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Les colons convaincus qu’ils ne seront jamais évacués

Le vote « historique » du Parlement israélien sur le retrait de la bande de Gaza est passé loin au-dessus de la tête des colons de Neve Dekalim (sud de Gaza), convaincus qu’ils ne seront jamais évacués. « L’évacuation n’aura jamais lieu. (Le Premier ministre) Ariel Sharon sera contraint de respecter la volonté du peuple », déclarait ainsi hier Myriam Gouvi, dont le fils, Elkana, victime d’une attaque palestinienne dans le secteur il y a deux ans, est enterré dans le cimetière de Goush Katif, le bloc de colonies dont fait partie Neve Dekalim. Le vote de mardi au Parlement israélien, qui a focalisé l’attention du pays et porté à ébullition la scène politique israélienne, n’était d’ailleurs même pas évoqué hier dans les conversations à Neve Dekalim, la plus importante colonie de Gaza appelée à être évacuée, comme les autres de la région, d’ici à fin 2005, conformément au plan de désengagement entériné par la Knesset. Dans un quartier de Neve Dekalim, Yoël Ettedgui, 30 ans, se voulait toutefois plus réaliste. Tout en surveillant d’un œil l’avancée des travaux pour la construction de sa nouvelle maison, il déclarait : « Voilà ma réponse au plan Sharon. Je refuse d’imaginer que je construis sur du sable. Mais, si le gouvernement devait me forcer à partir, je partirais. » De déclarations qui minorent les informations alarmistes selon lesquelles les colons pourraient s’opposer par les armes à leur évacuation. « Être déterminés ne signifie pas que nous serons violents », affirmait pour sa part Yossi Krakover, directeur de l’école primaire régionale. Le neuvième anniversaire de l’assassinat du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin par un extrémiste juif de droite opposé aux accords d’Oslo, prévoyant également une évacuation de territoires, a d’ailleurs été solennellement commémoré dans son établissement mercredi. « Le contexte aujourd’hui est similaire à la situation qui prévalait à la veille de l’assassinat de Yitzhak Rabin. Mais les différends politiques, quels qu’ils soient, ne se règlent pas par la violence, même verbale », affirmait-il avoir dit à ses élèves. « Au Parlement, Sharon a peut-être remporté hier une bataille, mais certainement pas la guerre. Rien n’est encore joué », poursuivait-il. Si pour les habitants de Neve Dekalim la vie suit son cours, il n’en est pas de même pour leurs responsables, assaillis par les médias au lendemain du vote de la Chambre. « Il coulera encore beaucoup d’eau sous les ponts avant que le plan de retrait ne soit mis en œuvre sur le terrain », expliquait ainsi Eiran Sternberg, porte-parole des colons de la bande de Gaza. « Nous sommes convaincus qu’en cas de référendum, le peuple votera contre ce plan de désengagement catastrophique et se prononcera pour le maintien des colonies et pour le respect des valeurs sionistes et juives », ajoutait-il, se référant au dogme des frontières bibliques d’Israël incluant la bande de Gaza et la Cisjordanie.

Le vote « historique » du Parlement israélien sur le retrait de la bande de Gaza est passé loin au-dessus de la tête des colons de Neve Dekalim (sud de Gaza), convaincus qu’ils ne seront jamais évacués.
« L’évacuation n’aura jamais lieu. (Le Premier ministre) Ariel Sharon sera contraint de respecter la volonté du peuple », déclarait ainsi hier Myriam Gouvi, dont le fils, Elkana, victime d’une attaque palestinienne dans le secteur il y a deux ans, est enterré dans le cimetière de Goush Katif, le bloc de colonies dont fait partie Neve Dekalim.
Le vote de mardi au Parlement israélien, qui a focalisé l’attention du pays et porté à ébullition la scène politique israélienne, n’était d’ailleurs même pas évoqué hier dans les conversations à Neve Dekalim, la plus importante colonie de Gaza appelée à...