Du bon et du moins bon
Je regardais jeudi soir le journal de France 3 quand je suis tombée sur un reportage fait à Beyrouth sur L’Orient-Le Jour en tant que seul journal francophone et libre du Moyen-Orient. J’avoue en avoir eu les larmes aux yeux. Je me suis dit que pour une fois, le Liban était présenté sous son aspect positif, qu’on ne voyait pas la misère, les enfants qui mendient dans les rues, la pauvreté dans les régions éloignées. Le centre-ville, les beaux quartiers étaient montrés et mon cœur battait fort à la vue des rues , des paysages, de ce ciel si bleu (en fait, il était plutôt nuageux, orageux même à ce moment-là …), mais tout cela n’a duré que quelques instants.
Le lendemain, je regardais d’un œil distrait une émission de talk-show sur cette même chaîne quand j’entendis la présentation d’un des participants, un « journaliste libanais », nous dit-on, venu donner son avis sur la chaîne de télévision al-Manar. Mais comment peut-on clamer haut et fort son droit d’être assujetti? L’intervenant hurlait ses phrases, le plus souvent incompréhensibles d’ailleurs, et se faisait huer par les personnes présentes. J’en ai eu honte…
Maria TOPALIAN
Paris
Une situation unique au monde
Mon pauvre Liban, quelle situation ! Tu es l’unique pays au monde dont les citoyens acceptent une occupation étrangère. Des Libanais qui manifestent contre la liberté …
Ce Liban dont on disait que les habitants étaient les seuls Arabes à jouir du droit de vote…
Moi, un Libanais du Brésil, je souffre avec toi, mon Liban.
Nicolas CONSTANTIN
São Paulo
Trop, c’est trop
Quitter le Liban ? Jamais, au grand jamais, était mon refrain. J’ai vécu la guerre, les bombardements aveugles, la peur. Puis, en désespoir de cause, j’ai fini par quitter pour le Canada en 2001. Néanmoins, le cordon ombilical avec le Liban n’a jamais été coupé. Je paie des fortunes pour recevoir la LBCI, je lis L’Orient-Le Jour tous les matins. Mais la manifestation de ce 30 novembre m’a donné la nausée. Trop, c’est trop! Le cordon est coupé, je suis déconnectée.
Messieurs les dirigeants, où donc est votre conscience?
Ama TABET
Montréal
Retour à l’université
C’est avec beaucoup de curiosité que j’ai suivi les événements aboutissant à cette fameuse manifestation, et c’est avec désarroi que je constate l’engloutissement et la disparition du libre arbitre du Liban par les Libanais eux-mêmes. Chapeau bas a tous ceux qui en ont marre, à ceux qui savent saisir les occasions. Cela fait très longtemps que le jeu démocratique n’avait pas été si sainement mis à profit ! Ce même jour « d’allégeance à la Syrie » le président syrien se déclarait prêt à reprendre les pourparlers de paix avec Israël. Comment peut-on être aussi aveugle? Le monde arabe se reconcilie avec Israël et prétend avoir peur de nous laisser seuls de crainte de nous voir nous précipiter dans le camp d’Israël ?
Et si la Syrie décidait de signer un traité de paix, irions-nous jusqu’à déchirer tous les drapeaux, les portraits, les rejeter hors de nos frontières et les remplacer par des Iraniens, des Pakistanais ou même des Afghans?
Ces leaders politiques doivent aller à l’université et faire deux ans de leadership, deux ans de politique et une dernière année de combinaison des deux afin de prétendre pouvoir convaincre et aider le peuple libanais à faire certains choix. Du moins c’est le message que l’ensemble du Liban leur a fait parvenir !
André KHALIFÉ
Des questions multiples
Revenons (même avec un certain retard) à cette journée du mardi novembre, au cours de laquelle 100 000 « loyalistes » ont manifesté, sur l’instigation du gouvernement Karamé, leur hostilité à l’encontre de la résolution 1559 du Conseil du sécurité de l’Onu et des USA, ainsi que leur appui à la Syrie. Dans le même temps, Damas se déclarait en faveur de la reprise, sans conditions préalables, des pourparlers de paix avec Israël. Et quarante-huit heures plus tard, la presse de Tel-Aviv a affirmé que de hauts responsables israéliens se prononcent en faveur du maintien sine die de l’occupation syrienne au Liban.
Étranges coïncidences...
Est-il, par conséquent, surprenant si des hommes politiques et des représentants de la presse à Beyrouth en arrivent à se poser des questions? Celles-ci par exemple:
Les organisateurs « loyalistes » de la manifestation du 30 novembre sont-ils loyaux à leur pays ? Croient-ils, en fin de compte, en l’identité libanaise ? Ne risquent-ils pas de transformer, une fois de plus, le Liban en un terrain fertile à la paix des autres... et/ou aux guerres des autres ?
Autre question : Les organisateurs de ce 30 novembre réussiront-ils à faire oublier le geste patriotique de milliers d’étudiants libanais de tous bords qui, malgré les mille et un obstacles dressés devant eux par les autorités, ont clamé haut et fort leur attachement à la souveraineté et à l’indépendance de leur pays ?
Gaby jean CHAMI
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