Des doutes subsistent sur le retour malgré l’engagement israélien
le 29 octobre 2004 à 00h00
«Il ne va pas nous manquer. » Tel était le commentaire, hier, d’Ehud Yaari, un analyste de la deuxième chaîne de télévision israélienne (privée) au moment où décollait l’hélicoptère emmenant Yasser Arafat en Jordanie. Un commentaire qui semble refléter le sentiment général en Israël. Un sondage, publié hier, montre en effet qu’une part importante (47 %) de la population israélienne souhaite la mort de Arafat ou au moins (32 %) la poursuite de ses souffrances.
« Bon débarras », écrivait tout aussi peu nuancé, un éditorialiste du quotidien Yediot Aharonot à l’adresse du « plus grand des assassins de juifs de cette génération ».
Autant de commentaires prévisibles qui n’ont pas empêché le pire ennemi du dirigeant palestinien, le Premier ministre israélien Ariel Sharon, à l’origine de la décision de le confiner à Ramallah depuis 2001 et qui a menacé de l’expulser, voire de le liquider, de s’engager à ne pas s’opposer à son retour, une fois soigné à Paris. M. Sharon a pris cet engagement lors d’un appel téléphonique du président égyptien Hosni Moubarak dans la nuit de jeudi à vendredi, a rapporté l’agence égyptienne Mena.
Selon le quotidien arabe al-Hayat, l’Union européenne serait intervenue auprès d’Israël pour garantir le retour du dirigeant palestinien.
Cependant, le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom ainsi que de hauts responsables du ministère de la Défense estiment que la question d’un éventuel retour de Yasser Arafat n’a pas été tranchée, a indiqué hier la radio publique.
Du coup, les promesses de M. Sharon n’encouragent pas les Palestiniens à la sérénité pour tout ce qui concerne le rapatriement éventuel de leur dirigeant après son traitement en France. « Il y a une possibilité, ce qui suscite une grande inquiétude qu’il ne revienne pas », confiait ainsi le secrétaire d’État palestinien Qadoura Farès. « Les Israéliens peuvent vous faire toutes les promesses du monde pour finalement brandir une série de raisons pour justifier qu’ils ne tiendront pas ces promesses », ajoute-t-il. « Nous craignons vraiment que des obstacles se dressent (pour empêcher) son retour », a-t-il insisté.
Prudent, Saëb Erakat, le ministre palestinien chargé des Négociations, a indiqué hier avoir fait part des garanties israéliennes aux États-Unis et à l’Union européenne, ainsi qu’à des pays arabes comme la Jordanie et l’Égypte.
La Maison-Blanche s’est toutefois refusée hier à tout commentaire sur la question d’un éventuel retour du président palestinien garanti par Israël après son hospitalisation.
«Il ne va pas nous manquer. » Tel était le commentaire, hier, d’Ehud Yaari, un analyste de la deuxième chaîne de télévision israélienne (privée) au moment où décollait l’hélicoptère emmenant Yasser Arafat en Jordanie. Un commentaire qui semble refléter le sentiment général en Israël. Un sondage, publié hier, montre en effet qu’une part importante (47 %) de la population israélienne souhaite la mort de Arafat ou au moins (32 %) la poursuite de ses souffrances.
« Bon débarras », écrivait tout aussi peu nuancé, un éditorialiste du quotidien Yediot Aharonot à l’adresse du « plus grand des assassins de juifs de cette génération ».
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