lumière de son football agréable de la saison dernière.
Pour le moment, le club ne fait que survivre, 3e sans convaincre du championnat. La victoire est impérative face au Werder si le club, 3e du groupe G, ne veut pas sortir de la C1 par la petite porte.
À l’heure de chercher les coupables, les index se pointent, classiquement, vers l’entraîneur Claudio Ranieri. Après avoir tenté de reprendre le jeu développé par son prédécesseur Rafael Benitez parti à Liverpool, Ranieri, qui avait mené Valence à une victoire en Coupe d’Espagne en 1999, a changé son fusil d’épaule après un début de saison catastrophique. Le club joue désormais à l’italienne, et malgré quatre victoires de rang ces dernières semaines, Valence ne convainc pas.
« C’est d’autant plus navrant que Ranieri a obtenu des dirigeants ce que Rafael Benitez n’a jamais réussi à obtenir de la direction malgré deux titres et une Coupe de l’UEFA : des recrues », explique un journaliste qui couvre le club.
Alors que le club n’avait recruté qu’un joueur (Oliveira) confirmé à l’intersaison en 2003 pour un investissement presque nul, Valence a délié les cordons de la bourse pour recruter pas moins de quatre joueurs italiens pour une somme de plus de 20 millions d’euros (mais le club n’a pas eu à payer toute la somme, la Lazio étant en dette auprès de Valence après le transfert de Mendieta pour 48 millions d’euros en 2001).
Seul Marco Di Vaio a vraiment répondu aux attentes avec un excellent début de saison (5 buts) et une entente parfaite avec l’Argentin Pablo Aimar.
Emiliano Moretti, le défenseur international espoirs italien, est, lui, régulièrement sur le banc. Son bilan n’est pas entièrement négatif avec un but et une adaptation progressive au football espagnol.
En revanche, les autres recrues ont déçu, à commencer par Stefano Fiore, appelé à devenir une vedette de la Liga mais dont les performances n’ont jamais dépassé le médiocre.
Souvent laissé sur le banc par Ranieri mécontent de son niveau, Fiore a même refusé une fois d’entrer en jeu, en C1 contre l’Inter Milan. Puni, il a fait son retour dans le groupe. « Je me sens bien. Je suis content d’être revenu dans le groupe. J’ai présenté mes excuses à l’entraîneur et aux supporteurs », précise diplomatiquement Fiore, que la presse annonce de retour en Italie lors du mercato.
Même constat pour un autre international italien, Bernardo Corradi. Là aussi, un retour en Italie est annoncé par la presse qui parle d’un transfert au Milan AC. Le joueur, régulièrement sur le banc de touche, reconnaît clairement : « Valence ne joue pas bien mais l’important, c’est de gagner. »
Quant à Claudio Ranieri, déjà secoué par le mauvais jeu de l’équipe, une élimination contre Brême pourrait lui coûter son poste, et fermer l’école italienne de Valence.
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