De tous les clampins exotiques qui ont battu le pavé, mardi
dernier, il n’y avait que Nasser Kandil pour y croire vraiment. Que les chahuteurs fussent cent ou deux cent mille, cela faisait certes beaucoup. Beaucoup plus en tout cas que le nombre de gâteux qui ont gobé le salmigondis des transes kandiliennes.
On aurait dû s’en douter : Nasser est un comique contrarié. Un espiègle né. Un rigolo qui se retient. On se dit qu’à la première occasion, il va craquer. Des témoins l’ont d’ailleurs vu rire une fois. Mais tiens, fume ! Il était le seul à y croire, à son million. Sans doute prenait-il le Liban pour la Chine et la placette des Martyrs pour Tien An Men. Ce qui prouve qu’à défaut d’idées, ce brave Nasser a au moins des références historiques.
Mais s’il n’a pas toujours une pensée, Kandil a au moins un
réflexe : le jeu des index. L’un, relevé en public pour fustiger ; l’autre, recourbé en privé, dans l’attente sans doute d’y coincer un diplôme qu’on lui offrirait.
Maillon manquant entre Iznogoud et Ahmed Saïd, cette lanterne de l’espace politique libanais ne s’épanouit que dans le bruit et la fureur, l’agitation constante et la commémoration
permanente. Devant la statue des Martyrs criblée de balles, il a mitraillé l’assistance de ses postillons rageurs, tirant à vue sur la 1559 et l’intolérable ingérence de l’Onu dans notre
tambouille intérieure. Nous voilà donc fixés : les Nations unies retiennent le Liban en otage, et ces odieux ravisseurs ne
semblent pas disposés à le rendre à la Syrie.
D’ailleurs Nasser a pleuré sur la Syrie, mais pas sur le Liban. Quand ses larmes auront séché sur la place des Martyrs, tout restera en place pour le prochain cirque téléguidé. Et même s’il a hurlé contre le concept du « remote control », il est certain que l’écran plat allait à merveille avec son discours.
Dire qu’il se trouve encore des niaiseux pour raconter que les Libanais ont du mal à comprendre. Disons plutôt « à
admettre ». Car pour ce qui est de « comprendre », ça fait
lulure qu’ils ont déjà compris !
Gaby NASR
De tous les clampins exotiques qui ont battu le pavé, mardi
dernier, il n’y avait que Nasser Kandil pour y croire vraiment. Que les chahuteurs fussent cent ou deux cent mille, cela faisait certes beaucoup. Beaucoup plus en tout cas que le nombre de gâteux qui ont gobé le salmigondis des transes kandiliennes.
On aurait dû s’en douter : Nasser est un comique contrarié. Un espiègle né. Un rigolo qui se retient. On se dit qu’à la première occasion, il va craquer. Des témoins l’ont d’ailleurs vu rire une fois. Mais tiens, fume ! Il était le seul à y croire, à son million. Sans doute prenait-il le Liban pour la Chine et la placette des Martyrs pour Tien An Men. Ce qui prouve qu’à défaut d’idées, ce brave Nasser a au moins des références historiques.
Mais s’il n’a pas toujours une pensée, Kandil a au...
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