Les relations entre George W. Bush et le dirigeant palestinien Yasser Arafat ont été marquées pendant le premier mandat du président américain par la méfiance et le refus, de la part des Américains, de tout contact direct.
Premier président des États-Unis à avoir apporté officiellement son appui à un État palestinien indépendant en juin 2002, George W. Bush avait toutefois annoncé à la même occasion qu’il ne voulait plus négocier avec Yasser Arafat, qu’il affirmait « compromis avec le terrorisme ».
« Les relations étaient mauvaises au départ et n’ont cessé de se dégrader », a indiqué l’ancien porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer. Il a indiqué qu’en 1998, lorsque George W. Bush, alors gouverneur du Texas (Sud), s’était rendu en Israël, c’était Yasser Arafat qui avait alors refusé de le voir.
Arrivé au pouvoir dans la foulée de l’échec des négociations israélo-palestiniennes organisées par son prédécesseur Bill Clinton, M. Bush, peu expérimenté en matière de relations internationales, n’avait pas semblé manifester beaucoup d’intérêt pour le Proche-Orient lors des premiers mois de son mandat.
Mais les attentats de septembre 2001 aux États-Unis l’ont incité à relancer le dialogue avec les pays arabes et soutenir le plan de paix au Proche-Orient appelé « feuille de route ».
Celle-ci, appuyée par les États-Unis, l’Union européenne, les Nations unies et la Russie, prévoit les étapes devant mener à la création d’un État palestinien, la date initialement prévue pour ce but étant 2005 avant que cette échéance ne soit remise en question par M. Bush lui-même en mai.
L’arraisonnement en janvier 2002 d’un navire d’armes destinées à l’Autorité palestinienne, le Karine A, a été la raison invoquée par le président américain pour couper les ponts avec le dirigeant palestinien.
Les dénégations de Yasser Arafat, en dépit des preuves présentées par les services de renseignements américains de son implication dans ce trafic d’armes, ont poussé George W. Bush à lui retirer toute confiance et refuser d’en faire son interlocuteur.
La Maison-Blanche a pu penser un temps trouver un autre partenaire avec Mahmoud Abbas, ex-Premier ministre de l’Autorité palestinienne, que George W. Bush a rencontré en juin 2003 lors d’une tournée au Proche-Orient avant de l’inviter à Washington en juillet de la même année.
Cette visite était même l’occasion pour le président américain de mettre en garde les Israéliens contre la poursuite de la construction de la « barrière de sécurité », en fait un véritable mur de séparation d’avec les Palestiniens, en Cisjordanie. Mais la démission de Mahmoud Abbas en septembre 2003 a mis fin au dégel entre Américains et Palestiniens.
L’accueil plutôt froid réservé par la communauté internationale et le monde arabe au plan de démocratisation du « Grand Moyen-Orient » présenté par George W. Bush a également détourné l’attention de ce dernier d’un règlement rapide du conflit israélo-palestinien.
Cette désaffection a été mise à profit côté israélien pour poursuivre la construction du mur, sans autre objection, sinon de principe, américaine.
L’Administration Bush a toutefois apporté son appui au projet d’évacuation de la bande de Gaza présenté par Ariel Sharon et récemment adopté par le Parlement israélien.
Celui-ci ne fait toutefois pas partie de la « feuille de route » qui reste au point mort.
Tout en espérant que le retrait de Gaza soit la première étape d’un retour à la « feuille de route », Washington a laissé entendre qu’il n’était pas opposé à l’extension des colonies existantes en Cisjordanie comme le souhaite le gouvernement Sharon.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats