Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Trois années enfermé à la Mouqataa (Photo)

Yasser Arafat a passé ces trois dernières années confiné à la Mouqataa, son QG à Ramallah en Cisjordanie, cerné par les chars d’Israël. Son ennemi de toujours, le Premier ministre israélien Ariel Sharon, a décidé de le marginaliser le 3 décembre 2001 en le condamnant à la résidence forcée, deux mois après le déclenchement de la seconde intifada. Pour accentuer son isolement, l’armée de l’air israélienne a pris soin de détruire ses vieux hélicoptères et son héliport privé, tandis que les bulldozers ont systématiquement démoli plusieurs bâtiments de la Mouqataa, ne lui laissant qu’un espace réduit pour vivre en compagnie de sa garde rapprochée. Ce quartier général, initialement construit par les Britanniques durant leur mandat sur la Palestine jusqu’en 1948, abrite les bureaux austères de plusieurs services de sécurité, ainsi qu’une petite prison. Israël a accusé Arafat d’y avoir donné asile à des dizaines d’activistes palestiniens recherchés. À trois reprises en 2002, l’armée israélienne donne l’assaut. Le 29 mars 2002, Arafat se retrouve confiné dans deux pièces de son QG, privé d’eau et d’électricité, dormant avec ses proches sur des matelas jetés sur le sol, tandis que des soldats israéliens sont embusqués de l’autre côté du mur. L’image du visage du chef historique des Palestiniens, coiffé du traditionnel keffieh et éclairé à la bougie, fait le tour du monde. « Ils (les Israéliens) veulent m’arrêter, m’exiler ou me tuer. Mais je leur réponds que je veux être un martyr, un martyr, un martyr », martèle-t-il, au plus fort de l’opération Rempart en Cisjordanie. Sous la pression internationale, l’armée israélienne desserre son étau sur le prix Nobel de la paix 1994, qui tire parti de cet épisode pour peaufiner sa légende de chef de guerre frêle mais courageux face à une puissante armée. En mai 2002, il se rend à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, puis à Bethléem, dans le sud du territoire. Mais ces initiatives sont sans lendemain. Le 11 septembre 2003, après deux attentats-suicide meurtriers à Jérusalem et Tel-Aviv, le cabinet Sharon prend la décision de principe de « se débarrasser » de lui, s’attirant la réprobation de la communauté internationale, États-Unis et Europe en tête. « Personne ne me chassera (...). Ils (les Israéliens) peuvent me tuer avec leurs bombes, mais je ne partirai pas », répond Arafat, soutenu par des dizaines de milliers de manifestants. Finalement, le cabinet Sharon préfère boycotter Arafat, refusant de recevoir les dignitaires qui le rencontrent à la faveur d’une visite en Israël. L’Administration du président américain George W. Bush s’est alignée sur cette attitude, estimant que Arafat est « non crédible » et « un obstacle au processus de paix », ce qui a amené les représentants de nombreuses chancelleries internationales à différer leur passage à la Mouqataa.
Yasser Arafat a passé ces trois dernières années confiné à la Mouqataa, son QG à Ramallah en Cisjordanie, cerné par les chars d’Israël.
Son ennemi de toujours, le Premier ministre israélien Ariel Sharon, a décidé de le marginaliser le 3 décembre 2001 en le condamnant à la résidence forcée, deux mois après le déclenchement de la seconde intifada.
Pour accentuer son isolement, l’armée de l’air israélienne a pris soin de détruire ses vieux hélicoptères et son héliport privé, tandis que les bulldozers ont systématiquement démoli plusieurs bâtiments de la Mouqataa, ne lui laissant qu’un espace réduit pour vivre en compagnie de sa garde rapprochée.
Ce quartier général, initialement construit par les Britanniques durant leur mandat sur la Palestine jusqu’en 1948, abrite les bureaux austères de...