Rechercher
Rechercher

Actualités

Les lecteurs ont voix au chapitre

Entre le peuple et ses dirigeants En quelques lignes, quelques phrases ou en plusieurs paragraphes, que disent nos lecteurs ? Qu’un fossé sépare la masse de ses dirigeants, qu’on n’a pas le droit de mobiliser des hommes, des femmes pour supplier une force étrangère de ne pas s’en aller, en clair qu’il y a là quelque chose de pourri dans le royaume et qu’il est difficile de l’accepter. Faut-il donc regretter que nos gouvernants n’éprouvent pas l’envie, le besoin de prendre de temps à autre le pouls de la nation et pour ce faire de se déguiser, ainsi que le faisaient naguère – dit-on - les princes des croyants pour mieux se mettre à l’écoute des foules ? Sans doute n’y a-t-il pas que les manifestations des uns et des autres – des « autres » surtout … – et le Libanais moyen s’intéresse de très près à ce qui fait son menu quotidien : c’est quoi être « cool » de nos jours ? qu’a-t-on fait de la loi vieille de neuf ans seulement qui régit l’affichage des panneaux publicitaires sur les routes ? mais que devient donc notre jeunesse, à tout le moins une certaine jeunesse ? Et dans toutes ces festivités qui marquaient l’anniversaire de la fête de l’indépendance, a-t-on songé à réinstaller en place la statue de l’un des pères de 1943, le président Béchara el-Khoury ? Quand notre lecteur donne tous les jours la preuve qu’il a la tête sur les épaules, où donc se trouvent celles des responsables ? Affiches publicitaires et environnement Il y a bientôt neuf ans, très exactement le 20 mars 1996, le Conseil des ministres approuvait une proposition de réglementation des panneaux publicitaires. Qu’est-il advenu de ce texte ? Dans son article 1, la loi stipule que « l’affichage publicitaire devra respecter (…) l’environnement, les paysages naturels et les bâtiments classés historiques ». Regardons un peu autour de nous pour vérifier à quel point cette stipulation est respectée. L’article 2 quant à lui prévoit que « l’affichage est autorisé sur les autoroutes et les routes internationales, avec un recul de 5 mètres ». Là aussi, les automobilistes sont servis, surtout ceux qui empruntent le tronçon Beyrouth-Jounieh. Et que dire de cet article 5 qui interdit « les affiches et panneaux publicitaires de tout type sur les poteaux d’éclairage, d’électricité et de téléphone, ainsi que sur les arbres ; sur les camions, les voitures et motos, ainsi que sur les véhicules de transport »? Et j’en passe, car ce serait trop long. Et puis, à quoi cela sert-il ?… Fouad A. SALHA Désolante jeunesse Tout comme Mme Salibi qui se lamentait devant le non-respect des lois, surtout par nos dirigeants (voir L’Orient-Le Jour du 30 novembre 2004), je voudrais à mon tour dénoncer certains jeunes de 15-16 ans qui ne pensent que sorties, fringues et chanteurs imbuvables qu’ils écoutent à longueur de journée ou bien qu’ils regardent. Ces jeunes ne voient pas les autres ; c’est à peine s’ils saluent les autres «vivants» quand il leur arrive de les voir. De plus, ce qui n’arrange rien, iIs sont bourrés de préjugés. Mais qui donc a élevé ces adolescents, dont certains deviendront – il faut le craindre – des «responsables»? N’est-ce pas des personnes éminemment respectables, soucieuses de respecter la loi, tout comme Mme Salibi? Marie Nour HÉCHAIMÉ Et la statue de cheikh Béchara? À l’occasion de la 61e fête de l’Indépendance, nos responsables ont eu à fleurir les monuments, tombes et statues des héros de notre histoire contemporaine. Quinze ans après la fin de la guerre, seuls le monument aux Martyrs et la statue de Riad el-Solh ont été restaurés, la première par les étudiants de l’Usek, la seconde aux frais de son petit-fils, l’émir al-Walid ben Talal. Je ne cite pas les personnages de moindre importance dont les statues ont été érigées un peu partout sur les places publiques aux frais des municipalités ou des habitants. Ce qui est décevant, c’est que la statue du premier président du Liban indépendant, cheikh Béchara el-Khoury, disparue durant la guerre, est toujours absente. Le responsable? Ce n’est certainement pas Solidere. Est-ce la municipalité de Beyrouth? Ou bien le ministère des Travaux publics? Est-ce le CDR? Ou tout simplement la famille de cheikh Béchara? Et cheikh Michel, pourquoi ne réagit-il pas? Chaque fois que je passe devant l’emplacement de la statue, je regarde instinctivement dans la direction de l’emplacement où elle aurait dû être... Michel BARDAWIL L’entrée nord de Beyrouth Depuis un certain temps, le problème des entrées est et sud de la capitale a été résolu. Nous en remercions les responsables, mais nous attirons leur attention sur le fait que l’entrée nord, qui accueille quelque 200000 voitures par jour d’après certaines études, souffre toujours d’une congestion à toute heure de la journée. Aller au bureau le matin et rentrer chez soi le soir devient un calvaire quotidien. En faisant un simple calcul de la perte de temps, d’énergie, de carburant et surtout de nerfs, et en multipliant tout cela par le nombre d’utilisateurs, tout décideur qui a du bon sens doit nécessairement aboutir au résultat suivant: quel que soit le coût de la solution pour décongestionner ce secteur, il serait certainement inférieur aux pertes precitées, ce qui implique qu’une solution doit être trouvée et appliquée au plus tôt. Reste la question principale: le temps, le bien-être ou encore les nerfs des citoyens représentent-ils un quelconque coût aux yeux de nos gouvernants? Allons, on a bien le droit de rêver! Raja RASSI Joyeux Noël, Monsieur Pivot Il nous arrive quelque temps avant le père Noël, avec, dans sa hotte, une dictée saupoudrée de fiel. Mais qu’avons-nous fait au ciel, nous, pauvres concurrents du pays de l’encens et du miel ? Bienvenue chez nous, M. Pivot. Grâce à vous, nous redécouvrons le zéro. Longtemps après avoir déserté les bancs de l’école, nous revoilà confrontés à des mots bizarroïdes qui caracolent sous nos yeux ébaudis et nos plumes folles. Rendez- vous donc avec l’orthographe où avoisineront amaryllis et bathyscaphes, et où, entrelacées, nos bévues et nos gaffes joueront du coude pour nous faire perdre la face. Mais trêve d’ironie et de sarcasmes, votre dictée est un vrai moment de bonheur où, loin du quotidien et de son marasme, nous dégustons cette langue française aux mille et une saveurs. Merci de ne pas oublier le Liban. Liliane MASRI Chiffres et initiales combien drôles sont ces chiffres et initiales qui se correspondent parfois entre eux à travers notre histoire cosmique. Ainsi en 1559 et avec le traité de Cateau-Cambrésis qui mit un terme aux guerres européennes, et surtout avec le retrait « des frères du comté de Nice », personne n’avait pensé à mobiliser « un million de personnes» pour supplier l’envahisseur de rester. En février 1559, c’est la publication de l’almanach de Nostramadus. Ce dernier savait-il qu’il aura un jour un dauphin au Liban, portant son initiale N, et qu’il naîtra muni d’une lanterne pour initier le peuple à se soumettre à l’occupant ? Enfin pensons à Hegel, qui avait dit : « C’est l’histoire du monde qui est le jugement dernier du monde.» Antoine SABBAGHA Leçon de démocratie? Grave clivage que celui de l’élite libre et pensante face à la masse soumise … Triste tableau que donne aujourd’hui le Liban. Mais que cette déferlante dans les rues ne nous impressionne pas. Tout compte fait, la grande majorité, elle, est le grain qui fertilisera le Liban d’un vrai esprit de liberté et de démocratie. L’avenir est à la lumière. Vive les Libanais dans l’esprit! Vive le Liban libre! Tania Saadé DIBO Être «cool» aujourd’hui L’adolescence est un âge fascinant où tout peut se décider d’un coup, le présent ainsi que l’avenir. Ce temps-là représente le pouvoir des mots, qui donne forme à l’action qui tantôt les confirme et tantôt parfois les contredit. Passionné par une orientation déterminée, l’adolescent peut être spontanément influencé par un autre comportement. Il baigne dans ce milieu où l’expérience de vivre est intense. Bien plus tard, les attraits pour un renouveau comportemental et/ou des attitudes conventionnelles se font la course dans la tête de ceux qui pouvaient tout refuser et qui apprennent aujourd’hui à devenir des adultes, à peser leurs mots, à reconnaître leur identité au travers des intérêts académiques, professionnels et sociaux. À nous, les «vieux» – les plus de cinquante ans –, de retenir cette formidable leçon d’énergie. Pour ces encore jeunes, de vingt-cinq à quarante-cinq ans, il y a une crise d’un genre nouveau, une crise d’identité qui fait qu’on est plus «in» lorsqu’on est branché sur des attitudes standardisées, loin de toute créativité. C’est bien là que notre jeunesse stagne en utilisant cette apparence de forme physique dans une réalité où changer de look, modeler le corps, le sourire, s’habiller comme tout le monde en faisant bien attention à ne pas paraître différents d’un cheveu de tout ce monde qui se ressemble, c’est, en bref, être « cool»! Joe ACOURY


Entre le peuple et ses dirigeants

En quelques lignes, quelques phrases ou en plusieurs paragraphes, que disent nos lecteurs ? Qu’un fossé sépare la masse de ses dirigeants, qu’on n’a pas le droit de mobiliser des hommes, des femmes pour supplier une force étrangère de ne pas s’en aller, en clair qu’il y a là quelque chose de pourri dans le royaume et qu’il est difficile de l’accepter. Faut-il donc regretter que nos gouvernants n’éprouvent pas l’envie, le besoin de prendre de temps à autre le pouls de la nation et pour ce faire de se déguiser, ainsi que le faisaient naguère – dit-on - les princes des croyants pour mieux se mettre à l’écoute des foules ?
Sans doute n’y a-t-il pas que les manifestations des uns et des autres – des « autres » surtout … – et le Libanais moyen...