Marc Thiercelin (Pro-Form), l’un des circumnavigateurs en solitaire les plus expérimentés, aborde son 3e Vendée Globe (course autour du monde à la voile en monocoque, en solitaire, sans escale et sans assistance) avec un statut de challengeur qui n’est pas pour lui déplaire.
Au fil des épreuves, ce Breton de 44 ans installé à La Rochelle (Charente-Maritime) s’est habitué, bon an mal an, aux places d’honneur : 2e du Globe en 1996-97, il a depuis (1998-99) été sacré dauphin d’Around Alone (tour du monde avec escales).
L’édition 2000-2001 du Vendée Globe, qui l’a vu échouer au pied du podium, a cependant suscité en lui une grande déception. À tel point que l’intéressé a, un temps, juré qu’on ne le reverrait plus au départ des Sables-d’Olonne.
« Il y a quatre ans, j’étais quand même troisième à dix jours de l’arrivée », fulmine toujours Marc Thiercelin, qui figurait alors parmi les favoris de l’épreuve.
De récents résultats en demi-teinte (7e de la Solitaire du Figaro en 2003, 6e de The Transat en 2004) ont encore contribué à parfaire « l’étiquette de challengeur » qui lui colle désormais au ciré, et qu’il a décidé d’assumer pleinement. Jusqu’à feindre la modestie.
« Captain Mark »
« Mon problème pour cette édition 2004, c’est que j’ai quand même un peu d’âge », explique ce père de famille, qui affiche cependant dix ans de moins que le doyen de la flotte, Patrice Carpentier (VM Matériaux).
« Après, le Vendée Globe est une course complexe et complète. Il y a la vitesse pure qui joue, mais aussi le bonhomme et l’aventure », nuance Marc Thiercelin, qui se veut toujours un « compétiteur né, et pas blasé ».
Malgré quinze ans d’expérience dans le milieu de la voile professionnelle, « Captain Mark » – son surnom, hérité du jeu de l’oie nautique conçu jadis par cet illustrateur de profession – a dû batailler ferme pour pouvoir repartir à la conquête des « trois caps » (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn).
« Ce fut à nouveau trois ans de boulot. J’ai dû approcher 1 800 boîtes pour trouver des partenaires, c’est plus fatigant que la course elle-même ! Avec un tel investissement, après, en mer, il ne faut pas se rater », souligne le marin.
Pour ce nouveau défi, Marc Thiercelin a récupéré un 60 pieds open construit par l’architecte Marc Lombard, en l’occurence l’ex-Whirlpool de Catherine Chabaud, qui a pris ensuite les couleurs de Tiscali avec l’Italien Simone Bianchetti. « Il n’a pas la puissance d’Ecover (le monocoque du Britannique Mike Golding) ou de Virbac (skippé par Jean-Pierre Dick), mais c’est un bon bateau polyvalent », estime son nouveau titulaire, qui a voulu en faire un voilier à son image, « très dépouillé, allant à l’essentiel ».
« Si je “tourne” fort, régulièrement, je serai devant », veut croire « Captain Mark ». Outsider, vraiment ?
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