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PÉTROLE Pourquoi l’Opep a du mal à freiner l’envolée des cours ?

Les principaux pays producteurs de pétrole ont beau pomper davantage pour freiner la flambée des cours, analystes et traders soulignent que les différences dans les qualités de bruts et les lenteurs dans le système de fixation des prix réduisent l’impact sur le marché des hausses de production. L’Opep a accru son offre pour tenter de freiner la hausse des cours pétroliers, qui ont grimpé de 65 % depuis le début de l’année et franchi lundi, pour le baril de brut léger américain, le cap des 55 dollars. Mais le pétrole du cartel présente une densité élevée et une forte teneur en soufre, et beaucoup de raffineurs hésitent à l’acheter car ils ne disposent pas d’installations suffisamment modernes pour le transformer en carburant ou en fioul domestique. Ce pétrole de qualité inférieure a donc tendance à s’accumuler, et l’Opep est amenée à réduire ses prix pour l’écouler, mais son système de décision en la matière est trop lent. Le cartel fixe son prix de vente officiel trois semaines avant le début de chaque mois, et le marché évolue trop vite pour que les tarifs de l’Organisation des pays exportateurs puissent suivre au même rythme. « Ces derniers mois, l’évolution rapide des valeurs du brut et la volatilité des tarifs pour le transport de fret ont souligné les problèmes inhérents au système des prix à terme mensuels et la difficulté d’accroître l’offre en pétrole brut lourd », explique Marshall Hall d’EMC Energy Market Consultants. À la fin du mois, les prix de vente officiels de l’Opep peuvent ainsi avoir pris jusqu’à sept semaines de retard sur la tendance du marché. « Si le prix est un peu décalé par rapport au marché pendant un ou deux mois , ce n’est pas très grave, mais quand l’écart représente plusieurs dollars mois après mois, alors l’impact commence à se faire sentir », ajoute un trader. Les opérateurs estiment que l’Opep pourrait être contrainte de casser vraiment les prix de son brut de qualité inférieure, dont les raffineurs tirent beaucoup de carburant à moindre valeur ajoutée, par rapport aux bruts légers de référence de New York ou de Londres. Le cartel pourrait adopter cette stratégie en attendant qu’un nombre plus important de raffineurs aient modernisé leurs installations pour pouvoir distiller sa production. La société publique de commercialisation du pétrole irakien, la Somo, a indiqué sur ce chapitre la semaine dernière qu’elle envisageait de réviser ses tarifs en cas d’évolution des conditions du marché, même après l’annonce des prix officiels de vente. L’Iran a manifesté à son tour l’intention de s’affranchir partiellement du système officiel de fixation des prix. Un autre opérateur ne s’attend pas en revanche à ce que l’Arabie saoudite, le premier producteur mondial, soutienne cette initiative vingt ans après l’échec de sa réforme du mécanisme de fixation des prix. En 1985, afin de regagner des parts de marché, Ryad avait proposé aux raffineurs son brut à un prix suffisamment bas pour garantir leurs marges. D’autres pays membres avaient alors emboîté le pas à l’Arabie saoudite, mais l’engorgement de brut ainsi provoqué avait fait chuter les cours. « Les Saoudiens en gardent un mauvais souvenir », rappelle l’opérateur. Il précise aussi, comme d’autres de ses confrères, que sur le plus long terme, les prix de vente officiels de l’Opep sont aussi souvent en deçà du marché qu’au-dessus, et que l’effet pour les raffineurs est donc neutre.
Les principaux pays producteurs de pétrole ont beau pomper davantage pour freiner la flambée des cours, analystes et traders soulignent que les différences dans les qualités de bruts et les lenteurs dans le système de fixation des prix réduisent l’impact sur le marché des hausses de production.
L’Opep a accru son offre pour tenter de freiner la hausse des cours pétroliers, qui ont grimpé de 65 % depuis le début de l’année et franchi lundi, pour le baril de brut léger américain, le cap des 55 dollars.
Mais le pétrole du cartel présente une densité élevée et une forte teneur en soufre, et beaucoup de raffineurs hésitent à l’acheter car ils ne disposent pas d’installations suffisamment modernes pour le transformer en carburant ou en fioul domestique.
Ce pétrole de qualité inférieure a donc tendance à...