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Actualités - Opinion

A-t-on vraiment besoin d’un budget 2005 ?

Le nouveau ministre des Finances, Élias Saba, a-t-il vraiment l’intention de présenter un budget pour 2005 ? A-t-il vraiment intérêt à le faire ? Rien n’est moins sûr. Contrairement à son prédécesseur Fouad Siniora qui a fait de son projet de loi de finances la pierre d’angle de sa proposition réformatrice, intégrant dans le budget toute une série de propositions dont le traitement nécessite normalement des lois séparées, Élias Saba a la possibilité de faire avancer quelques réformes sans les intégrer forcément dans un projet de budget dont l’élaboration et la discussion accapareront au moins la moitié de la durée de vie de ce gouvernement transitoire. D’autant que la marge de manœuvre strictement budgétaire dont il bénéficie est très étroite, les grandes masses budgétaires étant quasiment imposées d’avance. Pourquoi ne pas, dans ces conditions, fonctionner selon la règle du 1/12e des dépenses qui est appliquée lorsque la loi de finances n’est pas votée dans les temps ? Il s’agit de limiter les dépenses de chaque mois au douzième des dépenses totales de l’année précédente afin de maintenir inchangé leur niveau annuel. Si elle est impensable en période d’expansion, cette stratégie n’a rien d’illogique en période d’austérité budgétaire. Elle peut au contraire servir l’austérité en période préélectorale, sachant que la discussion de la loi de finances avant les législatives butera certainement sur les revendications sectorielles et géographiques de chaque député ce qui risque de transformer les débats en surenchères démagogiques. Plutôt que d’épuiser la moitié de la durée de vie de son ministère en discussions politiciennes stériles, Élias Saba a la possibilité de profiter de cette période de « marchandage » politique pour faire avancer quelques dossiers. L’un de ceux qui semblent lui tenir à cœur est la création d’une unité de gestion de la dette. Car il ne faut pas s’y tromper, quels que soient les efforts réalisés du côté des recettes ou des dépenses budgétaires, la véritable variable de l’ajustement reste le service de la dette. Sibylle RIZK
Le nouveau ministre des Finances, Élias Saba, a-t-il vraiment l’intention de présenter un budget pour 2005 ? A-t-il vraiment intérêt à le faire ? Rien n’est moins sûr.
Contrairement à son prédécesseur Fouad Siniora qui a fait de son projet de loi de finances la pierre d’angle de sa proposition réformatrice, intégrant dans le budget toute une série de propositions dont le traitement nécessite normalement des lois séparées, Élias Saba a la possibilité de faire avancer quelques réformes sans les intégrer forcément dans un projet de budget dont l’élaboration et la discussion accapareront au moins la moitié de la durée de vie de ce gouvernement transitoire.
D’autant que la marge de manœuvre strictement budgétaire dont il bénéficie est très étroite, les grandes masses budgétaires étant quasiment...